Angeac-Charente, témoin de la vie il y a 140 millions d'années

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Publié le 9 juillet 2026 Mis à jour le 14 septembre 2026

Chaque été depuis 2010, des paléontologues, des étudiants et des passionnés participent à un grand chantier de fouilles à Angeac-Charente, entre Angoulême et Cognac. Ce gisement fossilifère exceptionnel date du début du Crétacé inférieur, il y a 140 millions d’années. Il permet d’étudier très finement un écosystème ancien et d’en apprendre plus sur la Charente et l’Europe au temps des dinosaures.

À quoi ressemblait le site d’Angeac-Charente il y a 140 millions d’années ? 

4 grandes terres émergées composaient l'Europe occidentale au début du Crétacé : le massif ibérique, le massif armoricain, le massif aquitain et le massif ardennais

Au Crétacé, l'Europe était un archipel situé entre l'Amérique du Nord et la Laurasie. La Charente était à l'époque en partie émergée.

© Mazan

Découvert en 2008, le gisement fossilifère d’Angeac-Charente est daté d’il y a environ 140 millions d’années. À cette époque, le niveau des mers était bien plus élevé qu’aujourd’hui. L’Europe était alors un archipel sous un climat chaud et humide.

Ce site correspond à un ancien marécage où cohabitaient une flore et une faune très diversifiées. Dans des forêts de grands conifères, sur des sols boueux parsemés de quelques fougères et de lycopodesInfobullePlantes à spores dont les représentants actuels ressemblent à des fougères ou à des mousses, certaines espèces disparues pouvaient être de grande taille., plusieurs espèces de dinosaures ont côtoyé crocodiles, tortues, lézards, ptérosaures, mollusques, petits mammifères, poissons osseux et requins d’eau douce.

Dans cette zone humide d’eau douce, une grande diversité d’espèces a laissé des traces de vie et d’activité : des fossiles d’os de vertébrés, une riche flore, des mollusques en position de vie, des empreintes de pas de dinosaures, et de très nombreux indices d’interactions entre différentes espèces.

Représentation d’un paysage côtier entre la fin du Jurassique et le début de Crétacé, il y a environ 145 millions d’années, en bordure du Bassin aquitain.

© Mazan
Affiche de l'exposition "Sur les traces des dinosaures"
Exposition

Sur les traces des dinosaures

Partez pour un voyage de 140 millions d’années sur les traces des dinosaures du Crétacé : vivez le quotidien des paléontologues sur un chantier de fouilles, et apprenez-en plus sur les formidables découvertes du célèbre site paléontologique d'Angeac-Charente !

À partir du 16 juillet 2026

Un gisement fossile exceptionnel

Le gisement d’Angeac-Charente permet d’étudier un écosystème du tout début du Crétacé une période pour laquelle on ne connaît aucun autre gisement fossile de cette ampleur dans le monde !

Ce gisement comble ainsi des lacunes du registre fossile et permet de mieux comprendre les changements d’environnements, et l’évolution de la faune et de la flore à la transition entre le Jurassique et le Crétacé.

L’Aquitaine à la frontière Jurassique-Crétacé

Les fossiles du gisement d’Angeac-Charente datent d’il y a 140 millions d’années, au début du Crétacé (fin du BerriasienInfobulleLe Berriasien s’étend d’il y a 145 à 140 millions d’années).

Angeac-Charente est l’un des gisements à dinosaures les plus importants d’Europe. Il a également la particularité de couvrir une période courte : les fossiles qui y sont découverts proviennent d’un même écosystème et présentent des espèces animales et végétales qui se sont côtoyées, comme le montrent divers indices d’interactions.

Les fossiles de plantes retrouvés sur ce gisement permettent quant à eux de comprendre et de reconstituer les paysages de la Charente au début du Crétacé. Les pollens fossiles renseignent également les paléobotanistes sur les familles de plantes vivant à cette époque dans les environs.

Un « lit à ossements » de plusieurs dizaines d’espèces de vertébrés

Éléments du squelette en connexion du sauropode lâche à Angeac

Plusieurs os fossilisés d’une nouvelle espèce de sauropode de la famille des Camarasaures ont été découverts dans le gisement en 2024.

© L. Bocat

Le site de fouilles d’Angeac-Charente permet d’étudier plus de 40 espèces de vertébrés déjà identifiées. Elles représentent des individus d’une grande variété de tailles, mais aussi de modes de vie : des espèces terrestres, aquatiques, semi-aquatiques ou volantes, incluant des carnivores, des insectivores, des herbivores et des omnivores.

Les gisements qui sont particulièrement riches en ossements sont appelés des « bonebed », littéralement « lits à ossements ». 

La plupart des grands groupes de vertébrés ont été retrouvés sur le gisement d’Angeac-Charente :

  • des dinosaures, principalement des herbivores bien que quelques dents de carnivores aient également été retrouvées ;
  • plusieurs espèces de tortues terrestres ou d’eau douce ;
  • plusieurs espèces de crocodiles ;
  • quelques amphibiens, notamment des grenouilles mais aussi des salamandres ainsi que des espèces appartenant à une famille entièrement disparue ;
  • des ptérosaures, célèbres reptiles volants du Mésozoïque ;
  • des mammifères, qui étaient généralement de petite taille à cette époque ;
  • des poissons, dont beaucoup de coprolithes, dents et écailles ont été retrouvées ;
  • des requins d’eau douce ;
  • des lézards.

Un « Lagerstätte » ?

Les gisements fossiles exceptionnels sont appelés Lagerstätten (un terme allemand signifiant « gisement »). Ils se classent en 2 catégories : 

  • les Konservat-Lagerstätten, ou gisements à préservation exceptionnelle, qui contiennent des fossiles particulièrement bien préservés ;
  • les Konzentrat-Lagerstätten, ou gisements à concentration exceptionnelle, qui contiennent une très grande quantité ou diversité de spécimens. 

La quantité des traces fossiles exhumées sur le site d’Angeac-Charente, couplée à leur qualité de préservation, en fait à la fois un Konservat-Lagerstätte et un Konzentrat-Lagerstätte.

Un grand troupeau de « dinosaures-autruches » découvert sur le gisement

Plus de la moitié des os et fragments d’os découverts à Angeac-Charente correspond à un groupe de dinosaures bipèdes : les ornithomimosaures. Parmi les très nombreux os découverts, environ 70 tibias droits ont été identifiés, ce qui révèle la présence d’au moins 70 individus distincts. 

Illustration d’un groupe d’ornithomimosaures s’enlisant dans un sol argileux. Il s’agit d’une des hypothèses de leur mort en masse sur ce site.

© Mazan

Les spécimens découverts sont tous morts lors d’un même événement. En effet, ces restes d'ornithomimosaures sont concentrés au même endroit sur le gisement et montrent le même état de préservation. 

Les études sur la taille et la structure interne des tibias et des fémurs de ces individus ont permis d’estimer leur âge. Les résultats indiquent 7 générations différentes dont les plus jeunes étaient âgés d’environ 1 à 2 ans et les plus âgés de 18 à 20 ans. Des analyses sur la forme des fémurs révèlent, quant à elles, des variations liées à une différentiation sexuée. 

Comme les autruches actuelles, auxquelles ils peuvent faire penser, les ornithomimosaures d’Angeac-Charente formaient ainsi de grands groupes sociaux de tous âges. 

Les différences de formes liées à la croissance et à la différenciation sexuée ne s'expriment pas toujours de la même façon d'un individu à l'autre. Elles peuvent s’exprimer, par exemple, sur le plumage, comme c'est le cas chez de nombreuses espèces actuelles d'oiseaux.

Représentation d’un sauropode marchant dans le sol marécageux d’Angeac il y a 140 millions d’années.

© Mazan

De nombreuses traces d'activités fossiles

La préservation exceptionnelle des ossements dans les sols argileux d’Angeac-Charente a permis la conservation de nombreuses traces d’activités fossiles, qui témoignent des interactions et comportements entre ces espèces éteintes.

Les empreintes de pas de grands sauropodes ont été préservées en détail et en 4 dimensions. En effet, ces empreintes sont d’une qualité rare, suffisante pour analyser les sillons laissés par la surface écailleuse des pattes lorsqu’elles s’enfonçaient puis ressortaient du sol argileux. 

Elément de carapace de tortue présentant un trace de perçage net, et os de dinosaure présentant des rayures provoquées par le mouvement de dents.

Sur ces parties de carapaces de tortues et cet os d’ornithomimosaure, des traces de perforation et de rayures ont été préservées. Elles sont attribuées aux dents d'un crocodile.

© MNHN - L. Cazes - Rozada et al., 2021

Des marques de morsures de crocodiles ont été également particulièrement bien préservées, notamment sur des carapaces de tortues et des ossements de dinosaures. Ces découvertes permettent de mieux comprendre les comportements et les relations prédateurs-proies. 

Mais les grands vertébrés ne sont pas les seuls à avoir laissé des traces fossiles sur le site. En effet, certains bois et ossements du gisement portent également des traces de galeries creusées par des insectes.

Les excréments fossiles d’Angeac-Charente, des indices sur l'alimentation des animaux

Une dizaines de coprolithes, crottes fossilisés. Ceux-ci sont semblables à des crottes de carnivores actuels.

Les coprolithes, excréments fossilisés, peuvent contenir des indices sur le régime alimentaire d'un animal : fragments d'os, écailles de poissons, restes végétaux...

© MNHN - P. Loubry - Rozada et al. 2024

L’une des particularités du gisement fossile d’Angeac-Charente est la quantité de coprolithes – des crottes fossilisées – découverts. Ils apportent des informations sur le régime alimentaire des espèces qui peuplaient le site il y a 140 millions d’années, et sur les plantes et les animaux dont ils se nourrissaient.

Au moins 11 types de coprolithes, produits par au moins 4 espèces de vertébrés, ont été identifiés sur le site d’Angeac-Charente. Ces coprolithes sont essentiellement des excréments d’espèces aquatiques ou semi-aquatiques, car ce milieu est propice à leur fossilisation. 

Les plus nombreux ont été produits par le crocodile généraliste Goniopholis et contiennent des écailles d’actinoptérygiens (poissons osseux) et des fragments d’os. Mais plusieurs autres types de coprolithes ont aussi été découverts :

  • des coprolithes ovales de petits animaux carnivores et terrestres ;
  • des coprolithes cylindriques produits par des petits animaux omnivores ou carnivores comme les crocodiles, les tortues ou des dinosaures ;
  • de petits coprolithes cylindriques lisses très riches en écailles de poissons actinoptérygiens, produits par d’autres actinoptérygiens ;
  • de très petits coprolithes, appelés Microcarpolithes hexagonalis, produits par des termites.

Les géants d’Angeac-Charente

Chaque année, les fouilles d’Angeac-Charente sont marquées par une découverte extraordinaire. Parmi elles se trouvent deux restes particulièrement impressionnants : le fémur d’un des plus grands dinosaures jamais découverts, et le tronc d’un conifère de plus de 20 mètres de haut.

Un homme est assis à côté d'un grand os, un fémur, qui mesure près de 2 mètres
© Musée d'Angoulême - J.F. Tournepiche

L’un des plus grands dinosaures connus

Le site est surtout célèbre pour ses dinosaures, notamment des Turiasaures, dinosaures sauropodes qui figurent parmi les plus grands animaux terrestres connus au monde. Deux fémurs d’environ 2 mètres de long y ont été découverts : le premier en 2010 et le second en 2019. Ils sont associés à des milliers d’autres restes osseux qui offrent une bonne connaissance de ce sauropode.

Une portion de squelette articulée d’une autre espèce de sauropode de plus petite taille, un Camarasaure, a été mise au jour en 2024. Plus d’une dizaine de vertèbres, ainsi que des os d’un membre antérieur, du crâne et du bassin, ont déjà été extraits, et la fouille n’est pas terminée. Ces fossiles sont en cours de préparationInfobulledégagement de fossiles des sédiments dans lesquels ils ont été préservés, et consolidation des parties fragilisées au Musée d’Angoulême et au Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris.

8 personnes allongées, alignée le long du tronc, permettent d'imaginer sa taille

Ce tronc de conifère Cheirolepidiaceae mesure près de 15 mètres, mais l’arbre complet dépassait les 20 mètres.  

© V. Réneleau

Un conifère de plus de 20 mètres

L'un des spécimens emblématiques d'Angeac-Charente est un arbre : un conifère de la famille des Cheirolepidiaceae. Ces arbres dominaient le paysage il y a 140 millions d’années. Leurs branches sont couvertes d'écailles, comme les cyprès actuels ou les araucarias. Ils pourraient avoir ressemblé à des cyprès chauves.

La première partie du tronc a été découverte en 2023 et mesure près de 15 mètres. En 2025, la poursuite des fouilles a permis de découvrir de nombreuses branches de la partie supérieure de l'arbre. Certaines branches portaient encore des feuilles, elles étaient même encore reliées à leurs cônes. Tronc, branches, cônes et feuilles connectés appartiennent au même arbre, ce qui constitue une découverte exceptionnelle en paléobotanique.

La dinoturbation, le piétinement par les géants

Le piétinement des grands sauropodes remodèle la surface du sol argileux et endommage des squelettes enfouis.

© Mazan

La dinoturbation est un processus de forte modification du sol par l’action du piétinement des dinosaures, notamment de troupeaux de grands herbivores. Un sol dinoturbé présente une telle concentration d’empreintes superposées les unes sur les autres qu’il est difficile d’y distinguer des pistes.

À Angeac-Charente, l’étude de la distribution spatiale des ossements d’ornithomimosaures, et des marques qu’ils portent (fissures, fractures, traces...), a ainsi montré que le piétinement intense des sauropodes et des stégosaures est à l’origine du déplacement et de la désarticulation des squelettes d’ornithomimosaures et d'autres animaux, mais aussi de dommages infligés à de nombreux ossements.

Un terrain de fouille toujours actif

Un paléontologue nettoie une zone plante d'argile noir, où se trouvent des empreintes de pas.

Dégagement de Deltapodus, des moulages d’empreintes de pas de stégosaures, en juillet 2025.

© MNHN - G. Balemboy

Chaque été, le chantier d’Angeac-Charente reprend vie. En juillet, jusqu’à une quarantaine de paléontologues professionnels, étudiants et bénévoles se mobilisent pour dégager les fossiles de nombreuses espèces animales et végétales, grâce au soutien logistique de l’entreprise qui exploite les carrières. 

Le terrain de fouille est divisé en parcelles de quelques dizaines de mètres carrés. Les paléontologues mettent en place un protocole précis afin de documenter le contexte de découverte de chaque fossile : localisation et orientation dans le gisement, nature des sédiments (sableux, argileux…), etc.

Ces fossiles seront étudiés pendant des dizaines d’années et mis à la disposition de la communauté scientifique. Il est donc primordial que ces informations soient préservées lors de l'extraction, au même titre que les fossiles.

Visiter le chantier de fouilles paléontologiques d’Angeac-Charente

Pendant les semaines d’activité, au mois de juillet, le chantier est ouvert au public dans le cadre de visites guidées, ainsi que d’ateliers dédiés aux enfants de 8 à 10 ans.

Les réservations ouvrent généralement début juin, sur le site de la ville de Cognac, et les places sont prises en quelques jours (les visites de 2026 sont déjà complètes) :

Présentation du chantier de fouille sur le site de la mairie de Cognac

Certains spécimens trouvés dans le gisement sont également présentés au musée d’Angoulême, et deux expositions ont débuté à l’été 2026 :

  • Chercheurs de dinos, au Musée d’Angoulême jusqu’au 3 janvier 2027 ;
  • Sur les traces des dinosaures, du 16 juillet 2026 à début janvier 2028, à la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris.

Article rédigé par Nicolas Cellier, Muséum national d'Histoire naturelle.

Référent scientifique

Lee Rozada

Paléontologue au Centre de recherche en paléontologie au Muséum national d’Histoire naturelle (Centre de recherche en paléontologie - UMR 7207)

Ronan Allain Maitre de conférences au MNHN

Ronan Allain

Maître de conférence au Muséum national d'Histoire naturelle (Centre de recherche en paléontologie - UMR 7207)

Léa de Brito

ATER au Muséum national d'Histoire naturelle (CR2P - UMR 7207)

Le Crétacé dans l'histoire de la vie

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Hadéen

Hadéen

Il y a 4,6 milliards d’années, la Terre achève sa formation. Débute alors la première ère géologique : l'Hadéen. Le noyau de notre planète se forme et la lune apparait, probablement à la suite d'un impact entre la Terre et une proto-planète nommée Théia.

La croûte terrestre commence sa formation, et la température à la surface de la planète baisse progressivement. Il y a 4 milliards d’années, à la fin de l'Hadéen, les conditions nécessaires à l'émergence de la vie sur Terre seront réunies.

Notre dossier sur l'Hadéen
Archéen

Archéen

Il y a 4 à 2,5 milliards d'années, la croûte terrestre continue de se former sous l’action d'un volcanisme intense. A une date qui reste incertaine, dans les océans chauds, les premières cyanobactéries apparaissent. Leur photosynthèse produit alors du dioxygène, déchet toxique auquel le reste du vivant s'adaptera par la suite. Les quantités de dioxygène dans les océans et dans l'atmosphère n'augmenteront cependant fortement qu'au début du Protérozoïque, ère succédant à l'Archéen.

Certaines communautés bactériennes sont organisées en tapis microbiens qui précipitent des minéraux; formant de grandes structures minérales appelées stromatolites. Ces structures sont les plus anciennes traces de vie connues.

Sur la frise : un stromatolite et une cyanobactérie, productrice d'oxygène.

Notre dossier sur l'Archéen
Protérozoïque

Protérozoïque

Au protérozoïque, du grec signifiant « avant l'animal », l'atmosphère se charge de l'oxygène produit dans les océans. A la suite d'un brusque refroidissement, les algues se diversifient sur les fonds marins et les animaux pluricellulaires apparaissent, tels que les méduses, diverses formes de vies aux corps mous, et de petits animaux munis de coquilles.

Sur la frise : un Dickinsonia (animal à corps mou) un Cloudinidae (animal à coquille) et une méduse.

Paléozoïque

L'ère Paléozoïque

Au paléozoïque, de nombreuses groupes d'espèces animales et végétales apparaissent et conquièrent tous les milieux. L’apparition d’animaux pourvus de squelettes minéralisés internes ou externes a facilité leur fossilisation et donc la préservation de spécimens jusqu’à nos jours.

Nos dossiers sur l'ère Paléozoïque
Cambrien

Cambrien

Au Cambrien, la formidable diversification de la vie démarrée au Protérozoïque se poursuit et s’accélère avec le développement de structures minéralisées, telles que les squelettes externes des arthropodes. Les fonds marins se peuplent d’animaux aux formes souvent très différentes des faunes actuelles. De nombreux groupes d’arthropodes, de vers, d’éponges ou de mollusques apparaissent.

Sur la frise : un Anomalocaris (arthropode) un trilobite (arthropode) et un Pirania (éponge tubulaire).

Notre dossier sur le Cambrien
Ordovicien
Extinction
Ordovicien-Silurien

Ordovicien

À l'Ordovicien, la vie animale se propage hors des fonds marins et gagne la colonne d'eau. Des vertébrés et des céphalopodes nagent en eaux libres alors que les brachiopodes et trilobites sont très fréquents sur les fonds marins. Les premières plantes terrestres colonisent les milieux humides continentaux. A la fin de l'Ordovicien, un refroidissement du climat entraîne la première des cinq grandes crises de la biodiversité.

Sur la frise : un Sacabambaspis (vertébré), un orthocône (céphalopode) et un brachiopode.

Extinction
Ordovicien-Silurien

La Terre connaît une première grande crise à la fin de l’Ordovicien, alors que la vie est exclusivement marine. Cette crise serait due à un intense épisode de glaciation et aurait provoqué la disparition de 60 à 70% des espèces.

Les cinq grandes crises du vivant
Silurien

Silurien

Au Silurien, les arthropodes et les vertébrés poursuivent leur diversification dans les océans. Dans les milieux humides continentaux, les plantes terrestres continuent de se diversifier avec l'apparition des plantes vasculaires (qui possèdent des tiges et de la sève). Elles sont accompagnées de certains arthropodes tels que les myriapodes et les arachnides.

Sur la frise : un euryptéride (ou scorpion de mer), un mille-pattes et l'une des premières plantes vasculaires, Cooksonia.

Dévonien
Extinction
du Dévonien

Dévonien

Au Dévonien, les vertébrés marins sont très diversifiés, en particulier par la présence de nombreux « poissons » cuirassés appelés placodermes. Les tétrapodes apparaissent, ce sont les premiers vertébrés munis de pattes et de doigts mais ils sont encore inféodés aux milieux aquatiques. La végétation du début du Dévonien ne mesure que quelques dizaines de centimètres de haut : elle fait peu à peu place à des forêts d'Archeopteris mesurant jusque 30 mètres.

Sur la frise : un placoderme (prédateur marin), un Calamophyton (arbre) et un Ichtyostega (tétrapode).

Extinction
du Dévonien

D’importantes variations climatiques et la chute de l’oxygénation des mers entraînent, à la fin du Dévonien, une crise qui provoque l'extinction du Dévonien et la disparition de 75% des espèces.

Les cinq grandes crises du vivant
Carbonifère

Carbonifère

Au Carbonifère, de riches écosystèmes forestiers se développent dans les zones humides. Les arbres et insectes volants se diversifient et se spécialisent, alors que débute l'essor des tétrapodes sur le milieu terrestre. C'est à cette période que, de la collision entre deux grands continents, nait le supercontinent de la Pangée.

Sur la frise : un paléodictyoptère (insecte volant), une fougère arborescente et un Hylonomus (reptile).

Notre dossier sur le Carbonifère
Permien
Extinction
Permien-Trias

Permien

À partir du Permien, à la suite suite d'une aridification du climat, la flore change considérablement. Les plantes à graines deviennent dominantes. Les nouvelles chaînes de montagnes subissent une forte érosion. Les amniotes (vertébrés à quatre pattes pondant des œufs) se diversifient sur la terre ferme. Dans les océans, le sommet de la chaîne alimentaire est dominé par des groupes proches des requins actuels.

Sur la frise : un dimétrodon (amniote), un rameau du conifère Walchia et un hélicoprion (proche des requins)

Extinction
Permien-Trias

A la fin du Permien a lieu la crise du Permien-Trias. C'est la plus grande qu’ait jamais connue la Terre. Elle provoque la disparition de plus de 90% des espèces, terrestres comme marines. Cette crise sans précédent aurait été essentiellement causée par deux épisodes volcaniques majeurs.

Les cinq grandes crises du vivant
Mésozoïque

L'ère Mésozoïque

Cette période de grande diversification de la biodiversité, comprise entre deux extinctions massives, dure près de 186 millions d’années. Elle se caractérise par l’émergence et la domination des dinosaures, des reptiles volants et des reptiles marins, ainsi que par l'apparition des mammifères et des plantes à fleurs.

Nos dossiers sur l'ère Mésozoïque
Trias
Extinction
Trias-Jurassique

Trias

Au Trias a lieu une forte diversification des reptiles : crocodiles, tortues ou encore dinosaures apparaissent sur le supercontinent de la Pangée, accompagnés des premiers mammifères. Des reptiles retournent à la vie marine. Les ptérosaures sont les nouveaux grands prédateurs volants. Les groupes dominants d’insectes sont les coléoptères, les diptères et les hyménoptères. Les conifères deviennent les arbres les plus abondants.

Sur la frise : un Morganucodon (mammifère), un ichthyosaure (reptile marin) et un ptérosaure (reptile volant).

Notre dossier sur le Trias
Extinction
Trias-Jurassique

La crise du Trias-Jurassique s'étend sur près de 17 millions d'années, un record en comparaison aux autres crises qui s’étendent sur des périodes durant de 1 à 2 millions d’années. 

Probablement induite par un intense épisode volcanique en plein cœur d'une Pangée fractionnée, cette crise conduit à la disparition de 70 à 80 % des espèces, alors que commence l'ouverture de l'océan Atlantique.

Les cinq grandes crises du vivant
Jurassique

Jurassique

Au Jurassique, la Pangée n'existe plus, morcelée par les océans Atlantique et Téthys où règnent les reptiles marins. Les dinosaures se diversifient, avec le développement du gigantisme mais aussi l'apparition des premiers oiseaux. Les insectes connaissent également une forte diversification. Côté forêts, les plantes à graines prospèrent mais les fougères restent très présentes dans certains milieux.

Sur la frise : un archéoptéryx (proche des futurs oiseaux), un crabe et un sauropode.

Notre dossier sur le Jurassique
Crétacé
Extinction
Crétacé-Paléogène

Crétacé

C'est au Crétacé qu'ont vécu de célèbres dinosaures comme le tyrannosaure ou le tricératops. Les ammonites et reptiles marins sont fréquents dans les océans tandis que les espèces d'oiseaux se diversifient. Les plantes à fleurs connaissent un très fort succès évolutif, événement majeur de la formation des écosystèmes à venir. Elles sont accompagnées de nombreux pollinisateurs.

Sur la frise : une ammonite, une abeille sur une fleur, un tyrannosaure.

Notre dossier sur le Crétacé
Extinction
Crétacé-Paléogène

La dernière grande crise du Crétacé-Paléogène est sans doute la plus connue, car elle correspond à l’extinction d’un des groupes d’animaux fossiles les plus célèbres, les dinosaures (à l'exception des oiseaux). Elle concorde avec un épisode volcanique majeur au Dekkan (Inde), auquel s’ajoute la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatan (Mexique). Ces deux événements ont impacté toute la planète.

Les cinq grandes crises du vivant

Cénozoïque

L'ère Cénozoïque

Débutant il y a 66 millions d’années, le Cénozoïque se poursuit aujourd'hui. Connu comme « l'ère des mammifères » du fait de la rapide évolution de ces derniers vers de grandes tailles, c'est aussi une période de grandes diversifications parmi les oiseaux, les plantes à fleurs ou encore les « poissons à arêtes ».

Paléogène

Paléogène

Le Paléogène se situe après la disparition des dinosaures non-aviens, des ammonites et de nombreux autres groupes d’espèces. Dans les milieux qu’ils laissent vacants, les mammifères et les oiseaux connaissent une forte diversification, alors que les actinoptérygiens (ou « poissons à nageoires rayonnées ») deviennent abondants dans les océans et en eaux douces. Les plantes à fleurs, notamment les arbres feuillus, poursuivent leur développement et deviennent la flore la plus diversifiée.

Sur la frise : un palmier, un baluchitère (grand mammifère) et un actinoptérygien.

Néogène

Néogène

Au Néogène, le courant de Drake se met en place autour de l’Antarctique et la planète se refroidit progressivement pour s’approcher du climat actuel. Durant le Néogène, l’isthme de Panama se referme et relie les Amériques du Nord et du Sud, formant une séparation entre Atlantique et Pacifique. Sur la terre ferme, les prairies de graminées deviennent fréquentes et la faune s’adapte à de nouveaux écosystèmes proches de ceux que l’on connait aujourd’hui.

Sur la frise : une graminée, une antilope (ruminant) et un Livyathan (odontocène ou « cétacé à dents »).

Quaternaire

Quaternaire

Le Quaternaire est la période géologique actuelle, commençant il y a 2,58 millions d'années. Plusieurs épisodes de glaciation et/ou l’émergence du genre humain amènent à l’extinction de la majorité des espèces de grands mammifères, tels que les paresseux géants ou les mammouths. Plus récemment, en un temps bien plus court que lors des autres périodes géologiques, les activités humaines impactent tous les écosystèmes et provoquent une augmentation globale de la température.

Sur la frise : un fuchsia, un humain et une méduse.

Bibliographie

Ouvrages grand public :

  • Dinosaures, les géants du vignoble. Livre illustré au sujet des 3 gisements paléontologiques de Charente, par Ronan Allain et l’illustrateur Mazan, qui participe chaque année aux fouilles. 248 pages, aux éditions Eidola.
  • La série de bandes dessinées « Mimo, sur la trace des dinos », a été réalisée dans le cadre des fouilles d’Angeac-Charente par Mazan, Isabelle Dethan et Ronan Allain. 3 tomes, aux éditions Eidola.
  • Le blog « Petit Carnet Paléo », tenu depuis plus de 10 ans par Mazan, documente avec régularité la vie et l’histoire du chantier d’Angeac-Charente.

Publications scientifiques liées au site d’Angeac : 

  • Le Gouellec C., Allain R., Goedert J., Pintore R., Carter J., Royo-Torres R., Augier D. & Cornette R., août 2026 — Heterodonty in the teeth of the turiasaurian sauropod from Angeac-Charente (Early Cretaceous, southwestern France): Comparison of anatomical and geometric morphometric approaches. Journal of Anatomy, 1–26. https://doi.org/10.1111/joa.70230
  • Rey Kévin, Robin Ninon, Kaskes Pim. et al., mars 2026 — “How Do Vertebrate Droppings Fossilise? Biogenic Versus Diagenetic Signals in Coprolites Evidenced by Elemental Mappings.”. Geological Journal. 1–18. https://doi.org/10.1002/gj.70253
  • Rozada Lee, Allain Ronan, Qvarnström Martin, Rey Kévin, Vullo Romain, Goedert Jean, Augier Dominique & Robin Ninon, octobre 2024 — A rich coprolite assemblage from Angeac-Charente (France): a glimpse into trophic interactions within an Early Cretaceous freshwater swamp. Cretaceous Research vol. 162, p. 105939. Elsevier. https://dx.doi.org/10.1016/j.cretres.2024.105939
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