Squelette

Rorqual bleu

Balaenoptera musculus (Linnaeus, 1758)

Le rorqual est l’un des plus gros mammifères qui nous est connu et sans doute l’un des plus populaires.

Rorqual bleu

Rorqual bleu exposé dans la Grande Galerie de l'Évolution

© MNHN - J.-C. Domenech

L'espèce des superlatifs

On ne peut douter du dessein de Georges Pouchet, lorsqu’il part en exploration dans l’extrême nord de la Norvège. Georges Pouchet est en effet l’un des concepteurs de la Galerie d’Anatomie Comparée et en particulier du « Cetaceum », une scénographie pionnière pour exposer la diversité des grands mammifères marins, une scénographie inchangée depuis l’inauguration de la Galerie d’Anatomie Comparée et Paléontologie en 1898.

Ce spécimen, une femelle, appartient à la sous-espèce nominale, répartie en Atlantique et Pacifique nord. Georges Pouchet en a collecté le squelette en 1881 et l’a acheminé jusqu’au Muséum, mais il aura fallu encore bien des années de préparation fine avant que l’assemblage ne puisse en être effectué.

Rorqual bleu

Rorqual bleu exposé dans la Grande Galerie de l'Évolution

© MNHN - J.-C. Domenech

À l’époque de cette collecte, l’espèce est encore relativement abondante, même si l’industrie baleinière a connu une véritable révolution avec l’invention du canon-harpon en 1868, qui permet aux navires baleiniers, désormais mus par hélice et non plus à la voile, de multiplier les prises : jusqu’à 30 individus en quelques semaines, alors qu’il fallait entre 13 et 16 mois pour en faire autant dans les années 1830. L’invention du navire usine, dont le premier est lancé en 1923, va précipiter l’espèce vers l’extinction : plus de 2000 individus traités en une seule campagne ! À ce rythme, les populations mondiales de Rorqual bleu, estimées aux alentours de 250 000 individus vers 1900, s’effondrent en moins de 40 ans : l’extinction de l’espèce se profile dans le désintérêt général… ou presque : en 1966 sont adoptées les premières mesures de protection pour l’espèce. Et pourtant… l’avenir du plus grand animal ayant jamais existé sur Terre s’annonce bien sombre, si ce n’est noir.

Avec une masse comprise entre 75 et 130 tonnes, une longueur de 20 à 25 mètres, avec un maximum de plus de 33 mètres, soit plus que 3 autobus accolés, le Rorqual bleu n’attire que les superlatifs. Mais cette exception fait aussi sa fragilité, qui lui a en particulier valu la chasse effrénée qu’il a eu à subir. Le mouvement de protection, initié depuis près de 60 ans, commence (enfin !) à porter ses fruits, car les effectifs de cette espèce qui ne se reproduit que tous les 2 à 3 ans selon les conditions environnementales, manifestent depuis 2 à 3 ans une tendance à la stagnation, si ce n’est à la hausse !

Il ne s’agit certes pas d’une victoire absolue, mais bel et bien d’une première étape vers la lente remontée des effectifs.

Alors, le Rorqual bleu … une espèce sauvée des exactions humaines ? Un message d’espoir indéniable, voire inespéré ; ne relâchons pas nos efforts !

À écouter

Écoutez l'histoire du grand rorqual racontée par Jacques Cuisin, délégué à la conservation au Muséum.

D'autres histoires fabuleuses sur nos collections sont à retrouver dans Les Curieuses histoires du Muséum, un podcast original co-produit par France Culture et le Muséum national d'Histoire naturelle.

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