Sommes-nous tous métis ?

Les populations humaines n’ont jamais cessé de se mélanger et les métissages ont toujours cours chez Homo sapiens. Loin de créer de l’uniformité entre les Hommes, le métissage est plutôt une source de diversité.

Le métissage a cours depuis que l’humanité existe

Depuis des centaines de milliers d’années, des populations différentes échangent plus que des pratiques culturelles. Homo sapiens, parti d’Afrique il y a environ 100 000 ans, rencontre différents cousins du genre Homo disséminés sur Terre. En Europe, il tombe nez à nez avec son cousin neanderthalensis. Plusieurs études confirment aujourd’hui que les populations modernes européennes possèdent encore 3% de gènes en commun avec les néandertaliens. Preuve qu’un rapprochement a bien eu lieu !

En Amérique, un métissage plus récent s’est opéré entre la population amérindienne native du continent, les colons européens et les Africains amenés de force. Des populations qui continuent de se mélanger et qui créent la diversité du continent.

Des métissages invisibles

Mains

Deux mains

© W. Toys - Unsplash

Mais le métissage ne doit pas être perçu uniquement comme un mélange de deux entités physiquement différentes. Les différences de couleur de peau et d'yeux entre un Africain, un Européen et un Chinois, ne sont que l’expression plus ou moins accentuée de gènes communs à tous. Les populations humaines mondiales continuent de se métisser de manière plus discrète, presque invisible.

Depuis qu’Homo sapiens existe, ses variantes de gènes continuent de s’échanger de manière totalement aléatoire, ce qui fait de chacun d’entre nous un être unique, mais pourtant comparable à ses semblables. Si nous sommes tous le fruit d’un métissage, il ne faut pas considérer les phénotypes humains (le caractère observable de notre génome) comme un élément de différenciation. « Les hommes sont des individus tous apparentés, et ne forment qu’une seule et même espèce », rappelle Alain Froment, anthropologue au Musée de l’Homme. « Ils se sont répandus sur la planète sans jamais perdre leurs connexions ».

Article rédigé en 2015. Alain Froment, Associé au Muséum d’histoire naturelle (UMR 7206, Éco-anthropologie)

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