Scientifique prenant des notes sur la biodiversité locale

Qu’est-ce qu’une Liste rouge ?

Une Liste rouge dresse un bilan objectif de menace qui pèse sur les espèces de la faune, la flore et la fonge sur un territoire donné. Cette liste est établie selon des critères internationaux fixés par l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN) et permet de mesurer l’ampleur des défis à relever pour préserver la biodiversité à l'échelle mondiale ou locale.

À quoi sert une Liste rouge ?

L’établissement d’une Liste rouge des espèces menacées permet de faire un état des lieux de la biodiversité dans un territoire donné et à un temps donné. Cette contribution permet de suivre l’évolution des populations de certaines espèces et promeut les recherches sur d’autres espèces moins étudiées.

Notre planète traverse depuis plusieurs années une crise majeure, et le taux d’extinction des espèces est entre 100 et 1 000 fois plus élevé qu’auparavant, essentiellement à cause des activités humaines. Constituer un inventaire de la biodiversité est donc primordial.

Une Liste rouge nationale contribue ainsi à :

  • inventorier les risques de disparition des espèces et les menaces qui pèsent sur elles ;
  • identifier les espèces qui doivent faire l’objet d’un programme de conservation urgent ;
  • comparer, entre chaque pays, l’évolution de ces espèces menacées, et ainsi savoir s’il y a des progrès qui sont faits ;
  • donner une base scientifique rigoureuse et fournie qui peut servir d’appui lors de la mise en place de stratégies d’action notamment politiques ;
  • donner une base riche et complète pour la diffusion des connaissances ;
  • sensibiliser l’opinion publique et les responsables politiques quant à la nécessité de protéger cette biodiversité et contrer les menaces qui pèsent sur elle.

Une Liste rouge est ainsi un outil de référence fiable pour connaitre le niveau de menace qui pèse sur les espèces d’un territoire défini. Celle-ci permet de mobiliser l’action publique. Elle répond aux questions de priorisations de la préservation de certaines espèces, elle recense les menaces et les disparitions.

Onze catégories

Au niveau national, il existe onze catégories pour classer le risque pesant sur une espèce ou une sous-espèce : 

  1. Éteinte (EX), 
  2. Éteinte à l’état sauvage (EW), 
  3. Disparue (RE), 
  4. En danger critique (CR), 
  5. En danger (EN), 
  6. Vulnérable (VU), 
  7. Quasi menacée (NT), 
  8. Préoccupation mineure (LC), 
  9. Données insuffisantes (DD), 
  10. Non applicable (NA), 
  11. Non évaluée (NE). 

Les trois critères principaux qui permettent de classer les taxons dans les bonnes catégories sont : 

  1. la taille de la population
  2. le taux de déclin,
  3. la taille de l’aire de répartition géographique.  

Des listes rouges françaises

Le Muséum national d’Histoire naturelle (via l’unité PatriNat et l'Inventaire National du Patrimoine naturel (INPN)* participe depuis 2008 à l’élaboration de la Liste rouge nationale en partenariat avec le Comité français de l’UICN. Ce programme réunit de nombreux experts et associe divers acteurs de la recherche ainsi que de la gestion des patrimoines naturels. L’état des lieux se décline en chapitres taxonomiques (mammifères, plantes vasculaires, crustacés, libellules…) et géographiques (Hexagone, Réunion, Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie…).

Quelles actions sont menées suite à l’établissement d’une Liste rouge ?

Depuis leurs premiers résultats, ces Listes rouges ont permis :

  • d’identifier les espèces les plus menacées en France et de participer à la mise en place de plans nationaux d’actions centrés sur leur protection (par exemple, la Couleuvre de Mayotte, ou l’Apron du Rhône sont ainsi davantage préservés) ;
  • de participer au débat sur la "loi biodiversité" qui demande que les espèces endémiques les plus menacées soient protégées par un plan national d’action ;
  • de fournir des arguments lors des études d’impact environnemental ;
  • de participer à l’élaboration d’un atlas de la biodiversité ;
  • d’appuyer le choix des espèces phares dans l’élaboration des Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique ;
  • d’établir un indicateur de l’état de santé des espèces pour l’Observatoire national de la biodiversité ;
  • d’aménager les milieux naturels et conserver la nature de façon pertinente.

Voir le site du comité français de l'UICN 

Voir le site de PatriNat 

Voir le site de l'INPN

* L'Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) est le portail de la biodiversité et de la géodiversité françaises, de métropole et d'outre-mer. Il diffuse la connaissance sur les espèces animales, végétales et de la fonge, les milieux naturels, les espaces protégés et le patrimoine géologique. L'ensemble de ces données de référence, validées par des réseaux d'experts, sont mises à la disposition de tous, professionnels, amateurs et citoyens.

Article rédigé en février 2024. Remerciements à Arzhvaël Jeusset, chef de projet "conservation des espèces" à PatriNat, pour sa relecture et sa contribution.

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