Comment date-t-on en préhistoire ?

Fossile, objet du quotidien ou représentation artistique… Pour remonter
le temps et connaître l’âge d’une découverte, les chercheurs disposent
de plusieurs techniques. Plus elles progressent, plus elles permettent
de préciser la période d’origine des traces préhistoriques.

Datation relative

Jusqu’au début des années 1950, la seule manière d’obtenir des informations sur un vestige mis au jour était d’observer son environnement géologique, notamment la succession des couches (ou strates) de sédiments qui l’entourent, une méthode baptisée stratigraphie. Parce qu’elles se sont superposées au fil du temps, ces strates archéologiques racontent une chronologie des événements. Ainsi, un objet archéologique ou un fossile trouvé dans un niveau supérieur sera logiquement plus récent que celui découvert dans un niveau inférieur. « Plus récent que », « moins récent que » : cette manière de dater les objets les uns par rapport aux autres est qualifiée de datation relative. 

Si elle permet de se faire une idée de l’ancienneté d’un vestige, la datation relative ne peut fournir de date précise. Parfois, elle peut même induire les chercheurs en erreur si un événement, comme un glissement de terrain ou des travaux de construction, a bouleversé les strates. L’objet peut aussi être découvert hors de son contexte archéologique. 

Datation absolue…

Lorsque c’est possible, la physique et la chimie peuvent aider les spécialistes à dater les vestiges avec plus de précision. Ainsi, les progrès des connaissances en matière de radioactivité ont permis de mettre au point des méthodes de datation dite « absolue » qui ont révolutionné notre capacité à mesurer le temps passé

Parmi elles, la méthode du carbone-14 est la plus connue. Son principe ? Évaluer la quantité de cet atome radioactif naturel présente dans un échantillon d’origine organique (bois, tissu humain ou végétal, os, cuir, etc.). Produit dans la haute atmosphère de notre planète, le carbone-14 est absorbé par tous les êtres vivants, mais il disparaît ensuite progressivement après leur mort. Tous les 5 730 ans, le nombre de ces atomes se réduit de moitié jusqu’à disparaître presque totalement au bout d’environ 50 000 ans. En mesurant la quantité résiduelle de C-14 dans un objet ou un fragment archéologique, par exemple un charbon de bois, il est donc possible de déterminer l’âge de la mort de l’organisme dont il provient, jusqu’à - 50 000 ans. 

D’autres méthodes radiométriques remontent plus loin encore, comme la mesure de la présence de thorium-230 dans les carbonates de grotte (jusqu’à – 500 000 ans) ou d’argon-40 dans les minéraux volcaniques (jusqu’à plusieurs milliards d’années en arrière). Les préhistoriens ont aussi un large panel d’autres techniques dans leur boîte à outils, comme la dendrochronologie (comptage des cernes de croissance d’un arbre), par exemple pour dater une pirogue, ou la thermoluminescence (analyse d’un matériau chauffé pour les minéraux qui ont été soumis au cours de leur histoire à forte température), pour dater les poteries.

Pas de certitudes

Selon la nature et le contexte géologique des échantillons à dater, un type de méthode s’impose. Lorsque c’est possible, les experts en combinent plusieurs pour vérifier leurs chronologies, car même si les techniques de datation absolue permettent de déterminer une période temporelle, elles comportent des marges d’erreur. Comme toujours en préhistoire, il demeure donc une part d’incertitude… Mais les progrès réguliers en matière de datation font indubitablement progresser nos connaissances de la chronologie de l’aventure humaine.

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