Héritière de la première station de biologie marine du Muséum, installée sur l’ile de Tatihou en 1882, la station de biologie marine de Dinard s’illustre par plus de 130 années de recherche sur la connaissance, la diversité des organismes et le fonctionnement des écosystèmes marins côtiers. Sous l’influence du commandant Charcot, elle déménage en 1923 à Saint Servan. C’est en 1935, qu’elle emménage dans la villa "Bric à Brac" à Dinard. En 2008, le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Ifremer se sont associés pour créer à Dinard le Centre de Recherche et d’Enseignement sur les Systèmes Côtiers (CRESCO).


La station de biologie marine de Dinard du Muséum national d'Histoire naturelle est spécialisée dans l'exploration des écosystèmes marins afin de comprendre les relations entre la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et les pressions environnementales dans le contexte du changement global. A partir de 1850, la station de biologie marine de Dinard s’est consacrée aux inventaires de la biodiversité des milieux marins côtiers. Les travaux d’illustres scientifiques tels qu’Edouard Fisher-Piette, Roger Heim ou Robert Lami et Claude Levi font encore référence dans le domaine des inventaires floro-faunistiques. En particulier un alguier de plus de 350 espèces, aujourd’hui conservé au Jardin des Plantes à Paris, fait référence internationale pour les systématiciens. En fondant la biocénotique marine à partir des années 1940, les chercheurs de la station de biologie marine de Dinard, tels le professeur J.M. Peres, ont été parmi les précurseurs de l’écologie marine moderne. Suite à la construction du barrage de la Rance, des recherches intensives ont décrypté pour la première fois les mécanismes de colonisation d’un milieu naturel marin suite à une perturbation majeure.

Depuis les années 70, la station de biologie marine s’est illustrée pour ses recherches sur le fonctionnement écologique de la baie du Mont Saint-Michel et ses bassins versants. Les travaux se sont progressivement étendus à l’ensemble du golfe normand breton afin de comprendre l’importance d’habitats particuliers comme les marais salés, les macro-algues des milieux rocheux, les récifs d’hermelles et les bancs de Lanice conchylega (vers marins) pour les niveaux trophiques supérieurs comme les poissons ou même les oiseaux. Les effets des invasions biologiques (crépidules), de la conchyliculture ou de pollutions marines venant des bassins versants sont l’objet d’attentions particulières ce qui permet de répondre à la demande sociétale d’expertise et de développement soutenable des ressources marines.

Depuis les années 2000, la station s’intéresse à un nouveau volet : les poissons migrateurs, notamment les amphihalins dont on connaît mieux les habitats marins grâce à la réalisation d’un vaste programme national combinant l’observation des migrations en estuaire la modélisation des habitats, la télémétrie acoustique et satellite, l’otolithométrie et la génétique des populations…

Afin de comprendre ces relations complexes entre les caractéristiques des habitats marins (notamment benthiques), les espèces mobiles (surtout les poissons migrateurs) et le fonctionnement des écosystèmes côtiers, différents modèles sont plus particulièrement étudiés :

  • le benthos des habitats meubles (flore et faune vivant sur les fonds sablo-vaseux) en collaboration avec l’Ifremer ;
  • les biocénoses des habitats rocheux ;
  • les communautés de poissons migrateurs à dépendance côtière (bars, mulets, lançons, gobies…)
  • les communautés de poissons migrateurs amphihalins (anguilles, lamproies, aloses, saumons) en collaboration avec l’Inra.

Les travaux se focalisent essentiellement sur le golfe Normand-Breton – en collaboration avec l’Ifremer – et plus particulièrement la baie du Mont Saint-Michel, l’archipel de Chausey et le bassin marémoteur de la Rance, mais également les estuaires bretons et de l’Ouest de la France (Loire, Seine). L’expertise s’étend également vers les écosystèmes tropicaux et polaires.

Réputés sur le plan international, les scientifiques du CRESCO restent en prise avec le terrain car les connaissances acquises constituent en effet une aide à la décision pour les collectivités locales, les élus, les administrations, etc. Les équipes du CRESCO collaborent notamment à la mise en œuvre nationale de directives cadres européennes. Pour la Directive Cadre sur l’Eau, l’Ifremer et le Muséum national d’Histoire naturelle travaillent en commun à la coordination régionale (de la Baie du Mont Saint-Michel à la frontière belge) des suivis et de l’analyse relatifs au benthos des masses d’eau côtières. Le Muséum est responsable national de la mise en œuvre de la surveillance de la biodiversité pour le compte du Ministère de l’Ecologie dans le contexte de la directive cadre stratégie sur le milieu marin.

Côté enseignement, le CRESCO accueille chaque année des stages de terrain, à pied ou en plongée sous-marine, permettant de découvrir la diversité des milieux côtiers et les enjeux de société dans la région de Dinard. Dans ce contexte, le CRESCO intensifie son intervention au sein du master Évolution, patrimoine naturel et sociétés du Muséum. Il accueille des stages d’enseignement en partenariat avec l'Université de Rennes-I, l'École supérieure d'agronomie et l’université de La Rochelle. Le CRESCO se fixe également comme objectif de mieux faire connaître au grand public la zone littorale, ses ressources et les enjeux de sa préservation. A cette fin, la station de biologie marine de Dinard développe en commun avec l’association Planète mer un programme de science participative sur la biologie du littoral BIOLIT. Ce programme de sciences participatives s’inscrit dans le programme Vigie-Nature du Muséum. Enfin, les chercheurs interviennent dans la formation par la recherche au travers l’encadrement de nombreux étudiants de Master 1 et 2 et en thèse.


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CRESCO - Station de biologie marine de Dinard
38 rue du Port Blanc - BP 70134
35800 Dinard

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