Angiosperme (plante à fleurs)

Mimosa

Acacia dealbata

Le mimosa est une plante qui fait partie du genre Acacia. Le "mimosa des fleuristes", aussi appelé "mimosa d’hiver" en France, a pour nom scientifique Acacia dealbata. Avec une floraison qui illumine les jardins et son odeur délicate, cette plante n’en reste pas moins un danger pour la biodiversité car elle est considérée comme envahissante. Elle fait aujourd’hui l'objet de controverses dans le sud de la France.

Une plante exotique

Mimosa, Acacia dealbata, au Jardin des Plantes

© MNHN - A. Iatzoura

Le mimosa jaune (Acacia dealbata) fait partie du genre des Acacia, qui comprend plus de mille espèces dans le monde, vivant presque toutes à l’état naturel en Australie. Le mimosa jaune tire donc ses origines du Sud-Est de l’Australie (Nouvelle Galles du Sud, État de Victoria, et la région de la Tasmanie), avant d’être introduit en Angleterre en 1770 par l’explorateur James Cook. 

Il sera ensuite importé en France en 1804 à la suite de l’expédition Napoléonienne en Australie (1800-1804) et planté dans le parc de la Malmaison, en Île-de-France.

En 1821, la plante est décrite par le botaniste allemand Heinrich Friedrich Link. Elle est alors nommée dealbata, qui signifie "blanchi", en référence à la pruineInfobulleFine pellicule naturelle cireuse, trouvée à la surface de certains fruits ou champignons. blanche que l'on retrouve sur les rameaux et le feuillage.

Il faudra ensuite attendre 1864 pour que le mimosa jaune prenne racine dans le sud de la France, sur la Côte d’Azur, grâce au pépiniériste G. Nabonnand qui va l’installer dans de nombreuses propriétés de nombreux nantis autour de Cannes. Dès lors, cette plante va massivement être plantée dans cette région, que ce soit pour ses qualités ornementales, ou pour l’exploitation de ses fleurs et de son bois. Certaines villes de la région, comme Bormes-les-Mimosas, tirent même leur renommée des floraisons extraordinaires qui l’entourent.

Le climat local est idéal : la Côte d’Azur a des températures élevées en été, une certaine humidité en hiver et des températures basses rarement inférieures à 0° C, rappelant le climat des hauts plateaux de la Tasmanie. Qui plus est, les étés secs et les incendies fréquents favorisent la germination des graines de mimosa, ce qui participe à son extension dans la région. 

Une plante devenue envahissante

Néanmoins, avec le temps, ces peuplements de mimosa se sont densifiés et menacent aujourd'hui les écosystèmes locaux.

En effet, le mimosa est en concurrence directe vis-à-vis de certaines espèces locales. Il empêche ainsi les graines des autres espèces de germer à la fin de l’hiver et se reproduit de manière efficace, que ce soit par graines ou par rejetons de racines (les "drageons").

De plus, il modifie considérablement les milieux qu’il occupe. Avec son système racinaire superficiel, ses capacités de fixation d’azote et son feuillage inflammable, il entraine une érosion et une acidification du sol, tout en favorisant les incendies. On dit que cette espèce est "pyrophyte", c'est-à-dire qu'elle présente des adaptations morphologiques et physiologiques lui permettant de survivre, de résister ou même de tirer profit des incendies. Ces végétaux possèdent des stratégies de régénération après un feu comme l'épaississement de l'écorce ou la germination stimulée par la chaleur.

En l’absence de ravageurs et de freins à son développement, la gestion du mimosa est un réel enjeu pour la préservation de la biodiversité. Il est d’ailleurs classé aujourd’hui comme une Espèce Exotique Envahissante (EEE) en Europe et fait l’objet de différents programmes de luttes.

Un mélange des genres !

À cause d’une confusion liée à l’usage courant, les noms de certaines plantes ont été mélangés. Ainsi, ce que l’on appelle communément "mimosa" appartient en fait au genre Acacia, tandis que les "acacias" appartiennent au genre Robinia ! Comble de l’histoire, les espèces qui appartiennent en effet au genre Mimosa ne sont pas ce que l’on appelle des mimosas chez le fleuriste, mais les "sensitive"... 

Comment reconnaître le mimosa jaune ?

Mimosa, Acacia dealbata, au Jardin des Plantes

© MNHN - A. Iatzoura

Le mimosa jaune peut mesurer jusqu’à 15 mètres de haut en culture et jusqu’à 30 mètres à l’état sauvage. Il possède des feuilles ayant l’aspect d’une plume d’un vert bleuté avec une légère pruine blanche que l’on retrouve aussi sur ses rameaux.

Le mimosa fait de très petites fleurs, avec des pétales à peine visibles. De janvier à mars, on distingue surtout les "pompons" d’un jaune vif qui sont constitués de nombreuses et longues étamines jaunes, l’organe reproducteur mâle des plantes à fleurs. Ce sont ces étamines qui sont odorantes et qui parfument les jardins !

Le mimosa, une légumineuse !

Contrairement aux apparences, le mimosa produit des fruits qui le rattachent aux légumineuses. En effet, juste après sa floraison, le mimosa produit des gousses aplaties qui mesurent environ 7 cm et qui passent du vert au brun une fois mûres. Attention, ces pois ne sont pas comestibles, contrairement aux fleurs qui ont un goût acidulé !

Un mimosa éternel

L’Acacia terminalis, décrit en 1799 par le botaniste Étienne-Pierre Ventenat, est un autre exemple d’espèce de mimosa ayant participé à la renommée de la Côte d’Azur au XIXe siècle. Il fut immortalisé par Pierre-Joseph Redouté au format de vélin, aujourd’hui dans les collections du Muséum.

Pierre-Joseph Redouté (1759 -1840), Mimosa botrycephala (Ventenat), Nouvelle Hollande / Acacia discolor (Will.), fin 18e siècle – début du 19e siècle, aquarelle sur vélin

© Muséum national d’Histoire naturelle, Collection des Vélins, portefeuille 54, folio 15. Cliché Tony Querrec - RMN
  • Clade

    Rosidées (Rosanae) 

    Ordre

    Fabales

    Famille

    Légumineuses (Fabaceae)

    Genre

    Acacia

    Durée de vie

    50 à 60 ans

    Statut de conservation UICN

    Préoccupation mineure

Cet article a été rédigé par Victoria Briand, rédactrice au Muséum national d'Histoire naturelle.

Relecture et contribution

Erwan Le Bec

Chargé de mission étiquetage du Jardin des Plantes, au Muséum national d'Histoire naturelle

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