Qu'est-ce qu'un vélin ?

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Publié le 12 octobre 2026

Parchemin traditionnellement réalisé à partir d’une peau de veau, le terme « vélin » désigne tout d’abord un support permettant la réalisation de manuscrits ou de peinture. Par extension, on désigne du nom de « vélin » des pièces réalisées sur ce type de support. C’est le cas des quelques 7 000 planches naturalistes composant la Collection des vélins du Muséum, témoignage unique du dialogue entre sciences et arts. 

Le vélin, un support précieux

Bananier (Musa × paradisiaca), Madeleine Françoise Basseporte (1701 - 1780)

© MNHN - Direction des bibliothèques et de la documentation

Historiquement, le vélin désigne un support rare, de haute qualité, conçu à partir de la peau d’un jeune animal ou un animal mort-né, généralement un veau. Il s’apparente à un parchemin très blanc, fin et translucide. Il était réservé aux manuscrits les plus prestigieux : textes religieux, enluminures, ouvrages scientifiques ou diplomatiques.

Sa surface lisse permet un tracé précis, idéal pour représenter des détails avec une grande minutie, ce qui en fait un support privilégié pour la représentation naturaliste. Ce parchemin d’une grande blancheur permet également de fixer et de conserver les pigments dans tout leur éclat.

Les artistes composent, sur ce parchemin, leur dessin, avant de le mettre en couleurs à la gouache, à l'encre, ou depuis la toute fin du 18e siècle, à l'aquarelle.

De Versailles au Muséum, un outil pour transmettre

Vélin de Gaston d'Orléans

© MNHN - Direction des bibliothèques et de la documentation

Au XVIIe siècle, le prince Gaston d’Orléans choisit le vélin pour faire représenter les plantes de son jardin de Blois et les oiseaux de sa volière. Le peintre Nicolas Robert en constitue le noyau initial, réalisant près de 700 vélins. Le roi Louis XIV, son neveu, hérite de ces peintures finement exécutées et fait poursuivre la collection par le même Nicolas Robert, nommé peintre du roi pour la miniature.

Sous le règne de Louis XV, deux peintres naturalistes signent la plupart des vélins : Claude Aubriet, peintre du roi pour la miniature de 1707 à 1742, et Madeleine Basseporte, titulaire de la fonction de 1742 à 1780. Logés au Jardin des Plantes, ils ont l’un et l’autre réalisé plusieurs centaines de vélins pour la collection.

Fleur de lune (Ipomoea alba, anciennement Ipomoea bona-nox), Pierre-Joseph Redouté

© MNHN - Direction des bibliothèques et de la documentation

À la Révolution en 1793, la collection de vélins jusqu’alors conservée à la Bibliothèque royale est transférée au jardin royal devenu Muséum national d’Histoire naturelle.

Dès 1793, Pierre-Joseph Redouté, surnommé le Raphaël des fleurs et spécialiste de la peinture sur vélin, réalise plus de 500 vélins exclusivement à l'aquarelle pour le Muséum ainsi que des dessins originaux pour de nombreux ouvrages scientifiques.

L’institution en fait un véritable outil de recherche et d’enseignement et enrichit largement la collection au fil des siècles.

Aujourd'hui, la collection des vélins reste un véritable outil de transmission des connaissances et une référence pour l’illustration scientifique.

Des normes spécifiques pour documenter la nature

Les vélins du Muséum fournissent une représentation, la plus fidèle possible, d’une plante ou d’un animal. Cette collection d’iconographie naturaliste donne à voir l’évolution des codes de l’image scientifique. Les sujets sont représentés seuls, le plus souvent d’après nature, avec une attention portée aux détails, aux textures et aux couleurs. Ils s’inscrivent le plus souvent dans un encadrement à la feuille d’or ou à la peinture dorée, qui participe de l’unité esthétique de la collection.

La peinture sur vélin, qu’elle soit à la gouache ou à l’aquarelle, est une discipline exigeante, qui requiert la maîtrise de compétences spécifiques, qui se sont transmises à travers les différentes générations d’artistes ayant œuvré au Muséum. Néanmoins, si la collection tire son nom du vélin, toutes les planches ne sont en réalité pas réalisées sur ce support ! Certaines ont en effet été peintes sur papier ou sur bristol, des matières moins précieuses mais qui ont pu être utilisées par les artistes, notamment sur le terrain.

Dans les coulisses de la Collection des vélins du Muséum

Les vélins du Muséum, une encyclopédie de la nature

Vidéo

Les vélins du Muséum, une encyclopédie de la nature avec Alice Lemaire, directrice des Bibliothèques et de la Documentation au Muséum

Video : Les vélins du Muséum, une encyclopédie de la nature

Catalogue de l’exposition Artistes au Muséum, 400 ans d’art et de science

  • Catalogue d’exposition
  • Muséum national d’histoire naturelle
  • Relié cartonné
  • 19,5 x 25,5 cm
  • 256 pages
  • 39 €
  • 18 septembre 2026

Cet article a été rédigé par Solweig Mary, rédactrice au Muséum national d'Histoire naturelle.

Relecture scientifique

Didier Geffard-Kuriyama

Dessinateur scientifique et responsable de l'Atelier Iconographie Scientifique (UAR 2047 DoHNÉE) au Muséum national d'Histoire naturelle.

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Alice Lemaire

Directrice des Bibliothèques et de la Documentation du Muséum national d'Histoire naturelle

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Alice Laforêt

Conservatrice des bibliothèques à la Direction des Bibliothèques et de la Documentation au Muséum national d'Histoire naturelle

Exposition-événement

Artistes au Muséum

À l'occasion des 400 ans du Muséum, découvrez nos collections d'art et explorez les liens profonds entre l'art et la science, depuis les explorations scientifiques jusqu'aux artistes contemporains, à travers plus de 300 œuvres exposées.

Du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027