Qu’est-ce que le sexe ?

Le sexe désigne tout mélange génétique entre deux individus, autant que des modes de reproduction, des caractères morphologiques ou comportementaux… Pour les sciences naturelles, il n’y a pas « le sexe » ou « deux sexes », mais une diversité de types sexuels, avec des manifestations infiniment plus variées que ce qui existe chez les humains.

Le sexe, c’est binaire ?

Femelle/mâle : nous associons le plus souvent le sexe à cette différenciation binaire des individus, à laquelle chez l’humain se superposent en outre des catégories sociales (le genre : féminin/masculin). Et pour cause : chez beaucoup d’espèces, il n’existe que deux « sexes » ou « types reproducteurs », c’est-à-dire génétiquement compatibles pour se reproduire : mâle et femelle.

Mais majoritaire ne signifie pas universel : il existe des espèces avec plus de deux sexes, comme le blob, un organisme unicellulaire pour lequel on dénombre 720 sexes !

Une reproduction… sexuée

Le « sexe » désigne aussi le mode de reproduction de certaines espèces : la reproduction sexuée, par opposition à la reproduction dite « asexuée » (tel que le clonage ou le bouturage).

Dans la reproduction sexuée, deux gamètes sont impliqués : typiquement, l’ovule et le spermatozoïde. Par extension, on désigne comme « mâles » et « femelles » les organes sexuels – et pour certaines espèces, les individus – spécialisés dans la production de ces gamètes.

La reproduction sexuée favorise le brassage génétique et donc la diversité des individus. Plus une population est diversifiée, plus elle a de ressources pour lutter contre les parasites mais aussi s’adapter au changement de l’environnement.

Champ de blé encore vert.

Bien que rare dans l’ensemble du vivant, l’autofécondation est le mode de reproduction le plus fréquent chez les blés ou chez le ténia.

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Deux en un !

Deux sexes n’impliquent pas forcément deux individus : les gamètes peuvent être produites par un même individu (hermaphrodisme) ou par des individus différents (gonochorisme).

La plupart des animaux ont un mode de reproduction sexué dit « gonochorique », au sens où les gamètes femelles et mâles sont produits par deux individus de type différent : chez l’humain, la femme et l’homme.

Ce n’est pas le cas des végétaux, dont la plupart sont hermaphrodites, c’est-à-dire que leurs fleurs contiennent les deux gamètes, mâles et femelles. Autrement dit, une grande partie du vivant est constitué d’êtres « bisexués ».

Ce mode de reproduction sexué permet notamment à certaines plantes, comme les blés, de s’autoféconder. C’est le cas également de certains animaux, comme par exemple le ténia.

La Victoria du Parana est un nénuphar hermaphrodite. Au crépuscule, la fleur blanche s’épanouie pour attirer les pollinisateurs, elle est alors physiologiquement femelle. À la nuit tombée, elle se referme en piégeant ses hôtes. Quand elle s'ouvre à nouveau le deuxième soir, elle est devenue rose et physiologiquement mâle.

Grande fleur aux pétals blancs et au centre jaune.

Bouton floral de Victoria du Parana (Victoria cruziana)

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Un sexe indéterminé ?

Chez certains êtres vivants, le sexe est loin d’être figé ! On trouve ainsi des individus qui changent de sexe au fil du temps (hermaphrodisme successif ou séquentiel) ou même changent plusieurs fois de sexe au cours de leur vie (hermaphrodisme alternant).

Le sexe n’est pas toujours déterminé par les gènes. Pour certaines espèces, le sexe est déterminé par des facteurs environnementaux, comme la température de couvée chez les crocodiliens, ou encore des facteurs sociaux, comme chez certains poissons vivant en groupe.

Des différences manifestes entre les sexes ?

Les ramures d’un cerf, le plumage coloré du faisan mâle, la grande taille de la femelle araignée veuve noire… Les mâles et femelles d’une même espèce sont porteurs de différences plus ou moins marquées qui peuvent être d’ordre physiologique, morphologique ou comportemental : c’est le dimorphisme sexuel.

Cette différence peut s’observer au niveau des caractères sexuels primaires, tels que les gamètes ou les organes génitaux, mais aussi à travers les caractères sexuels secondaires, tels que le taille, le poids, la pilosité, la couleur des plumes etc., et dont il existe une variété infinie.

Le comportement entre aussi en jeu, à l’image de la parade nuptiale présente chez de nombreuses espèces pour attirer un partenaire sexuel et qui n’est pas l’apanage des mâles. On ne peut donc pas déduire l’existence de comportements typiquement « mâle » ou « femelle » dans la nature.

Le « sexe » n’est pas seulement synonyme de reproduction. Chez les humains, comme chez d’autres espèces, les relations sexuelles remplissent de nombreuses autres fonctions. Les comportements homosexuels décrits chez plus de 1000 espèces en sont une manifestation parmi d’autres.

On parle aussi de « sexe » bactérien lorsque les bactéries échangent leurs gènes, hors de la fonction reproductrice.

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Deux araignées veuves noires sur leur toile, près d'un cocon.

Le dimorphisme sexuel s’observe bien chez la veuve noire : la femelle est presque deux fois plus grosse que le mâle.

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Huitres sur un rocher au bord de l'eau.

L'huitre est hermaphrodite successif qui peut être tantôt mâle, tantôt femelle, et selon les espèces, d'une année ou d'une saison à l'autre.

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Jeunes alligators sur le dos de leur mère.

Chez les alligators, c’est la température d’incubation des œufs qui va déterminer le sexe des futurs petits.

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Pour aller plus loin

Couverture du Manifeste du Muséum Aux origines du genre

Manifeste du Muséum : Aux origines du genre

Coédition : Muséum national d’Histoire naturelle / Reliefs Éditions.

Parution : 24 novembre 2022.

Bilingue français / anglais - 98 p.7,50 € TTC.

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