krill d'Antarctique
Crustacé

Krill antarctique

Euphausia superba

Les "krills" sont de petits crustacés qui vivent dans l’océan. Maillons importants de la chaîne alimentaire, ils sont essentiels à l’équilibre de certains écosystèmes marins. Ils représentent l’ordre des Euphausiacés, le groupe frère des décapodes qui comprennent, entre autres, les homards, les crabes et les crevettes.

krill d'Antarctique

Krill d'Antarctique

© B. Wilks

Maillon important de la chaîne alimentaire

Dans l’océan Austral se trouve le krill dit "Antarctique" (Euphausia superba) représentant une biomasse entre 300 et 500 000 000 tonnes, cela fait de lui une des espèces les plus abondantes au monde ! Le krill est consommé par de nombreux poids lourds des océans comme les baleines à fanons, les phoques crabiers, de nombreux poissons, quelques invertébrés benthiques comme l’étoile de mer Labidiaster annulatus, certains céphalopodes ou encore les oiseaux volants et les manchots. Son existence, son abondance et sa densité assurent donc la stabilité de la chaîne alimentaire et la persistance dans les écosystèmes d’un grand nombre et d’une grande diversité d’espèces.

Le saviez-vous ?

Le terme de "krill" qui désigne ces petits animaux est tout droit tiré du norvégien ! Ce mot signifie "petit poisson" ou encore "alevin", faisant bien allusion à la petite taille de ce crustacé. 

Manger ou se faire manger

Vivant en larges bancs, les krills ont une densité pouvant atteindre 20 000 individus par mètre cube ! Cela les rend particulièrement facile à chasser pour des baleines qui n’ont qu’à ouvrir leur bouche… Un rorqual pourrait par exemple avaler jusqu’à une tonne de krill à chaque fois qu’il ouvre la bouche pour se nourrir, sachant qu’un cétacé de ce type peut le faire quatre fois par jour. 

Alimentation du krill

Même s’il est à la base de la chaîne trophique, le krill doit lui aussi s’alimenter. L’espèce "Antarctique" consomme du phytoplancton et, aux premiers stades de son existence en hiver, la couche d’algue qui se développe sous la glace de mer. Cette caractéristique le rend particulièrement vulnérable au changement climatique qui entraîne une réduction de cet habitat essentiel à la survie du krill. Capable de nager la tête en bas, il possède des organes lui permettant de filtrer l’eau et de "ratisser" les algues sous la glace.

Le saviez-vous ?

Euphausia superba possède un génome géant d'environ 48 Gbp, c’est-à-dire environ 8 fois la taille du génome humain. Cette particularité serait due à la multiplication de séquences transposées au cours des 100 000 ans qui nous ont précédés et non à une duplication des chromosomes. 

La menace de la pêche au krill

Aquaculture

Aquaculture, élevage de poissons

© Pasta Design - stock.adobe.com

Ce petit crustacé d’Antarctique est largement exploité pour l’industrie agroalimentaire. En effet, il est utilisé pour faire de la farine, un additif largement utilisé dans l’industrie de l’aquaculture et notamment pour les élevages de saumon. Il sert également d’appât, d’ingrédient en tant que tel ou de ressource pour l’industrie pharmaceutique.

La population particulièrement grégaire des krills et les investissements massifs dans le renouvellement des navires usines, facilitent une pêche trop efficace : on estime entre 300 000 et 450 000 tonnes la masse de krill capturée chaque année. Cette capture est concentrée sur de relativement petites surfaces à l’ouest de la Péninsule Antarctique. Ce prélèvement extensif pourrait avoir des conséquences négatives sur les populations de manchots notamment.

Le péril du changement climatique

La hausse des températures à la surface du globe accélère la fonte de la banquise, un habitat essentiel pour le krill. En conséquence, il pourrait exister de moins en moins de krill, ou bien ces populations pourraient se déplacer vers des zones plus englacées que les navires de pêche pénètreront dans tous les cas. Avec ce réchauffement, l'océan devient également plus acide, ce qui empêchera progressivement au krill de produire des larves pouvant donner la vie.

Un krill, des krills 

Il existe plus de 80 espèces de krill. On en retrouve d’ailleurs partout dans tous les océans, que ce soit en eaux chaudes ou froides. 

À quoi ressemble le krill ?

Krill

Krill au Canada

© RLS Photo - stock.adobe.com

Le krill est relativement petit : il mesure de 4 à 7 cm de long et ne pèse pas plus de 2 grammes. Il a une carapace, comme les crevettes, 5 paires de pattes mais pas de pinces. Comme tous les autres crustacés, le krill mue ! Il change d’exosquelette une à deux fois par mois pour pouvoir grandir. L’hiver, il peut leur arriver de rétrécir également pour faire face au froid et à la baisse de phytoplancton dont ils se nourrissent.

Vie dans l’océan

Le krill vit en "essaim". Il se rassemble parfois en nombre tel que le banc peut s’étendre jusqu’à plusieurs centaines de km2. Cet ensemble d’individu ne reste d’ailleurs pas stoïque : il se déplace au cours de la journée notamment en profondeur. Certains krills ont ainsi été observées jusqu’à 3 km sous la surface !

Essaim de krill Atlantique

Essaim de krills dans l'Atlantique

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manchot papou nourri au krill

Manchot papou nourrissant son petit de krill

© NicoElNino - stock.adobe.com

Article rédigé en novembre 2023. Remerciements à Marc Eleaume , Maître de conférence à l'Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, au Muséum national d’Histoire naturelle, pour sa relecture et sa contribution.

Notes de bas de page