Biographie

Charles Plumier (1646-1704)

Botaniste de terrain et fin observateur du monde vivant, Charles Plumier est également un dessinateur de talent, qui a consacré la plus grande partie de sa vie à décrire et représenter des plantes et des animaux observés aux Antilles.

Un botaniste talentueux

Charles Plumier, Clematitis indica latifolia dans la Description des plantes de l'Amérique (1693)

C0 Domaine public

Né à Marseille en 1646, Charles Plumier est d’abord formé par les religieux du Couvent des Minimes aux mathématiques et aux sciences physiques, mais il se tourne rapidement vers l’histoire naturelle, se lançant dans l’étude de la botanique avec un grand enthousiasme.

Il impressionne tellement ses supérieurs, tant par ses talents de botaniste que de dessinateur et de graveur qu’il est engagé, en 1689, comme naturaliste à bord d’une expédition vers les possessions françaises des Antilles pour collecter des spécimens d’histoire naturelle. L’immense succès de son voyage, suivi par deux expéditions aux Antilles, lui assure un revenu à vie et lui vaut le titre de Botaniste du roi.

Souvent malade et toujours préoccupé par l’édition de son œuvre, le père Plumier passera les dernières années de sa vie dans sa cellule du Couvent des Minimes de la Place royale de Paris à compiler ses notes et ses dessins et à préparer ses manuscrits pour l’édition. Alors qu’il s'apprêtait à embarquer vers le Pérou pour identifier l’arbre qui produit de la quinine, il est victime d’une attaque de pleurésie et meurt le 20 novembre 1704 à l’âge de 58 ans.

Charles Plummier, "Le brochet de rivière"

© Bibliothèque du Muséum national d'Histoire naturelle

La collection de manuscrits et de dessins

Charles Plumier, illustration de Filix Crenis Rotundis, dans Traité des Fougères de l'Amérique, 1705

CC BY-SA 4.0 Bnmanioc

L'héritage de Charles Plumier est parvenu jusqu'à nous grâce à un ensemble remarquable de dessins et de manuscrits conservés dans les collections de la Bibliothèque centrale du Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Sur près de 6 000 dessins, environ 4 300 sont consacrées aux plantes, 1 550 aux animaux.

De son vivant, les dessins de Charles Plumier étaient renommés en raison de leur précision scientifique. Ils rendent compte des observations du naturaliste sur le terrain, affinées par l’analyse au microscope à l’aide de lentilles qu’il avait perfectionné lui-même. D’emblée considérés comme particulièrement importants, les dessins de Plumier ont été cités, copiés, étudiés par de grands botanistes tels Sébastien Vaillant, Joseph Pitton de Tournefort, Bernard puis Antoine-Laurent de Jussieu, Carl von Linné.

En 1698, Plumier avait indiqué que ses dessins pourraient remplir dix livres sur les plantes, équivalents à celui qu’il avait déjà publié, et deux autres sur les animaux. Cependant, les deux publications que Plumier a pu mener à bien de son vivant ne présentent qu’une petite partie de ses dessins de botanique. À sa mort, en 1704, si Plumier avait achevé la préparation d'un troisième ouvrage qui paraîtra en 1705, les manuscrits de zoologie sont restés inédits, de même qu’une partie de ses travaux de botanique.

Estampe de Sphéroïde tuberculé (Spheroides spengleri) in Bernard-Germain-Etienne Lacépède, Histoire naturelle des poissons,1800, tome 2. Estampe

© Muséum national d'Histoire naturelle, Bibliothèque d'ichtyologie

Les dessins zoologiques montrent des spécimens entiers et diverses vues anatomiques détaillées. Parmi les dessins zoologiques conservés à la Bibliothèque centrale du Muséum à Paris, les mollusques (bivalves, gastéropodes, chitons et nudibranches) sont les plus représentés (avec 567 dessins), suivis par les poissons d’eau de mer et d’eau douce (faisant l’objet de 345 planches séparées de spécimens entiers), sans compter les nombreux dessins illustrant des détails anatomiques. Les oiseaux sont représentés par 215 dessins ; les amphibiens (grenouilles) et reptiles (serpents, lézards, tortues et un crocodile) forment 360 planches (la plupart étant des croquis anatomiques détaillés). Les mammifères (comprenant des chauves-souris, un opossum, un éléphant, un dauphin et un marsouin) sont illustrés par 10 dessins. 46 autres planches sont consacrées à divers mollusques invertébrés. 

Charles Plumier, Matajuel blanc (Malacanthus Plumieri), Encre et aquarelle sur papier

© Muséum national d'histoire naturelle, Bibliothèque Centrale

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