Pierre de synthèse

Rubis

Le rubis est une gemme très dure, d’où ses applications en horlogerie pour la réalisation des paliers qui supportent les pivots des axes du rouage des montres.

Rubis - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - B. Jay

Son coût élevé incita Edmond Frémy, professeur de chimie du Muséum, à en concevoir une synthèse. Il y parvint en 1875 avec Charles Feil, son collaborateur et industriel de la fabrication de verre optique, en chauffant à environ 1 500 °C un mélange d’alumine et d’oxyde de chrome dans un creuset. Cette méthode permit d’obtenir de beaux cristaux, « identiques à ceux de la nature » mais de petite taille.

Successeur de Gay-Lussac à la chaire de chimie appliquée aux corps inorganiques de 1850 à 1892, Frémy consacra ses dernières publications à ces travaux. On rapporte qu’il exposa ses rubis de synthèse dans son appartement et qu’il en fit faire un collier pour son épouse qui, ainsi parée à une soirée au palais de l’Élysée, suscita l’admiration des invités.

En 1904, Auguste Verneuil améliora le procédé en utilisant un chalumeau oxhydrique et une température de 2 050 °C, faisant naître le cristal goutte à goutte, comme une stalagmite par superposition de fines couches de matière fondue. Cette méthode de fabrication de grosses pierres synthétiques et artificielles par fusion à la flamme est encore appelée « procédé Verneuil ».

Moins fragiles et onéreux, les rubis de synthèse ne tardèrent pas à remplacer les rubis naturels dans l’horlogerie.

Bernard Bodo, Séverine Amand, Philippe Grellier et Christine Maulay-Bailly

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