Les météorites sont des roches extraterrestres provenant de notre Système Solaire. Elles permettent d’en étudier la formation et l’évolution. La collection de météorites du Muséum contient plus de 4 000 spécimens échantillonnant près de 1 500 météorites individuelles.


Présentation
C’est la troisième collection au monde en termes de chutes observées (plus de 500 chutes). La plupart des météorites sont des fragments d’astéroïdes, des petits corps situés entre l’orbite de Mars et celui de Jupiter. Une fraction non négligeable des météorites (quelques pourcents) provient cependant de corps dits "planétaires", comme Mars, la Lune ou Vesta. De rares météorites proviennent de comètes. Les météorites les plus primitives (les chondrites) permettent d’étudier les différentes étapes de la formation du soleil et des planètes ; formation qui a débuté il y a 4,5 milliards d’années dans un gigantesque amas de gaz et de poussière. Les météorites différenciées ont pour leur part enregistré l’évolution des corps rocheux les plus massifs de notre système solaire comme Mars ou la Lune. La collection comprend également des échantillons des 63 chutes françaises recensées à ce jour, dont certaines (Ornans, Aubres…) définissent des types.

Historique
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les météorites sont des objets de crainte ou de superstition. La météorite d’Ensisheim (1492), première chute européenne dont on ait conservé un échantillon, a été enchaînée dans l’église de ce petit village alsacien pendant plusieurs siècles – jusqu’à ce que les révolutionnaires la libèrent en 1793. En 1794, un savant allemand, Ernst Chladni (1756-1827) propose que les météorites soient des corps étrangers à notre planète. Mais il faut attendre la chute de l’Aigle (Basse-Normandie) en 1803 pour que ses thèses audacieuses soient acceptées par la communauté scientifique européenne. Les premières météorites à entrer en collection au Muséum national d’histoire naturelle proviennent de la collection personnelle de René Just Haüy (1743-1822). Pierre-Louis Antoine Cordier (1777–1861) dresse le premier catalogue de météorites en 1843 (27 spécimens). A sa mort en 1861, la collection du Muséum comporte 78 météorites. L’œuvre de son successeur à la chaire de géologie du Muséum, a été essentielle pour l’enrichissement de la collection. Gabriel-Auguste Daubrée (1814-1896) commence par rassembler les météorites dispersées dans plusieurs laboratoires et développe une classification proche de la classification moderne. Grâce à son inlassable activité, la collection comportait déjà en 1864 cent soixante spécimens provenant de dons, d’acquisitions ou d’échanges. La collection s’enrichit au rythme moyen d’une dizaine échantillons par an grâce à des achats, des dons et des échanges. Au cours de l’année 2015 des centaines de météorites provenant de campagnes de recherche systématiques dans le désert d’Atacama (Chili) viendront grossir la collection.

Activités
Chaque année, une centaine d’échantillons sont prêtés ou donnés à des fins scientifiques. Plusieurs dizaines de spécimens sont confiés à différentes institutions pour des expositions à caractère scientifique ou artistique. Le travail de recherche mené grâce à des instruments de pointe, telle la nanoSIMS, s’articule en particulier autour des chondrites et des météorites martiennes ; les premières permettant de comprendre la formation du soleil et des planètes, les secondes l’évolution géologique de la planète Mars.