Qu'est-ce qu'une COP ?
Si l’on entend parler régulièrement de COP dans les médias, il peut être difficile de savoir à quoi correspond précisément cet acronyme… Une COP n’est ni un sommet unique ni un événement isolé, mais un organe politique rattaché à une convention internationale signée par plusieurs États, et dont le fonctionnement est organisé de façon cyclique.
Fonctionnement d’une COP
Aux origines des COP : les conventions
Pour comprendre le fonctionnement des COP (Conference of Parties), il faut d’abord faire le point sur l’instrument juridique à leur source : la convention. Une convention est un texte juridique signé par plusieurs États qui fixe de grands principes et objectifs généraux. Par exemple, une convention peut fixer l’objectif de lutter contre le changement climatique, de protéger les espèces marines, ou encore de conserver la biodiversité. Une fois la convention signée, il faut la mettre en œuvre. Pour cela, des règles de fonctionnement sont établies afin de définir notamment la manière dont les États signataires se réunissent : sont alors créés ce qu'on appelle les organes de la convention, dont la COP, qui est l'organe principal.
Comment fonctionne une COP ?
Une COP, acronyme de Conference of Parties (ou CdP, Conférence des Parties), représente l'organe principal d’une convention. Son fonctionnement précis est défini par la convention internationale à laquelle elle est rattachée. Elle réunit de façon régulière lors d’un événement international tous les États Parties ayant signé la Convention, ainsi que des observateurs. C’est à cette occasion que les éléments agréés de la Convention sont discutés : mise en place de directives concrètes, priorisation des actions à mener, définition des programmes de travail, prise en compte des nouveaux sujets, etc. La COP permet donc d’actualiser les objectifs concrets liés à la signature d’une Convention, et de rendre opérationnelles ces décisions.
De manière générale, l’organisation d’une COP repose sur un cycle de travail continu. La conférence elle-même se réunit à intervalles réguliers (annuels, biennaux ou triennaux selon les conventions), mais l’essentiel du travail se déroule entre deux sessions, dans le cadre des autres organes de la Convention.
Entre deux conférences, ces organes intermédiaires mandatés par la COP, composés soit d’experts scientifiques, soit de représentants des États, soit des deux, travaillent sur des sujets donnés. Ils produisent ensuite des rapports, des propositions de décisions ou des lignes directrices qui sont présentés lors de la COP suivante. Les États décident alors collectivement d’adopter, de modifier ou de rejeter ces propositions, ce qui ouvre un nouveau cycle de travail.
Par exemple, dans le cadre d’une convention sur la biodiversité, les États peuvent demander une évaluation scientifique concernant la conservation des oiseaux en Europe. Un groupe d’experts est alors constitué pour analyser les données disponibles, identifier les enjeux et proposer des mesures, jusqu’à la réunion suivante des États.
Certaines plateformes internationales, situées à l’interface entre science et politique, jouent un rôle particulièrement structurant dans ce processus. C’est notamment le cas du GIEC pour le climat et de l’IPBES pour la biodiversité. Ces instances ne prennent pas de décisions politiques : elles synthétisent l’état des connaissances scientifiques et élaborent des rapports qui servent de base aux négociations politiques entre États.
Ce fonctionnement cyclique, alimenté par des expertises scientifiques régulières, permet ainsi d’ajuster les décisions politiques à l’évolution des connaissances. Sans ce mécanisme, les conventions internationales risqueraient de demeurer des textes figés, progressivement déconnectés de la réalité scientifique et des enjeux de société émergents.
À chaque convention son fonctionnement
Toutes les conventions n’avancent pas au même rythme, car chacune prévoit son propre calendrier. Par exemple, en 2026, il s’agit de la 32e édition de la COP climat, mais seulement de la 17e COP biodiversité. Cela est dû au fait qu’il en existe de nombreuses, qu’elles n’ont pas été fondées au même moment, et que leurs occurrences ne sont pas synchronisées. Qui plus est, à chaque Convention, les États Parties décident des questions de ressources financières et des besoins en expertise, ce qui influe sur les temporalités.
Comment une COP entre en vigueur ?
Une convention n’entre pas immédiatement en vigueur après son adoption. Elle devient juridiquement applicable seulement lorsqu’un nombre minimal d’États l’a ratifiée, c’est-à-dire officiellement acceptée selon leurs procédures nationales. Ce seuil varie selon les traités.
L’histoire des conventions multilatérales liées à l’environnement
L’histoire des conventions environnementales et de la mise en place des COP révèle particulièrement bien comment la préservation de l’environnement est devenu progressivement un enjeu crucial pour notre société.
Tout d’abord, les premiers traités internationaux qui concernaient la préservation de l’environnement datent du XIXe siècle. Ceux-ci s’inscrivaient à une échelle relativement locale, entre quelques pays voisins, et traitaient essentiellement de la gestion des ressources naturelles. Elles portaient par exemple sur des problèmes de zones de pêches, la gestion de ressources naturelles ou de zones naturelles…
Un premier tournant se produit au milieu du XXe siècle avec la convention baleinière de 1946, adoptée dans un contexte où plusieurs États constatent le déclin marqué de certaines populations de baleines. Pour la première fois, un accord international réunit un grand nombre de pays autour d’un objectif explicite de conservation d’espèces. Ce mouvement se poursuit dans les années 1970, période marquée par une montée de la conscience écologique à l’échelle mondiale, nourrie notamment par des travaux scientifiques largement médiatisés. Plusieurs conventions majeures sont alors signées, parmi lesquelles la CITES sur le commerce international des espèces menacées, ou encore la Convention sur les espèces migratrices. Ces accords marquent l’émergence d’une approche internationale de la conservation de la biodiversité.
À la même période, une évolution conceptuelle importante apparaît : la protection de l’environnement ne concerne plus seulement les espèces, mais également les milieux et les équilibres écologiques. C’est le cas notamment de la Convention de Ramsar, toute première convention internationale à se focaliser sur un écosystème spécifique : les zones humides. En 1972, la Conférence des Nations unies sur l'environnement à Stockholm constitue la première conférence mondiale consacrée à l’environnement. Elle débouche sur une déclaration de principes sans caractère juridiquement contraignant, mais son importance est majeure sur le plan politique et symbolique : l’environnement y est reconnu comme une question globale nécessitant une coopération internationale.
Un second jalon décisif est posé en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio, qui marque l’entrée de l’environnement dans l’ère des Conventions-cadres globales. Les États y adoptent plusieurs accords majeurs portant sur des problématiques planétaires, notamment le climat, la biodiversité et la désertification, dans une perspective de développement durable. Chacune de ces conventions donne lieu à la mise en place d’une Conférence des Parties (COP), chargée d’en assurer le suivi et l’évolution. Ces COP comptent encore aujourd’hui parmi les principales arènes de négociation internationale sur l’environnement.
La période actuelle se caractérise enfin par un déplacement des enjeux vers la mise en œuvre concrète des engagements et l’apparition de nouveaux sujets globaux, tels que la pollution plastique ou la gouvernance de la haute mer. Parallèlement, l’articulation entre science et décision politique s’est renforcée grâce à des plateformes d’expertise internationale comme le GIEC pour le climat et l’IPBES pour la biodiversité, qui contribuent à structurer les négociations contemporaines.
Des sommets et des COP
Aujourd’hui, il existe plus d’une centaine de conventions internationales liées aux problématiques environnementales. Certaines d’entre elles regroupent plus de 200 États, tandis que d’autres concernent seulement quelques pays. Ainsi, toutes n’entrent pas dans le cadre de gouvernance internationale des Nations Unies car chaque dispositif conventionnel est unique, même si l’ONU peut se proposer pour assurer le secrétariat ou la dimension logistique.
Contrairement à une COP, qui est rattachée à une convention internationale précise et ne réunit que les États signataires de ce texte, certains sommets internationaux sont plus généraux et marquent des temps forts pour la protection de l’environnement. Ils peuvent aborder une thématique large, comme l’océan ou le climat et constituent alors des espaces de dialogue politique complémentaires aux COP. Ce fut le cas en 2025 avec le sommet concernant l’océan, l’UNOC, qui s’est tenu à Nice.
Les principales COP
Les trois COP les plus suivies à l’international restent celles liées aux Conventions de Rio :
- La COP sur les changements climatiques, tous les ans
- La COP sur la biodiversité, tous les 2 ans
- La COP concernant la lutte contre la désertification, tous les 2 ans
C’est lors de la COP 21 concernant le changement climatique qu’a été signé l’Accord de Paris, adoptée par 196 États à cette occasion.
Chefs de délégations à la Conférence sur les Changements Climatiques en 2015 à Paris (COP21)
CC BY 2.0 Présidence de la République du MexiqueLe Muséum impliqué à l'international
Le Muséum national d’Histoire naturelle occupe une place importante dans certaines conventions internationales.
Pour la Convention sur la Diversité Biologique par exemple, il est co-point focal national de l'organe subsidiaire scientifique et technique : il participe aux réunions, coordonne le suivi des travaux de la Convention, et notamment l'expertise scientifique en France en appui des ministères de l'écologie et des affaires étrangères. Il est également chargé de la gestion du centre échange d'information national français pour la convention sur la diversité biologique. Pour la Convention sur le Commerce international des espèces sauvages (CITES), le Muséum est autorité scientifique nationale. Pour la Convention sur les Espèces Migratoires, l’institution est membre du comité scientifique, entre autres exemples. Concrètement, il est chargé d'évaluer des documents, des espèces, des programmes, et intervient en appui des négociateurs des ministères. Le Muséum est donc reconnu pour son expertise dans le champ des conventions multilatérales. Il est un des acteurs majeurs de l'interface science/politique internationale.
Cet article a été rédigé par Victoria Briand, rédactrice au Muséum national d'Histoire naturelle.
Relecture et contribution
Pierre Spielewoy
Docteur en droit international de l'environnement
Chef de projet Appui aux affaires multilatérales, Direction des Relations Européennes et Internationales au Muséum national d’Histoire naturelle
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