Thylacine (ou Loup marsupial)

Comme de très nombreuses espèces de marsupiaux, le Thylacine a souffert de la concurrence avec les mammifères placentaires introduits par l’Homme en Australie, Nouvelle-Guinée et Tasmanie. Le dernier individu est mort en captivité en 1936.

À écouter

Écoutez l'histoire du tigre de Tasmanie racontée par Jacques Cuisin, délégué à la conservation au Muséum.

 

D'autres histoires fabuleuses sur nos collections sont à retrouver dans Les Curieuses histoires du Muséum, un podcast original co-produit par France Culture et le Muséum national d'Histoire naturelle.

De la découverte à l'extinction du Thylacine

Francis de Castelnau est un voyageur expérimenté. Formé en entomologie au Muséum, il part d’abord en Amérique du Nord, puis du Sud, et n’arrivera à Melbourne qu’en 1862, comme consul de France. Tout au long de sa vie, il enverra des spécimens au Muséum, surtout entomologiques mais aussi d’autres taxons.

Le Thylacine exposé en Salle des espèces disparues ou menacées provient évidemment de la période australienne de la vie de Castelnau, mais les circonstances de sa collecte ne sont pas connues.

Il faut dire que durant le dernier quart du XIXe siècle, le Thylacine n’est déjà plus si commun, car victime depuis plus de 50 ans de représailles acharnées de la part des colons européens qui l’accusent d’attaquer leurs troupeaux. Les naturalistes collectent tout de même ces drôles de marsupiaux, dont la convergence morphologique et écologique avec le loup est frappante. Si les aborigènes le connaissent depuis des milliers d’années, la science occidentale ne l’accueillera qu’en 1808 grâce à la description faite par Georges Harris.

À l’origine largement répandu en Australie et Nouvelle-Guinée, l’animal a d’abord été concurrencé dans ses biotopes favoris par les dingos, introduits par les navigateurs austronésiens entre 3000 et 4000 ans. Disparu d’Australie et de Nouvelle-Guinée il y a quelque 2000 ans, les dernières populations de l’espèce se trouvent en Tasmanie lorsque les anglais y arrivent au XVIIIe siècle. Avec les européens, l’introduction des chats, chiens et renards va contribuer à son déclin.

La concurrence avec ces nouveaux mammifères s’exerce non seulement au niveau du succès de capture des proies, mais aussi, et surtout, au niveau de la reproduction. Car le Thylacine est un marsupial, et les 2-3 jeunes que la femelle met au monde nécessitent un temps de développement considérablement plus long que celui des 4 ou 8 jeunes issus des renards ou des dingos, mammifères placentaires, à la stratégie de reproduction et de survie des jeunes plus performante. De même, les capacités cognitives des placentaires sont plus développées que celles des marsupiaux, qui s’avèrent moins adaptés pour repérer et capturer leurs proies surtout lorsque celles-ci se raréfient.

Chassé par l’homme, bousculé par les renards, les chiens errants et dispersé par la réduction de son habitat naturel sous l’effet de la déforestation, le dernier Thylacine sauvage a été abattu en 1930, et le dernier individu est mort au zoo de Hobart en 1936, 122 ans seulement après la description de l’espèce...

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