Minéral repoli

Rutile dans du quartz

L’origine de cet échantillon n’est pas totalement éclaircie. Le catalogue des collections de 1804 le mentionne comme un don d’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, sous-garde et assistant démonstrateur au Cabinet royal d’histoire naturelle avant de devenir professeur de zoologie du Muséum national d’Histoire naturelle constitué en 1793.

Rutile dans du quartz - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - F. Farges

Il est néanmoins probable qu’il provienne du Cabinet du roi du temps de l’Ancien Régime. Cette officine qui conservait minéraux, drogues, herbes médicinales et sels employés pour leurs vertus curatives supposées est à la source des collections du Muséum.

Ce cristal de quartz est à la fois naturel et façonné : certaines de ses facettes ont été repolies de manière à mieux distinguer ses inclusions constituées de cristaux noirs de rutile, un oxyde de titane. Ces derniers se sont agrégés sous la forme de gerbes disposées sporadiquement, au gré du hasard des cristallisations. Cette pièce évoque une sorte d’aquarium à la hollandaise, un aquarium sans animaux mais avec exclusivement des végétaux.

Les cristaux de rutile ont cristallisé sur un substrat jaune que l’on observe encore. L’échantillon est âgé d’environ 550 millions d’années. Un cristal de quartz a ensuite enrobé ces structures, les préservant à jamais. En l’absence du quartz, ces dernières auraient vraisemblablement succombé aux coups de marteau des mineurs qui l’ont extrait, probablement au XVIIIe siècle.

François Farges

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