Exploration scientifique

La Planète Revisitée en Guyane

On estime aujourd’hui que les 70 458 espèces recensées en Outre-mer ne représentent que 10 % des espèces supposées présentes. La plus grande richesse de la biodiversité française se situe dans ces territoires ; elle nécessite donc un effort particulier de synthèse et d’inventaire.

Après Santo (Vanuatu), le Mozambique, Madagascar et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les scientifiques de « La Planète Revisitée » se rendent en Guyane pour réaliser l’inventaire de sa biodiversité « négligée ». De juillet 2014 à mars 2015, ils se succèdent sur le terrain pour trois mois d’explorations terrestres et marines impliquant de nombreux partenaires guyanais, nationaux et internationaux.

La Planète Revisitée est un vaste programme d’expéditions naturalistes sans précédent qui a pour objectif d’acquérir de nouvelles connaissances dans les régions du globe les plus riches en biodiversité mais jusqu’ici peu explorées. Essentiellement dédiée à la biodiversité négligée (invertébrés marins et terrestres, plantes, champignons), qui représente 95 % de la biodiversité et qui joue un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes, la Planète Revisitée souhaite redonner toute sa place à ces composants de la biodiversité trop souvent ignorés et favoriser ainsi de nouvelles politiques de conservation.

© MNHN - F. Dubos, S. Pagani

L’expédition s'est déclinée en 2 modules :

  • un module marin, comprenant lui-même un volet hauturier (21 juillet > 11 août 2014), pour l’échantillonnage du benthos du plateau continental et de ses accores (30 à 800 mètres de profondeur), sur le navire océanographique vénézuélien Hermano Gines ; et un volet côtier (22 septembre > 7 octobre 2014), pour l’échantillonnage du benthos dans la frange littorale de 0 à 20 mètres, aux Iles du Salut ;
  • un module terrestre (27 février > 27 mars 2015), pour l’échantillonnage de la flore et de la faune terrestre et d’eau douce du massif du Mitaraka, en zone cœur du Parc amazonien de Guyane.

Espace de travail sur le pont de l’Hermano Gines

© MNHN / PNI - G. Paulay

Conditionnement des spécimens récoltés

© MNHN / PNI - T. Magniez

Jeunes guyanais participant au volet pédagogique de l'expédition

© MNHN / PNI - T. Magniez

Mont Mitaraka - Guyane

© MNHN / PNI - O. Pascal

Cystiscidae - La Planète Revisitée en Guyane

© MNHN / PNI - L. Charles

Oursin des fonds chalutables au large de la Guyane - La Planète Revisitée en Guyane

© MNHN / PNI - G. Paulay

Anémone - La Planète Revisitée en Guyane

© MNHN / PNI - L. Charles

Bathynomus, isopode géant charognard - La Planète Revisitée en Guyane

© MNHN / PNI - L. Corbari

Les premiers résultats (Décembre 2015)

Les premiers résultats de cette expédition sont détaillés dans le rapport téléchargeable en bas de cette page.

Ce présent rapport est divisé en deux parties correspondant aux deux volets – terrestre et marin – de l’expédition.

D’un côté, la Guyane est consciente – et fière – de la richesse de sa biodiversité terrestre. L’expédition le confirme, mais elle n’était pas nécessaire pour le démontrer. Cependant, l’expédition aura montré, les grandes lignes de cette biodiversité amazonienne sont maintenant bien connues, et notamment dans le massif du Mitaraka jusqu’alors sous-exploré. L’addition d’espèces nouvelles pour la Guyane et la découverte d’espèces nouvelles pour la science sont importantes, mais elles ne sont pas révolutionnaires Elle n’a en effet pas permis de découvrir un « monde perdu » différent du reste de la Guyane. L’expédition au Mitaraka restera néanmoins une référence en termes d’organisation, de collecte, de traitement des spécimens et de restitution des données.

Par contre, concernant la biodiversité marine, la Guyane avait la réputation d’être d’une grande pauvreté. L’expédition le confirme quand on la compare aux îles de l’arc antillais, par exemple. Mais, paradoxalement, l’expédition aura permis de doubler, de tripler, voire même de… décupler les inventaires guyanais de tous les groupes (ou presque), et de découvrir des dizaines de nouvelles espèces.

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