Qu’est-ce qu’une météorite ?

Une météorite est une roche issue de l’espace interplanétaire qui est arrivée naturellement sur Terre. Si elle est dans l’espace et n’a donc pas encore traversé l’atmosphère, on la nomme “météoroïde” ou “astéroïde” (si elle est grosse).

Météorite, météoroïde et météore : quelle différence ?

Le terme météore désigne tout phénomène lumineux dans l’atmosphère. Ce mot est très général puisqu’il peut être utilisé pour n’importe quel phénomène atmosphérique, même pour un arc-en-ciel ! Le plus souvent, on l’utilise pour désigner spécifiquement le phénomène lumineux dû à la traversée dans l’atmosphère d’un météoroïde.

Les météoroïdes traversent cette couche atmosphérique à une vitesse allant de 11 à 72 kilomètres par seconde. Largement supersoniques1, ils créent une onde de choc dans l’atmosphère. L’air environnant est porté à plusieurs milliers de degrés Celsius, et brille, d’où le météore. En effet, la surface du météoroïde ainsi chauffée entre en fusion, ce qui produit de la lumière. La matière fondue peut être perdue voire vaporisée. Ainsi, les météoroïdes maigrissent et finissent parfois par faire un vingtième de leur masse d’origine. Cette perte de masse est nommée “l’ablation”.

L’air comprimé freine le météoroïde durant sa courte chute (de quelques secondes) mais ne l'arrête pas car la pesanteur l’attire vers le sol ! En revanche, comme la vitesse n’est plus supersonique, le chauffage s’arrête et la couche superficielle, encore en fusion, se fige de façon très subite. C'est la formation de la croûte de fusion. Celle-ci est très fine puisqu’elle fait rarement plus d’un millimètre, étant donné que la chaleur n’a pas eu le temps de pénétrer loin dans la partie non ablatée. Cette croûte, souvent noire, est un marqueur qui permet de reconnaitre une météorite : d’aspect vitreux, elle se forme lors de l’entrée dans l’atmosphère des météorites.

Au contact de la surface terrestre, le météoroïde devient enfin (dans le langage) une météorite.

  • 1Dont la vitesse est supérieure à la vitesse de propagation du son.

Les différents types de météorites

Les chondrites, des témoins des débuts du système solaire

Les météorites dites “chondrites” doivent leur nom à l’existence de petites billes minérales qui n’existent pas dans les roches terrestres : ce sont les chondres. Appelées également “météorites primitives”, les chondrites proviennent de corps du système solaire formés tardivement. Elles représentent 86 % des météorites et contiennent des roches qui font partie des plus anciennes du système solaire, car celles-ci ont échappé à la fusion ainsi qu’à la différenciation et n’ont donc quasiment pas évolué depuis leur création. Elles ont permis d’estimer l’âge du système solaire. Majoritairement constituées de silicates mais comportant aussi des grains métalliques, elles se répartissent en plusieurs groupes principaux selon leur composition :

  • les chondrites ordinaires ;
  • les chondrites à enstatite ;
  • les chondrites carbonées.

La fameuse météorite d’Orgueil est une chondrite carbonée.

Inchangées depuis… la création du Soleil !

À l’origine de l’existence des météorites se trouve un tas de poussières regroupé de façon si dense que de petits grains ont commencé à former des masses, voire des planètes ! Sans savoir quelle est l’origine des chondres, on suppose que ces billes rondes se sont agglomérées en un corps plus massif appelé “corps parent”, puis ont formé des météorites. Les chondres résultent de la solidification de gouttelettes fondues lors d’événements brefs de haute température encore mystérieux. D’autres composants des chondrites sont les inclusions réfractaires. Ces dernières seraient les plus anciens solides du système solaire. Sans compter quelques grains (dits présolaires) formés avant le Soleil, et issus d’anciennes étoiles. Ils se se reconnaissent par leurs compositions isotopiques très différentes des roches formées dans le système solaire, et témoignent ainsi des réactions nucléaires propres à chaque étoile.

Les météorites différenciées

Certaines météorites n’ont pas de chondres, et cela s’explique par la différenciation. En effet, leurs corps parents ont subi une fusion partielle : le métal, plus dense, s’est décanté en leur centre, formant un noyau métallique, entouré d’un manteau et d’une croûte pierreuses. D’où la distinction entre deux grandes catégories de météorites différenciée :

  • Les sidérites : ce sont des météorites différenciées essentiellement composées de fer et de nickel. C’est la même composition que les grains métalliques des chondrites. Si nous pouvions échantillonner le centre de la Terre, c’est aussi cette même composition fer-nickel que nous analyserions !
  • Les achondrites : ces météorites différenciées sont pierreuses. Elles doivent leur nom à la disparition des chondres pendant la différenciation. Ces météorites sont plus difficiles à distinguer des roches terrestres. En effet, on peut considérer ces dernières comme des achondrites puisqu’elles ne représentent que les premières dizaines de kilomètres de la Terre – c’est-à-dire les roches ne contenant pas de métal. C’est dans cette catégorie que l’on trouve quelques météorites lunaires et martiennes, très rares au vu de la difficulté d’arracher des pierres de la gravité de la Lune ou de Mars (ces pierres ne se détachent que par des chocs avec de gros astéroïdes).

Grec ou latin ?

Dès la Grèce antique, les scientifiques se posent des questions au sujet des corps célestes. Que sont ces points luisants ? Que sont les masses que l’on retrouve de façon cyclique dans le ciel chaque année ? Beaucoup des termes aujourd’hui utilisés ont des origines grecques ou latines. Ainsi, les chondres dérivent de χόνδρος (khondros) qui signifie “granule” (donc les “chondrites” sont des “pierres à grains”) tandis les sidérites tiennent leur racine de σίδηρος (sidéros) qui veut dire “fer” en grec.

Le mot latin étrangement proche, “sidus” (génitif : sideris), signifie d’ailleurs “étoile” (d’où notre “sidéral”, “intersidéral” etc.).

Les planètes, quant à elles, étaient vues comme des “astres errants” par les Grecs, qui les nommaient ainsi par rapport aux étoiles fixes. C’est le sens du mot grec πλανήτης (planêtês) !

Météorite d’Orgueil - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - L.-D. Bayle

Des météorites célèbres dans les collections du Muséum

Parmi les collections du Muséum se trouvent des météorites ayant marqué l’histoire.

La météorite d’Orgueil : Tombée sur Terre au XIXe siècle, cette météorite fait naître de nombreuses questions dans les esprits des scientifiques. Si la matière organique de cette chondrite carbonée parmi les premières connues a fait penser à une vie extraterrestre, on pense désormais qu'il s'agit plutôt des briques possibles d'où a émergé le vivant. Au siècle dernier, il est noté que cette météorite a la composition la plus primitive que l'on puisse connaître, c’est-à-dire la plus proche de celle du Soleil. Quoique ses congénères soient très rares sur Terre, le premier astéroïde carboné échantillonné par une sonde spatiale, Ryugu, s’avère identique à la météorite d’Orgueil en 2022. Elle semble donc échantillonner la matière originelle du système solaire primitif.

Météorite de l'Aigle

© MNHN

La météorite de l’Aigle : Cette météorite est historiquement très importante : c’est elle qui a scellé la réalité des météorites. Jusque-là, on ne comprenait pas trop d’où venaient ces roches, mais le 26 avril 1803, beaucoup de témoins ont vu l’arrivée et l’explosion en fragments de ce corps. Ceci permit de certifier l’existence de ce phénomène.

La météorite de Chassigny : Longtemps considérée unique en son genre, cette météorite tombée en 1815 est une météorite martienne.

Rechercher des météorites

Si vous souhaitez participer à des recherches de météorites lorsque des chutes sont détectées via un réseau de caméras, vous pouvez participer au programme de sciences participatives Vigie-ciel ! Vous pourrez partir cueillir des météorites et chercher les cratères que leurs chutes ont créé. Tout un programme pour en comprendre davantage sur ce qui orne la voûte céleste !

Vous pensez avoir trouvé une météorite ?

Le Muséum attache la plus grande importance à l’enrichissement du patrimoine météoritique français. À ce titre, il se prête à l’expertise de météorites potentielles nouvellement découvertes par des particuliers. Si vous pensez avoir trouvé une météorite, vous pouvez déposer une demande d'expertise.

Faire expertiser une météorite par le Muséum

Article rédigé en décembre 2022. Remerciements à Emmanuel Jacquet, cosmochimiste au Muséum (UMR 7590 Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie), auteur de l'ouvrage Les météorites et leurs secrets, pour sa relecture et sa contribution.

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