Amphibien
Rainette aux yeux noirs
Agalychnis moreletii
Grenouille nocturne des forêts d’Amérique centrale, la rainette aux yeux noirs fascine autant qu’elle inquiète : classée en danger critique d’extinction jusqu’en 2016, elle fait aujourd’hui partie d’un programme de conservation ex-situ.
Une sentinelle nocturne
Rainette aux yeux noirs (Agalychnis moreletii) au Parc zoologique de Paris
© MNHN - G. BalemboyLa rainette aux yeux noirs (Agalychnis moreletii), amphibien de la sous-famille des Phyllomedusinae, porte bien son nom : ses grands yeux, d’un noir sombre et uniforme, font qu’il est difficile de la confondre avec les autres grenouilles qui partagent son habitat, dans certaines forêts de moyenne altitude du Mexique et de l'Amérique centrale.
Nocturne, elle passe la journée à dormir à plusieurs mètres de hauteur, en rétractant ses yeux dans sa tête, faute de paupières. Elle ne descend dans la végétation basse qu’à la saison des pluies, pour pondre des œufs sur les feuilles qui surplombent l’eau. À l’éclosion, les têtards se laissent tomber dans les plans d'eau pour terminer leur développement.
Les yeux plus gros que le ventre
Saviez-vous que, pour pouvoir avaler leurs proies, les grenouilles s’enfonçaient les globes oculaires dans la tête ? Chez les amphibiens, il n’y a pas de séparation rigide entre les yeux et la bouche : les yeux peuvent donc directement appuyer sur la nourriture pour la décoller de la langue et la pousser vers la gorge !
Discrète, mais menacée
Rainette aux yeux noirs (Agalychnis moreletii) au Parc zoologique de Paris
© MNHN - M. ToullecJusqu’en 2016, la rainette aux yeux noirs était classée en danger critique d’extinction dans la liste rouge mondiale de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Sous le joug de nombreuses menaces, elle doit notamment faire face à la chytridiomycose (maladie fongique fatale pour les amphibiens), la destruction de son habitat et le changement climatique.
C’est pourquoi elle est aujourd’hui intégrée dans un programme de conservation ex-situ (EEP), coordonné par Olivier Marquis, curateur reptiles, amphibiens et arthropodes du Parc zoologique de Paris. Ce programme vise à coordonner les élevages en zoos européens pour maintenir une diversité génétique proche de celle des populations sauvages, tout en s’inscrivant dans une stratégie de conservation plus large via des recherches et actions in situ.
Un statut à définir
De récentes études génétiques, morphologiques et acoustiques (encore non publiées), menées par le biologiste anglais Richard Preziosi et ses collaborateurs, montreraient que l'espèce serait en réalité subdivisée en trois nouvelles espèces ou sous-espèces aux distributions très morcelées ! De quoi redéfinir son statut taxonomique, accentuant encore un peu les risques qui pèsent sur elle.
-
- Classe
Amphibiens
- Ordre
Anoures
- Genre
Agalychnis
- Espèce
moreletii
- Taille
6-8 cm (en fonction du sexe)
- Alimentation
Insectivore
- Durée de vie
> 5 ans en captivité
- Zone de répartition
Amérique centrale
- Habitat
Forêt de moyenne altitude
- Statut UICN
Préoccupation mineure
Cet article a été rédigé par Guillaume Crest, rédacteur au Muséum national d'Histoire naturelle.
Relecture scientifique
Olivier Marquis
Biologiste et curateur des reptiles, amphibiens et arthropodes au Parc zoologique de Paris
Où voir cet animal ?
Parc zoologique de Paris

Sujets associés
Dans la même catégorie
Nos animaux
Grenouille tomate
Parc zoologique de Paris

Dendrobate à tapirer
Ménagerie, zoo du Jardin des Plantes
Parc zoologique de Paris