Mammifère

Panda roux

Ailurus fulgens

Seul représentant de sa famille, les Ailuridés, le panda roux est un carnivore au régime… végétarien ! La fragmentation de son habitat est la principale menace qui pèse sur cette espèce dont les effectifs sont malheureusement en diminution.

L'apparence inimitable du panda roux

Panda roux (Ailurus fulgens) à la Ménagerie

© MNHN - E. Baril

Difficile de confondre le panda roux (Ailurus fulgens) avec une autre espèce tant son apparence est atypique ! Comme son nom l’indique, le panda roux possède un pelage roux sur le dos et les flancs. Son ventre et ses pattes son noirs tandis que son museau, ses sourcils, ses joues et ses oreilles sont blancs. Il dispose aussi d’une longue queue touffue caractéristique qui lui sert de balancier, pratique pour se déplacer dans les forêts de la chaîne de l’Himalaya, son habitat naturel. Des griffes puissantes et semi-rétractiles viennent compléter son attirail pour lui permettre de grimper efficacement aux arbres. 

Un carnivore végétarien

Alors qu’il appartient à l’ordre des Carnivores, au même titre que l’ours ou le loup, le panda roux a un régime… végétarien ! Il se nourrit principalement (à 90 %) de feuilles de bambous et peut compléter occasionnellement son alimentation par de petites proies carnées ou des œufs. L’adaptation du panda roux à ce régime très spécifique se traduit par la présence d’un « sixième doigt », une excroissance osseuse qui lui permet d’attraper aisément les branches de bambous, fines et mobiles. Comme les feuilles dont il se nourrit sont très peu nutritives, le panda roux passe plus de 70 % de sa journée à manger et à rechercher sa nourriture ! 

Arboricole, ce panda ne côtoie que rarement le sol, ne descendant à terre que pour changer d’arbre ! De mœurs nocturnes, il mène une vie solitaire, et bien que les territoires des mâles et des femelles peuvent se chevaucher, les couples ne se rencontrent et ne se forment que le temps de l’accouplement. La femelle met au monde ses petits, généralement deux, à l’abri dans un trou d’arbre ou dans une tanière. À la naissance, ils ne mesurent pas plus de 6 centimètres et pèsent une centaine de grammes.

Panda roux (Ailurus fulgens)

© MNHN - E. Baril

Panda roux (Ailurus fulgens)

© MNHN - E. Baril

Le saviez-vous ?

Le panda roux, ou petit panda, a successivement été classé avec les ratons-laveurs puis, comme le panda géant, avec les ours. Les recherches en génétique moléculaire ont montré qu’il est en réalité le seul représentant de la famille des Ailuridés. Le nom de « panda » serait dérivé d’un mot népalais signifiant « mangeur de bambou ».

Un panda particulièrement vulnérable

Bien que protégé sur 1/3 de son aire de répartition, la population de pandas roux ne cesse de diminuer, estimée aujourd’hui à moins de 10 000 individus. Sur la liste rouge mondiale de l’Union Internationale pour la Conservation de la nature, l’espèce est désormais classée « en danger d’extinction ».

Longtemps chassé pour sa fourrure, c’est aujourd’hui la déforestation qui reste la plus grande menace pesant sur le panda roux : elle réduit ses ressources alimentaires et provoque une inquiétante fragmentation de la population.

Une cascade de naissances

Examen médical d'un des jeunes pandas roux (Ailurus fulgens) nés à la Ménagerie en 2025

© MNHN - E. Baril

Le 26 juin 2026, un mâle panda roux est né à la Ménagerie, le zoo du Jardin des Plantes. 

L’année dernière déjà, le 12 juin 2025, deux pandas roux avaient vu le jour à la Ménagerie. Trois jours plus tard, le couple de pandas roux de la Réserve zoologique de la Haute-Touche avait lui aussi donné naissance à deux petits. Des événements rares qui illustrent l’engagement du Muséum national d’Histoire naturelle dans la conservation de cette espèce menacée.

Les parcs zoologiques du Muséum participent en effet au plan d’élevage européen pour la conservation des pandas roux et au financement des organismes qui travaillent sur le terrain à la préservation des milieux, la replantation des forêts avec l’aide des villageois, l’étude de l’espèce et la formation de gardes afin de réduire le braconnage. La sensibilisation des populations au respect de la nature et à des méthodes de cultures alternatives contribue aussi à la protection de son habitat.

Cette naissance est une victoire pour la biodiversité. Les parcs zoologiques européens représentent plus de 400 pandas roux, soit plus de 5 % de la population globale. Et on peut se dire que dans l’avenir, si dans la nature les pandas roux sont encore plus menacés […], et si on a besoin de faire du renforcement de population, on aura une population de réserve.
Aude Bourgeois, directrice de la Ménagerie, zoo du Jardin des Plantes.

Naissance de deux pandas roux au Jardin des Plantes !

Naissance de deux pandas roux au Jardin des Plantes !

Video : Naissance de deux pandas roux au Jardin des Plantes !

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