Plan

Jardin du roi

Guy de La Brosse, médecin ordinaire du roi, consacra vingt ans de sa vie à la création à Paris d’un Jardin royal des plantes médicinales, surmontant les résistances de la faculté de médecine, qui revendiquait l’exclusivité de la formation des médecins.

Frédéric Scalberge, « Jardin du Roy pour la culture des plantes médicinales à Paris », 1636, gouache sur vélin, 55x72 cm, OA 912

© MNHN

Un an après l’édit royal de 1635 qui confirmait la fondation du Jardin, le plan gravé que La Brosse commanda à l’artiste Frédéric Scalberge avait donc valeur de manifeste.

La partie supérieure du plan, à gauche, porte les armes de Claude de Bullion, surintendant des Finances et ministre du roi Louis XIII, qui finança la création du Jardin. Ce plan est encore prospectif. Ce n’est qu’en 1639 que Guy de La Brosse obtint de l’archevêque la permission de disposer d’une chapelle, ici représentée entre le logis principal et la montagne « belle vue », notre actuel labyrinthe.

À son ouverture en 1640, le Jardin occupait le quart de sa surface actuelle. Il abritait plus de 2 000 plantes disposées selon les ressources du terrain. Il était bordé à l’est par le canal de dérivation de la Bièvre, qui avait eu pour fonction des siècles durant d’approvisionner en eau l’abbaye voisine de Saint-Victor et fut comblé en 1674. Le rarissime exemplaire du plan ici présenté, entièrement peint à la gouache, a été acquis par la bibliothèque du Muséum en 1894, à l’une des ventes de la collection Destailleur, célèbre amateur de topographie parisienne.

Julie Brault

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