Diable de Tasmanie
Mammifère

Diable de Tasmanie

Sarcophilus harisii

Plus grand marsupial carnivore, le diable de Tasmanie est connu pour ses dents acérées capables de briser des os. Carnivore opportuniste, il aime les bains de soleil et patauger dans l’eau.

Diable de Tasmanie

Diable de Tasmanie (Sarcophilus harisii)

© J. Stone - stock.adobe.com

Des diables carnivores

Les diables de Tasmanie chassent peu, mais à l’inverse se partagent souvent des carcasses qu’ils trouvent sur le chemin. Essentiellement nocturnes, ces animaux marchent jusqu’à 9 km par nuit pour se sustenter de wallabies, oiseaux, reptiles ou amphibiens. Opportunistes, ils mangent ce qu’ils trouvent là où ils sont. Par exemple, dans les zones d’élevage, ils mangent parfois des restes de bétail comme du mouton.

Jeunesse du diable de Tasmanie

Les diables de Tasmanie sont polygames. Les femelles vont solliciter les mâles lors de la période de reproduction et peuvent s’accoupler avec plusieurs d’entre eux durant ce moment. Cela peut faire que les jeunes d’une même portée ont des pères différents.

Il peut y avoir jusqu’à 30 petits par portée ! La mère ne possédant que 4 tétines, nombre d’entre eux meurent car ils ne peuvent pas être nourris. Ils sortent de la poche vers 3,5 mois (16 semaines) mais continuent de têter occasionnellement et sont sevrés entre 5 et 7 mois. Jeunes, les diables de Tasmanie sont très agiles et peuvent grimper aux arbres.

Un animal particulièrement agressif ?

Diable de Tasmanie

Diable de Tasmanie (Sarcophilus harisii)

© inna - stock.adobe.com

À première vue, l’agressivité semble organiser les comportements du diable de Tasmanie. En effet, la femelle est agressive lorsqu’elle choisit le mâle pour se reproduire, des combats sont fréquents entre diables et les repas se font souvent dans le chaos.

Si le diable de Tasmanie est vu comme une terreur violente, c’est avant tout parce qu’il a des rituels alimentaires brutaux et qu’il réagit souvent par peur. D’extérieur, les petits ont l’air de se mordre et font beaucoup de bruit lorsqu’ils jouent, mais en réalité ils ne font que s’entrainer pour les rituels liés aux repas.

Le diable de Tasmanie menacé

Une grande menace pour le diable de Tasmanie est la déforestation, qui détruit son habitat naturel. Il est aussi régulièrement renversé par des voitures ou chassé par des fermiers. Autre que ces menaces liées à l’activité humaine, le diable de Tasmanie est sujet à une tumeur faciale très contagieuse qui fait décliner le nombre d’individus. Cette maladie, qui se propagerait par la morsure, est la plus grande menace qui pèse sur lui. Avec le ténia, ce sont les principales maladies qu’il peut attraper.

"Sauvez le diable de Tasmanie"

Diable de Tasmanie

© D. Clode - Unsplash

Fin XIXe, de nombreux efforts ont été faits pour éradiquer le diable de Tasmanie, considéré comme un nuisible pour les bétails. Si sa population a fortement décru à cette période, le gouvernement australien le protège depuis 1941. Sa population a augmenté depuis, mais la maladie de tumeur faciale transmissible a encore porté un coup à cette population vulnérable. Le nombre de diables de Tasmanie est passé de 140 000 à 20 000 individus en quelques années.

En 2003, le programme "Save the Tasmanian Devil" (sauvez le diable de Tasmanie) a vu le jour et la maladie régresse. Pour se faire, des animaux ont été prélevés dans la nature pour créer une population saine de réserve avant qu'ils ne soient atteints par la maladie. Ce sont les descendants de ces individus qui peuvent être relâchés aujourd'hui.

L’espèce des diables de Tasmanie est toujours classée "en danger d'extinction" par la liste rouge de l'IUCN, et sa population est toujours en déclin. La maladie est toujours présente et n'a pas été éradiquée.

Le saviez-vous ?

Le diable de Tasmanie tire son nom du bruit qu’il effectue lorsqu’il s’alimente sur une carcasse. En groupe, leurs grondements, reniflements, aboiements mêlés aux craquements d’os durant la nuit sont "assez forts pour réveiller les morts".

Article rédigé en juillet 2023. Remerciements à Elodie Rey, Gestionnaire de Collections et Aude Bourgeois, Directrice de la Ménagerie au Muséum national d’Histoire naturelle, pour leur relecture et leur contribution.

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