Objet de parure

Bandeau frontal

La confection des parures emploie de nombreuses ressources de la biodiversité, en général des graines et des coquilles, quelquefois des insectes.

Bandeau frontal, Papouasie-Nouvelle-Guinée - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - J.-C. Domenech

Fabriqué localement et destiné aux touristes, ce bandeau frontal révèle une variété insoupçonnée de matériaux.

Il est constitué d’élytres de scarabées de la famille des cétoines (une espèce du genre Ischiopsopha). Ces ailes d’un vert brillant sont fixées sur une bande d’écorce beige comportant à chaque extrémité un morceau de peau carré avec ses poils, cousu sur le bandeau, ainsi qu’un ajout décoratif constitué de 18 thorax imbriqués les uns dans les autres dans le même sens et fixés à l’arrière par leurs pattes avant repliées autour d’un faisceau de fibres d’hibiscus et d’une houppe de la même matière. Les 36 élytres, de 2 cm de longueur chacun, percés chacun de deux orifices, sont cousus sur l’écorce à l’aide d’un fil de métal fin et souple ; élytres gauches et élytres droits sont placés symétriquement de part et d’autre à partir du milieu du bandeau. Le nouage du bandeau autour de la tête est assuré par deux cordelettes en coton fixées chacune sur une extension en fibres d’hibiscus à l’extrémité.

Cet objet de parure, malgré sa dimension mercantile, illustre la continuation de savoir-faire techniques locaux sachant tirer parti des ressources locales comme des éléments issus du monde extérieur.

Serge Bahuchet et Manuel Valentin

Notes de bas de page