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Espèces menacées d’extinction : une protection par la réglementation du commerce international

Publié le 24 novembre 2025

Dans un quotidien marqué par les enjeux de préservation de notre environnement, comment protéger les espèces sauvages d’animaux et de plantes ? C’est la question au cœur de la mission de la CITES. Cette année encore, du 24 novembre au 5 décembre, la conférence internationale va encadrer, surveiller, réguler et parfois interdire le commerce mondial de ces espèces menacées.

Les analyses chiffrent le commerce légal CITES à près de 11 milliards entre 2016 et 2020 (source : CITES). Le commerce illégal, le trafic de faune et de flore sauvage était estimé à 15 milliards de dollars en 2016. Il est donc considéré comme le 4e trafic mondial le plus important et considéré comme supérieur au trafic d’armes. 

La CITES en quelques chiffres :

  • La CITES a lieu tous les 3 ans et cette année marque la COP 20, elle aura lieu à Samarcande en Ouzbékistan.
  • Elle rassemble aujourd’hui 183 pays signataires ainsi que l’Union Européenne en tant qu’organisation économique régionale.
  • Plus de 41 000 espèces sont classées à la CITES : 6 500 animaux et 25 500 plantes.
  • Près de 700 espèces sont classées à l’Annexe, ce qui signifie une interdiction de commerce international.
  • Cette année 2025, pour la COP 20 : 27 espèces seront portées par la France et par le Muséum, en tant qu’Autorité scientifique française pour la CITES (via l’Union européenne).

Depuis près de 40 ans, le Muséum fait valoir son expertise sur la conservation des espèces menacées afin de contribuer à cette règlementation. À travers ses expertises dans le cadre de sa mission d’Autorité Scientifique française pour la CITES, le Muséum et son service commun PatriNat (OFB, CNRS, MNHN) étudie le caractère soutenable pour les espèces dans les transaction commerciales, éclaire la France dans ses positions internationales, appuie les forces de contrôle dans leur mission de police, réalise des propositions d’inscription d’espèces menacées, participe aux groupes d’Examen Scientifique de l’Union Européenne, produit de la documentation scientifique…

Coup de projecteur sur ces espèces menacées

Parmi les espèces particulièrement menacées portées par la France et par le Muséum, et dont les réglementations doivent être révisées, on peut citer cette année :  

Requin Centrophorus squamosus

© Wikimedia Commons

Les Centrophoridae (16 espèces)

Les requins et raies des eaux profondes sont importants pour le bon équilibre des écosystèmes des fonds marins. Ils sont activement recherchés pour l’usage médical et cosmétique de certaines molécules contenues dans leur foie et sont donc aujourd’hui en danger. 

Concombre de mer posé sur un fond marin.

Concombre de mer

© edan - stock.adobe.com

Les concombres de mer (7 espèces)

Ces animaux, des échinodermes, aspirent inlassablement le sable des fonds marins et participent ainsi activement au recyclage des matières mortes, pour les redistribuer à l’écosystème. Ils sont très prisés sur les marchés asiatiques, leur pêche est peu réglementée et leur valeur avoisine celle des ailerons de requins. Dans de nombreux endroits, ils ont quasiment disparu. 

Grenouille Fejervarya cancrivora

© CC BY-SA 3.0

Les grenouilles (4 espèces)

Leur classement en « grenouille de bouche » sera débattu, afin de clarifier le commerce et les circulations en provenance notamment l'Indonésie et la Turquie.

La France soutient également la protection de nombreuses autres espèces

Les espèces Anguilla, parmi lesquelles les anguilles européennes et américaines. Très consommées en Asie, ces anguilles sont particulièrement menacées, notamment en raison de leur commercialisation à l’état de larves, ce qui facilite les fraudes et complique le contrôle des espèces. 

Les girafes sont elles aussi fortement sollicitées, notamment pour leurs fémurs utilisés dans la fabrication d’objets divers. En tant que membre du réseau international de conservation de la girafe, nous jouons un rôle essentiel dans la sensibilisation du public. Les girafes représentent en effet un réservoir génétique crucial pour la préservation de l’espèce.

Enfin, la France maintient une position ferme concernant le commerce de l’ivoire et de la corne, dont les éléphants et les rhinocéros demeurent les principales victimes. Dans ce contexte, nous continuons de soutenir les efforts internationaux visant à éviter toute évolution qui pourrait fragiliser davantage ces espèces.

S’agissant des éléphants, la France accompagne également les travaux relatifs à la reconnaissance du statut taxonomique de l’éléphant de forêt et s’attache à explorer des mécanismes permettant de renforcer sa protection, tout en préservant l’équilibre du cadre réglementaire déjà en place. 

Une réglementation en faveur de la préservation de la biodiversité

En vigueur depuis 1975, la CITES ou Convention de Washington, est un accord international juridiquement contraignant qui veille à ce que le commerce des espèces s’effectue dans un cadre légal, durable et traçable, via un système de permis et certificats.

La CITES octroie différents degrés de protection à plus de 37 000 espèces d’animaux et de plantes, en appliquant différentes dispositions, précisées dans trois Annexes :

  • Annexe 1 : les espèces menacées d’extinction. Leur commerce international généralement interdit.
  • Annexe 2 : les espèces qui pourraient être menacées en l’absence de règlementation. Dans ce cas, le commerce est étroitement contrôlé.
  • Annexe 3 : les espèces protégées à l’échelle d’un pays et pour lesquelles une coopération internationale est nécessaire.

Pour aller plus loin

L’équipe de l’Autorité Scientifique Française sur le site de Patrinat.

Découvrir les missions de conservation du Muséum.

Écouter « Pour que nature vive », un podcast pour mieux comprendre la nature et la protéger.

La COP CITES expliquée par Arnaud Horellou, Coordinateur de l’autorité Scientifique Française pour la CITES.