Fossile

Cérithe de Lamarck

Campanile giganteum

Les formes de la nature intriguent quand elles sont belles, d’autant plus quand elles nous parviennent de plusieurs dizaines de millions d’années...

Spécimen de Cérithe de Lamarck sur fond noir

Cérithe de Lamarck - Muséum national d’Histoire naturelle

© MNHN - D. Serrette

Chaque fossile représente une sorte d’anomalie car on voit bien autour de nous que, lorsqu’un organisme meurt, son destin est le retour au néant par une destruction brutale ou progressive.

Même si, au XVIIIe siècle, on n’avait pas encore bien conscience de ces millions d’années de la Terre, le « temps profond » qu’avait suggéré Buffon, et que soutenait Jean-Baptiste de Lamarck, permettait d’envisager des modifications inimaginables au commun des mortels, comme des changements profonds du climat. Bernard Palissy, à la Renaissance, n’avait-il pas déjà fait remarquer que les coquillages fossiles de nos contrées évoquaient ceux que l’on trouve aujourd’hui dans les mers tropicales ?

Baigné il y 45 millions d’années par une mer peu profonde sous un climat chaud de type tropical, le Bassin parisien a livré un si grand nombre de coquilles fossilisées d’invertébrés marins – comme ce gastéropode dont la coquille dépasse parfois 60 cm ! – qu’elles ont permis de définir un étage géologique, le Lutétien (de Lutetia, nom latin de la ville de Paris durant l’Antiquité). Cette grande richesse en fossiles – au moins 3 000 espèces – a passionné très tôt les savants, dont la plupart des fondateurs de la géologie en France.

Patrick De Wever

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