Crâne surmodelé

Crâne-relique

Au sud de l’île de Malekula, dans le Pacifique Sud, les crânes des personnalités importantes sont prélevés après leur décès pour être conservés comme reliques.

Crâne-relique, provenance du Vanuatu, Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - J.-C. Domenech

À sa mort, le corps d’un initié de haut rang est laissé à décomposer sur une plate-forme, jusqu’à ce que la tête s’en détache. Le crâne est alors nettoyé, placé dans une fourmilière, puis le visage est modelé pour en reconstituer les traits distinctifs, confondant la personnalité du défunt avec celle du personnage mythique qu’il devient. La tête surmodelée est ensuite fixée sur un mannequin en tronc de fougère et bois. Cette effigie, le rambaramp, assiste elle-même à sa propre cérémonie funéraire. On la dispose dans la maison des hommes, où elle se décomposera au fil du temps. À la fin, la tête seule est conservée dans la toiture.

Le géologue et géographe Edgar Aubert de La Rüe effectua deux très amples missions aux Nouvelles-Hébrides en 1934 et en 1935-1936, dont il a rapporté de nombreuses collections d’histoire naturelle et d’ethnographie pour le Muséum, parmi lesquelles plus de 700 objets provenant des diverses îles du Vanuatu actuel et plusieurs crânes surmodelés que Paul Rivet, directeur du musée de l’Homme, affecta au département d’Anthropologie à leur arrivée, en 1934. Les objets sont quant à eux désormais conservés au musée du quai Branly.

Serge Bahuchet

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