Poisson osseux

Killi du Péloponnèse

Valencia robertae

Petit poisson grec en danger critique d’extinction, le killi du Péloponnèse vit dans des rivières malmenées et polluées. Il fait aujourd’hui l’objet d’un programme de conservation. 

À peine découvert, déjà en danger

Killi du Péloponnèse (Valencia robertae) au Parc zoologique de Paris

© MNHN - G. Balemboy

Ce n’est qu’en 2014 que le killi du Péloponnèse est identifié et décrit par les scientifiques. Ce petit poisson, mesurant environ 3 à 4 cm, est un habitué des eaux du Péloponnèse, dans le sud de la Grèce. Malheureusement, avec le détournement des rivières pour l’irrigation des champs, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, et la pollution croissante de l’eau, leur espace de vie est particulièrement menacé. En effet, ce petit animal endémique de quelques bras de rivières grecs a vu disparaître en quelque années deux de ses habitats historiques (rivières Pinios et Mornos).

C’est pour ces raisons que l’UICN classe le killi du Péloponnèse comme étant en "danger critique d’extinction" presque dès sa découverte. Actuellement, cette espèce ne survit plus que dans le réseau de zones humides près de la ville d’Astakos ainsi qu’en aval du réseau hydrographique des rivières Achelous, Evinos et Mornos. Les suivis de terrain menés entre 2008 et 2015 ont mis en évidence une réduction de la taille de la population de 91 % en sept ans.

Distinguer le mâle de la femelle

Les killis mâles et femelles ont une couleur d’un brun jaunâtre, avec des reflets bleutés. La femelle killi se distingue par l’absence presque totale de stries sur le flanc, tandis que le mâle a des stries bleutées d’autant plus visibles en période de reproduction. Plus le killi mâle est grand, plus il a de stries.

L’action du Muséum

Killi du Péloponnèse (Valencia robertae) au Parc zoologique de Paris

© MNHN - G. Balemboy

En 2026, le Parc zoologique de Paris rejoint le programme d’élevage européen de l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) dédié à la conservation de cette espèce. Dans ce cadre, il accueille une trentaine d’individus venus tout droit du Zoo de Bristol dans le but de faire se reproduire ces petits animaux et d’établir une nouvelle population captive de sécurité. Ainsi le nombre d’institution hébergeant une population captive de cette espèce est montée à 6 pour un total d’environ 600 individus. 

À terme, le programme vise à stabiliser une population viable, afin d’organiser de futurs relâchers dans des milieux naturels une fois qu’ils auront été restaurés. Ces actions ont pour finalité de renforcer l’infime population sauvage de killis du Péloponnèse encore vivante dans la nature et ainsi d’offrir de meilleures perspectives de conservation pour l’espèce.

Trois espèces de Valencia

Il existe trois espèces connues de poissons osseux Valencia. Autres que le killi du Péloponnèse, on retrouve le Valencia hispanica nageant dans les eaux espagnoles, et Valencia letourneuxi, aussi menacé d’extinction pour cause de disparition de son habitat, de l’Albanie à la Grèce. Ce dernier est bien plus grand que Valencia robertae car il mesure jusqu’à 8 cm. Jusqu’en 2014, Valencia robertae était assimilée à V. letourneuxi mais une étude morphologique et génétique plus poussée a permis de mettre en évidence que les animaux vivant dans certains réseaux de zones humides du Péloponnèse appartenaient en réalité à une autre espèce.

  • Classe

    Actinoptérygiens

    Ordre

    Cyprinodontiformes

    Genre

    Valencia

    Espèce

    robertae

    Taille

    3 à 4 cm

    Alimentation

    omnivore avec une forte tendance insectivore

    Durée de vie

    entre 3 et 4 ans en moyenne

    Zone de répartition

    Grèce

    Habitat

    Rivière

    Statut UICN

    Danger critique d'extinction

Cet article a été rédigé par Victoria Briand et Guillaume Crest, rédacteurs au Muséum national d'Histoire naturelle.

Relecture scientifique

Olivier Marquis

Biologiste et curateur des reptiles, amphibiens et arthropodes au Parc zoologique de Paris

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