Fossile

Radiolaire spumellaire

Spongatractus sp.

Victor Hugo a magnifiquement décrit l’importance de la « neige » planctonique s’accumulant au fond de l’océan sous la forme d’une boue blanchâtre et dans laquelle on découvre des squelettes d’une variété de formes infinie qui associent la sphère, l’étoile, le triangle, le tambour, le filament.

Radiolaire spumellaire - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN

« On pourrait dire que c’est à l’infiniment petit que commence l’énormité de la mer » et, parlant des squelettes qui s’y accumulent : « Que fait cet être ? Il bâtit sous l’eau des continents », comme si le poète avait deviné que ces sédiments, un jour, allaient se retrouver en haut des chaînes de montagnes. Et, encore plus loin : « Il y a plus d’étoiles dans le ciel que d’infusoires dans la mer. Dans le ciel, le polycistinée [radiolaire] s’appelle soleil. »

La plupart des espèces de ce microzooplancton océanique possède un squelette interne siliceux. Il abonde dans les zones riches en nutriments, telles les remontées d’eaux froides.

Ces micro-organismes inspirent le poète comme ils inspirent les architectes, en particulier ceux de l’Art nouveau, comme René Binet (1867-1911) avec sa porte monumentale créée pour l’Exposition universelle de 1900, qui était une copie d’une espèce de radiolaire. Plus récemment, Antoni Gaudí s’en inspira pour la Sagrada Família. 

Patrick De Wever

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