Collections d’estampes et de photographies

La richesse des fonds iconographiques et photographiques des bibliothèques du Muséum s’explique à la fois par l’ancienneté de l’institution et l’importance de la représentation figurée dans les sciences de la nature : l'image, complément indispensable du texte, est pour le naturaliste un outil essentiel de description et d'étude. Elle documente l’avancée de la recherche mais également l’histoire de l’institution et des disciplines qui y sont étudiées.

Présentation

Les bibliothèques du Muséum ont constitué au fil du temps des séries d’estampes et de photographies, organisées selon les disciplines scientifiques, à partir de planches reçues en livraison, de défets d’ouvrages illustrés, de tirages uniques ou d’épreuves. Plusieurs collections particulières viennent les compléter, comme la riche collection d’images de volcans de Katia et Maurice Krafft. En parallèle de l’Herbier national, la Bibliothèque de botanique conserve également un très large ensemble d’estampes organisé suivant la systématique actuelle.

Des séries documentaires consacrées aux sites du Muséum ou aux portraits de savants, rassemblant des gravures sur bois ou sur cuivre, des lithographies ainsi que des photographies anciennes, des coupures de presse, des cartes postales ou des affiches, permettent de retracer l’évolution du Muséum depuis le XVIIIe siècle. Ainsi, le site du Jardin des Plantes est source d’inspiration pour de nombreux photographes : à la fin du XIXe siècle, le photographe Pierre Petit s'est livré à un reportage exhaustif, réalisant plus de 400 vues représentant les bâtiments, les collections et le jardin. Robert Doisneau immortalise à son tour son immersion au cœur des laboratoires du Muséum lors d’un reportage sur la Science française en 1942-1943, puis en 1990.

Dès l'apparition de la photographie, les savants ont saisi l’intérêt de cette nouvelle technique pour représenter la nature, contribuant à son perfectionnement. Se constitue ainsi au Muséum une vaste collection de photographies scientifiques, estimée à plusieurs centaines de milliers de pièces : photographies de spécimens, photographies de terrain ou clichés destinés à l’enseignement. Plusieurs ensembles remarquables constitués dès les débuts de la photographie naturaliste reflètent la variété des techniques utilisées par les photographes dits « primitifs »  : daguerréotypes, héliochromies directes, tirages sur papier salé ou au collodion albuminé, photomicrographies, photographies sur verre, ou vues stéréoscopiques. Les cyanotypes d’Anna Atkins illustrent le premier livre de botanique contenant des photographies – British Algae : Cyanotypes Impressions – diffusé entre 1843 et 1853.

Les scientifiques en expédition se sont aussi emparés de la photographie comme d’un outil privilégié pour l’observation sur le terrain, la description et la diffusion des découvertes. Des clichés anthropologiques rapportés de Madagascar par Désiré Charnay en 1 864 aux photographies des expéditions polaires prises par Louis Gain, scientifique participant à des expéditions du Commandant Charcot, ou par Paul-Emile Victor, dont les travaux s’appuient largement sur l’emploi de la photographie de terrain, ces collections sont une mine d’informations concernant l’organisation quotidienne des expéditions scientifiques et constituent un précieux témoignage sur les coutumes et modes de vie des peuples rencontrés.

Les collections de photographies sont également au cœur des missions de recherche et d’enseignement du Muséum : les laboratoires ont progressivement constitué de grandes encyclopédies visuelles de photographies, la plupart du temps sur verre, dans lesquelles les professeurs puisaient pour illustrer leurs cours, conférences ou publications. C’est notamment le cas de la collection produite par Alfred Lacroix, professeur au Muséum, minéralogiste, pétrographe et géologue, qui compte à elle seule plus de 14 000 plaques de verre.

Historique

La constitution de séries d’images par les bibliothèques du Muséum et la réception d’ensembles déjà constitués par un savant ou un spécialiste ont permis la création, tout au long du XIXe siècle et du XXe siècle, d’un ensemble iconographique constitué à des fins documentaires, dont l’intérêt se révèle également artistique.

Grâce à l’intérêt porté à ce nouveau procédé par les professeurs de l’institution, tant pour la recherche que pour l’enseignement et les expéditions scientifiques, d’importants fonds de photographies ont rejoint les dessins et estampes naturalistes, sans pour autant les remplacer. Les collections des bibliothèques se sont récemment enrichies de vastes ensembles constitués de photographies jusque-là disséminées dans les laboratoires. Cette collecte auprès des services du Muséum est régulièrement complétée par des dons de fonds d’archives contenant eux aussi des photographies.

Contact et modalités de consultation

Les collections iconographiques sont signalées dans le catalogue Calames.

Les modalités de consultation de ces collections sont à retrouver sur le site internet des bibliothèques du Muséum.

Pour toute question, contactez le service de renseignement à distance.

Notes de bas de page