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Synophrya hypertrophica

Synophrya hypertrophica

Synophrya hypertrophica est un protiste cilié parasite de crabes (genres Carcinus, Portunus) appartenant à un groupe de ciliés particuliers, les Apostomes, identifié et étudié par Edouard Chatton (1883-1947), biologiste marin et protistologue, et son élève André Wolff (1902-1994) microbiologiste et prix Nobel de physiologie/médecine en 1965.

Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, entrée en division de l’hypertrophonte lors de la mue du crabe

© MNHN - P. Grellier

Synophrya hypertrophica est un cilié parasite de crabes appartenant à un groupe particulier, les Apostomes. Ce groupe d’ « infusoires » a été particulièrement étudié par Edouard Chatton et André Lwoff, de 1922 à 1933, lors de leurs vacances aux stations marines de Banylus-sur-Mer, Roscoff et Villefranche-sur-Mer.

E. Chatton (1883-1947) fut un zoologiste, biologiste marin et protistologue de renom : professeur de zoologie et de biologie générale à l’Université de Strasbourg, de Montpellier, professeur de biologie marine à la faculté des sciences de Paris et directeur des stations marines de Banyuls et Villefranche. Il fut le premier à observer les différents systèmes d'organisation cellulaire existant entre les Procaryotes et Eucaryotes et proposa ces termes en 1925.

André Lwoff (1902-1994) fut son élève lorsqu’il étudiait les ciliés au laboratoire colonial de l’Institut Pasteur. En 1938, il lui fut confié la direction du Service de physiologie microbienne. Il reçut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1965, avec François Jacob et Jacques Monod, pour leur découverte du mécanisme d’infection des bactéries par certains virus.

E. Chatton et A. Lwoff mirent au point, en 1930, une technique d’imprégnation argentique de l’infraciliature des ciliés qui fut déterminante pour leur taxonomie.

Les ciliés Apostomes se distinguent par la complexité de leur cycle biologique qui ne consiste pas en de simples phases de multiplication et d’enkystement, mais, et c’est ce qui est unique chez les Ciliés, par de véritables et profondes phases de métamorphoses structurales qui peuvent se dérouler chez plusieurs hôtes.

Le cycle biologique de S. hypertrophica est un cycle à un hôte. Il débute par la fixation du stade de propagation, le tomite (forme infestante), sur les branchies du crabe, et sa différenciation en phoronte (individu transporté par un hôte). Dans les 48h, le phoronte perce le tégument branchial et s’installe à sa face interne où il s’accroit rapidement en taille en un « hypertrophonte ». Celui-ci est caractérisé par un macronoyau extraordinairement développé sous forme d’un réseau réticulé de chromatine. Le cilié, isolé du tissu branchial dans une capsule, est en attente jusqu’à la prochaine mue. Lorsque celle-ci débute, il commence des cycles de division très rapides qui aboutissent à la formation de milliers de nouveaux ciliés, les hypertomites, qui, libérés dans le liquide exuvial, s’enkystent et donnent par de nouvelles divisions, les véritables tomites qui vont se propager et se fixer aux branchies des crabes.   

Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, hypertrophonte enkysté dans un filament branchial du crabe Portunus (réseau réticulé de chromatine coloré en violet)

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926. filament branchial du crabe Portunus infecté par 3 parasites

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, réseau réticulé de chromatine périphérique (coloration violette) caractéristique de l’hypertrophonte

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, entrée en division de l’hypertrophonte lors de la mue du crabe

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, entrée en division de l’hypertrophonte lors de la mue du crabe

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, après division de l’hypertrophonte, production de centaines de nouvelles formes cellulaires : les hypertomites

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, libération des hypertomites dans le liquide exuvial

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, hypertomites dans le liquide exuvial (imprégnation à l’argent de la ciliature)

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, hypertomite isolé, ciliature mise en évidence par imprégnation à l’argent

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, hypertomite isolé, ciliature mise en évidence par imprégnation à l’argent

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, enkystement et division des hypertomites qui donneront les formes de propagation, les tomites, qui se fixeront aux branchies

© MNHN - P. Grellier
Synophrya hypertrophica au microscope

Synophrya hypertrophica Chatton et Lwoff 1926, enkystement et division des hypertomites qui donneront les formes de propagation, les tomites, qui se fixeront aux branchies

© MNHN - P. Grellier
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