Momie

Indien brésilien

Les guerriers Mundurucu du Rio Tapajos décapitaient leurs ennemis et préparaient des trophées attestant leur bravoure.

Tête humaine - Indien brésilien (Brésil), Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - J.-C. Domenech

Les Mundurucu (ou Wuyjuyu) formaient une ethnie belliqueuse redoutée, effectuant régulièrement des raids contre leurs voisins, principalement les Parintintin (Cawahib). Ils enlevaient femmes et enfants et décapitaient les hommes dont les têtes devenaient des trophées.

Le guerrier préparait lui-même la tête de sa victime, inconnue et dépourvue d’identité, d’abord en lui imposant une coiffure de style mundurucu. La momification s’opérait par lavage, enfumage, application d’huile végétale et de rocou, évulsion des dents, des yeux, extraction du cerveau par le trou occipital. Les orbites étaient emplies de cire, aveuglant symboliquement la tête. La préparation s’effectuait au cours d’un cycle rituel de trois ans, conférant force et prestige au titulaire, qui portait le trophée sur lui pendant tout le cycle. Après quoi, il perdait de sa puissance spirituelle et était écarté : un nouveau cycle guerrier recommençait.

De telles têtes suscitèrent un attrait considérable, présentes dans les cabinets de curiosités dès le XVIIIe siècle, puis dans de nombreux musées du monde. La tête conservée au Muséum a été offerte par le médecin-anthropologue Franz Prüner-Bey en mai 1868.

Serge Bahuchet

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