Objet d'art

Grande table des Orsini

En 1745, Buffon décide d’ouvrir au public le Cabinet du roi pour en faire le premier véritable Muséum d’histoire naturelle. Il n’aura de cesse de l’enrichir de pièces extraordinaires, dont ce chef-d’œuvre de la Renaissance italienne serti de pierres précieuses.

Grande table des Orsini - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - J.-C. Domenech

Entre guerre défensive et paix retrouvée, cette table commémore la bataille de Lépante (1571), qui opposa les Ottomans à la chrétienté. Le plateau est incrusté de pierres fines qui composent un décor présentant une myriade d’oiseaux porteurs de rameaux et de fleurs, symboles de vie et de paix. On y voit, ici et là, quelques insectes : ces prédateurs des fleurs symbolisent la mort ainsi que la résurrection chrétienne à travers les lépidoptères qui, de chenille rampante, se métamorphosent en papillon virevoltant.

Pour obtenir des faveurs de la France, les Orsini donnèrent la table au cardinal Mazarin en 1659. Rachetée en 1665 par Colbert pour la couronne de France, elle orna le palais des Tuileries puis celui du Louvre, avant de passer de mode au XVIIIe siècle. Louis XV la céda en 1748 à Buffon pour qu’elle rejoigne le Cabinet du roi.

Elle constitue depuis l’un des chefs-d’œuvre des collections de minéralogie du Muséum. Son unicité réside dans ses dimensions imposantes, sa matrice en marbre blanc de Carrare, la richesse de ses décors et ses pieds en dauphins de bronze, seuls exemples actuellement connus de tels piétements pour le XVIIe siècle.

François Farges

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