La collection de Myriapodes du Muséum figure parmi les plus importantes au monde (avec celles de Londres, Chicago, Berlin, Vienne, Saint-Pétersbourg) pour l'ensemble des groupes qui la composent. Les spécimens proviennent du monde entier et appartiennent aux classes Pauropoda, Symphyla, Chilopoda (5 ordres) et Diplopoda (16 ordres), représentatifs de tous les types d'écosystèmes. 


Présentation
Près de 5 000 espèces de Myriapodes sont représentées au Muséum, dont un nombre considérable de types historiques et récents qui lui a valu son surnom de "La Mecque des Myriapodes". L'ensemble de la collection de Myriapodes est réuni dans près de 55 000 lots-échantillons comportant environ 350 000 spécimens. Les spécimens sont conservés dans des bocaux en alcool à 75° ou en préparations microscopiques sur lames.

Historique
Une véritable collection de Myriapodes est née avec le rassemblement, au XIXe siècle, des spécimens types de Gervais et de Lucas, puis, au cours de la première moitié du XXe siècle, avec la collection issu des travaux de H.W. Brölemann (de 1890 à 1935). Ce fonds Brölemann comporte un très grand nombre d'échantillons, dont beaucoup de types décrit par Brölemann lui-même, mais aussi des plus grands savants de l'époque (R. I. Pocock, F. Silvestri, R. V. Chamberlin, K. W. Verhoeff, C. Attems, O. Schubart). Après 1940, les collections se sont accrues de l'apport de legs au Muséum, telle la collection de Pauropodes de P. Remy ou les collections de Myriapodes de spécialistes, élèves de Brölemann et de l'école de Toulouse, comme J. Chalande et H. Ribaut. L'enrichissement et la gestion de la collection ont été ensuite le fait de B. Condé, J.-M. Demange, J.-P. Mauriès et M. Nguyen Duy-Jacquemin. Cet effort est poursuivi aujourd'hui au travers la conservation de la collection assurée par Jean-Jacques Geoffroy.
Les objets notables parmi les plus anciens de la collection sont les types de Diplopodes et de Chilopodes de Gervais et de Lucas. L'enrichissement de la collection est de quelques dizaines de spécimens à plusieurs milliers par an. Parmi les acquisitions récentes, les plus importantes sont des collections en provenance de Madagascar, de Guyane, du Brésil, de divers milieux extrêmes d'Europe (haute montagne, milieux souterrains profonds, forêts transformées) ainsi que de Chine et d'Asie du Sud-Est. Les apports nouveaux faisant l'objet d'études actuelles proviennent d'Asie du Sud-Est, de France continentale, de même que des expéditions menées en 2005 et 2006 à Clipperton et surtout à Santo (Vanuatu).

Activités
Les principaux domaines d'activité de recherche liés aux collections sont, d'une part, la systématique - taxinomie (description, inventaire, dénomination, classification) et phylogénie (interprétation des mécanismes de l'évolution et de la spéciation) -, d'autre part, l'écologie des communautés et les applications à la gestion de la biodiversité, de l'environnement, ainsi que l'expertise. Le service du prêt et du retour de matériel issu de ces collections est de première importance, de même que l'accueil de chercheurs du monde entier venant consulter la collection ou en poursuivre l'étude (invitations, Synthesys...).

Contacts
Jean-Jacques Geoffroy, chargé de gestion et responsable des prêts
geoffroy@mnhn.fr
Tél. 01 60 47 92 08MNHN DEGB
4, avenue du Petit Château
91800 Brunoy

llustrations
En bandeau : Scutigerella immaculata (Newport, 1845). Classe Symphyla, Famille Scutigerellidae. Ce micro-myriapode blanc translucide mesure de 5 à 8 millimètres de long et possède douze paires de pattes à l'état adulte. Il appartient à la mésofaune du sol et participe au fonctionnement des compartiments édaphiques et au renouvellement de la matière organique.

Ci-dessous : Lithobius forticatus (Linnaeus, 1758), Classe chilopoda, Ordre Lithobiomorpha, Famille Lithobiidae. Ce cliché illustre bien le rôle de super-prédateur que jouent les grands chilopodes dans les compartiments sols de nombreux écosystèmes où ils interviennent dans la régulation des populations de proies au sein des communautés de la mésophaune édaphique.