Voyage au temps des dinosaures

Découvrez des fossiles spectaculaires ou méconnus au temps des dinosaures à l'ère du Mésozoïque conservés au Muséum national d'Histoire naturelle.

Les dinosaures en 10 idées reçues

De nombreuses idées fausses, issues de l'imaginaire collectif persistent concernant les dinosaures. Retour sur certaines d'entre elles !

Reconstitution en plâtre de diplodocus

© MNHN

1. Les dinosaures n’avaient pas la queue qui traîne !

La plupart des représentations archaïques illustrent les dinosaures avec la queue qui traîne au sol. Nous savons aujourd'hui que cette représentation est peu probable. Leur queue équilibrait leur corps et servait de balancier. Dans la Galerie de Paléontologie du Muséum, certains spécimens ont été montés il y a plus d'un siècle et ont conservé la position avec la queue au sol, témoignant des représentations de l'époque. 

Sculpture du Stégosaure

Sculpture du Stégosaure devant la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée

© MNHN

2. Le T-Rex et le Stegosaurus n’ont pas vécu à la même période !

Les Stegosaurus sont reconnaissables à leurs grandes plaques osseuses sur l'épine dorsale. Ces grands dinosaures herbivores ont vécu pendant la période du Jurassique supérieur alors que le Tyrannosaurus rex est apparu dans la période du Crétacé, il y a environ 68 millions d’années. Ces espèces n'ont jamais pu se rencontrer et encore moins s'affronter, comme on a pu le voir dans certains dessins animés.

Compsognathus longipes, petit dinosaure carnivore de Canjuers, France (Jurassique supérieur)

© MNHN - P. Loubry

3. Il y avait plein de petits spécimens de dinosaures, ils n’étaient pas tous géants !

Dans l'imaginaire collectif, les dinosaures sont très souvent représentés comme des animaux de taille démesurée, tel que le Diplodocus et ses 35 mètres de long. Mais il existait aussi des dinosaures de petites tailles ! Par exemple, le Compsognathus est un petit dinosaure carnivore qui vivait en Europe, à la fin du Jurassique, il y a environ 150 millions d'années. Le spécimen de Canjuers (Var), découvert au début des années 1970, est le dinosaure le plus complet connu en France. On peut aussi citer le Bambiraptor qui mesurait environ 1 mètre et vivait aux États-Unis au Crétacé supérieur (72 millions d'années).

4. La disparition des dinosaures ne s’est pas faite en 1 journée !

L’extinction des dinosaures a donné lieu à de nombreuses hypothèses, mais les scientifiques s'accordent aujourd'hui sur le fait que la disparition serait multi-factorielle et qu'elle aurait pris des milliers d'années. Des épisodes de volcanisme se seraient succédés sur 800 000 ans. De même que la chute d'une météorite de 10 à 15 km de diamètre aurait provoqué des conditions climatiques dont les effets s'étaleraient sur une certaine durée.

5. Les dinosaures n’ont pas tous disparus !

Les oiseaux sont les descendants des dinosaures ! Les dinosaures n’ont donc pas tous disparu, puisque cette lignée peuple aujourd’hui toute la surface de notre planète !

Prognathodon mosasauroides - Mosasaure

Prognathodon mosasauroides - Mosasaure en Galerie de Paléontologie

© MNHN - A. Iatzoura

6. Les Mosasaures ne sont pas des dinosaures !

Le mosasaure (présent dans le film Jurassic World), n’est pas un dinosaure mais un reptile marin. Ils sont souvent représentés dans les films plus grands que ceux qu'ils étaient. 

7. Les dinosaures sont exclusivement terrestres !

Les dinosaures sont apparus et ont évolué sur la terre ferme, avant l'apparition des premiers oiseaux. Leurs caractères anatomiques favorisent une posture érigée et des membres postérieurs droits et très mobiles. Les ptérosaures et les mosasaures sont des reptiles et non des dinosaures.

8. On connaît plus de 1000 espèces de dinosaures !

Les dinosaures ont régné pendant 165 millions d'années et se sont beaucoup diversifiés (bipèdes, quadrupèdes, carnivores, herbivores, couverts de plumes ou d'écailles...). Aujourd'hui, nous connaissons environ 1200 espèces, grâce aux fossiles découverts. Ce chiffre ne serait qu'un échantillon du nombre d'espèces qui auraient réellement existé. 

9. Les dinosaures n’étaient pas seuls !

Il n'existe pas de période où le règne animal était exclusivement constitué de dinosaures. Les mammifères apparaissent dès le Trias supérieur et côtoient les dinosaures. Ils se diversifient durant tout le Jurassique et le Crétacé, restant de petite taille. L'augmentation de leur taille sera significative après la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d'années.

10. Les dinosaures ne sont pas tous des bêtes féroces carnivores ! 

Il existe de nombreuses espèces herbivores parmi les dinosaures. Les scientifiques supposent qu'il existait seulement 5 % d'espèces carnivores parmi l'ensemble des espèces de dinosaures.

À la découverte des dinosaures

La conquête de l’os

De grandes expéditions sont initiées dans l’Ouest américain, dans les années 1870, par deux paléontologues rivaux : Othniel Marsh et Edward Cope.

Le paléontologue américain Othniel Marsh (1831-1899) est à l’origine de la création du Muséum d'Histoire naturelle de l’université Yale financé par son oncle le philanthrope Georges Peabody.

Le paléontologue américain Edward Cope (1840-1897) est professeur de géologie et de paléontologie à l'université de Pennsylvanie et reçoit la chaire de zoologie et d'anatomie comparée.

Le paléontologue Othniel Marsh (debout, au centre) entouré de son équipe

© MNHN

L'histoire qui oppose Cope et Marsh est l'un des épisodes les plus célèbres de l'histoire de la paléontologie que les Anglo-Saxons désignent sous le nom de "Bone Wars" (soit la « Guerre des os »). La rivalité entre les deux hommes était telle, que Cope ira même jusqu’à offrir son crâne à la science pour qu’on puisse, après sa mort, comparer la taille de son cerveau avec celle de celui de Marsh. Marsh, lui, sortira ruiné de sa rivalité avec Cope, malgrè ses appuis financiers importants.

Les expéditions s’intensifient à la fin du XIXesiècle. Ces fouilles sont commanditées par les grands musées américains et européens qui veulent avoir un squelette de dinosaure. C’est ainsi qu’une équipe du Carnegie Museum exhume en 1899 le squelette du Diplodocus carnegii dans le Wyoming. Les premiers restes de Tyrannosaurus rex furent mis au jour l’année suivante à quelques centaines de kilomètres de là.

C’est à Barnum Brown qu’on doit les premières découvertes d’ossements de Tyrannosaurus rex en 1900, mais c’est Henry Fairfield Osborn qui baptisa officiellement le "roi des lézards tyrans" en 1905.

Charles Sternberg en plein dégagement du squelette d'Edmontosaurus

Charles Sternberg en plein dégagement du squelette d'Edmontosaurus découvert dans le Wyoming

© MNHN
Photo du chantier de fouilles d'Edmontosaurus annectens

Vue d'ensemble du squelette d'Edmontosaurus annectens, long de 8 m, en septembre 1910, avant son extraction finale par Charles Sternberg et ses 3 fils. 

© MNHN
Squelette de Triceratops

Triceratops et chasseurs de fossiles

© MNHN

Barnum Brown (1873-1963), surnommé Mr Bones, est sans doute, avec Charles Sternberg, le plus grand collecteur de fossiles nord-américain du début du XXème siècle. Il fut aussi consultant pour le « Fantasia » de Walt Disney (1940), où le T. rex est représenté avec trois doigts au lieu de deux !

Henry Osborn (1857-1935) fut conservateur puis président de l’American Museum of Natural History. On lui doit la première description de Tyrannosaurus rex en 1905, mais aussi celle des premiers dinosaures de Mongolie, comme le fameux Velociraptor, dans les années 1920.

Barnum Brown qui travaille alors pour l’American Museum of Natural History a trouvé trois des quatre squelettes de tyrannosaure découverts entre 1900 et 1908. Il faudra attendre 1960 pour que de nouvelles découvertes soient faites. L’holotype, c’est-à-dire le spécimen de référence de Tyrannnosaurus rex fut vendu au Carnegie Muséum de Pittsburgh en 1941.

On connaît aujourd’hui une cinquantaine de squelettes de T. rex, certains ne sont représentés que par quelques os, mais d’autres comme ceux de Sue ou Trix sont complets à près de 70 %.

Charles Sternberg, Marcellin Boule et l’Edmontosaurus

Charles Sternberg (1850-1943) fut l’un des plus grands chasseurs de dinosaures américains. Il a travaillé pour de nombreux musées dont le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.

En 1908, date à laquelle il découvre les momies d’hadrosaures vendues à l’American Museum of Natural History de New York, Sternberg est déjà en contact avec Marcellin Boule. Ce dernier, soucieux d’enrichir les collections du Muséum, lui achète en 1910 ce squelette d’Edmontosaurus, (exposé en 2018 dans l'exposition "Un T. rex à Paris" pour la première fois), puis, en 1912, le crâne de Triceratops exposé dans la Galerie de Paléontologie.

Diplodocus

Diplodocus (Diplodocus carnegii)

© MNHN

1898-2018 : La Galerie de Paléontologie a fêté ses 120 ans

Inaugurée en 1898, la Galerie de Paléontologie est l’un des fleurons du Muséum national d’Histoire naturelle et du Jardin des Plantes. Depuis 120 ans, elle met en scène l’évolution du Vivant et s’enrichit au fil du temps. Les collections de paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle, parmi les plus riches au monde, comptent aujourd’hui plus de 6 millions de fossiles. À mesure des découvertes, de nouveaux fossiles sont présentés au public. L’histoire de la Galerie est ainsi jalonnée par l’arrivée de nombreux squelettes emblématiques, toujours visibles aujourd’hui.

Un voyage de 540 millions d’années !

La Paléontologie est l’étude de la vie passée au travers des êtres et organismes fossilisés ayant existé au cours des temps géologiques.

La Galerie de Paléontologie représente plus de 540 millions d’années d’évolution de la Vie ! Elle présente l’évolution des faunes à travers les temps géologiques (Paléozoïque – Mésozoïque – Cénozoïque), de manière chronologique et thématique. Nous traversons progressivement les grandes ères :

  • L’ère Paléozoïque (-540 à -250 Ma) avec les premiers poissons avec ou sans mâchoires, les invertébrés, les premiers vertébrés terrestres et les plantes caractéristiques de cette ère.
  • L’ère Mésozoïque (-250 à -66 Ma) avec l’avènement des dinosaures. Le public fait face aux dinosaures saurischiens (dont le bassin ressemble à celui des lézards) incluant les carnivores bipèdes (théropodes) et leurs proies herbivores quadrupèdes (sauropodes). Il découvre aussi les dinosaures ornithischiens (dont le bassin ressemble à celui des oiseaux), tels les stégosaures... C’est aussi l’ère des reptiles marins (mosasaures, ichtyosaures et plésiosaures), des reptiles volants (ptérosaures) et des crocodiles.
  • L’ère Cénozoïque (-66 Ma à aujourd’hui) est l’âge de la diversification des mammifères. Avec la disparition des dinosaures non-oiseaux, les mammifères ont bénéficié d’une opportunité extraordinaire. Certaines lignées s’arrêteront, d’autres évolueront de façon buissonnante. Les squelettes sont réunis par familles : félins, rhinocéros, éléphants (160 espèces fossiles recensées sur 56 Ma) dont l’incroyable mammouth de Durfort, placé en majesté, et les géants de la dernière période (mastodontes, cerfs Megaloceros, paresseux géant Megatherium), disparus à la fin de l’ère glaciaire.

Le monde des invertébrés est aussi présenté avec un inventaire des innombrables fossiles qui ont peuplés la planète depuis 3,5 milliards d’années : trilobites, ammonites, bivalves, coraux... Et une sélection des spécimens illustre les grands groupes végétaux apparus au cours du temps et détaille les principaux caractères qu’ils ont pu acquérir.

Galerie de Paléontologie

Photo historique de la Galerie de Paléontologie

© MNHN - Bibliothèque centrale
Galerie de Paléontologie

Photo historique de la Galerie de Paléontologie

© MNHN - Bibliothèque centrale
Galerie de Paléontologie

Photo historique de la Galerie de Paléontologie

© MNHN - Bibliothèque centrale
Galerie de Paléontologie

Gravure de la façade de la Galerie de Paléontologie

© MNHN - Bibliothèque centrale
Galerie de Paléontologie

Photo historique de la Galerie de Paléontologie

© MNHN - Bibliothèque centrale

La Galerie a vu le jour grâce aux efforts des professeurs Albert Gaudry, Georges Pouchet et Ernest-Théodore Hamy occupant respectivement les chaires de paléontologie, d’anatomie comparée et d’anthropologie et préhistoire.

Les collections d’anatomie comparée étaient auparavant en partie présentées dans un bâtiment dit “de la baleine”, le long de la rue Cuvier. Gaudry obtint l’autorisation d’occuper provisoirement deux salles dans ce bâtiment pour y regrouper les spécimens fossiles qui, jusqu’alors étaient dispersés dans divers laboratoires, l’étude des fossiles n’étant pas dissociée de celle des organismes actuels.

À l’approche de l’Exposition Universelle de Paris de 1900, les professeurs du Muséum se saisirent de l’événement pour repenser la présentation des spécimens anatomiques, paléontologiques et anthropologiques dans un ambitieux projet architectural et muséographique. Ce grand projet était de regrouper toutes ces collections dans un même lieu, l’actuelle Galerie d’Anatomie comparée et de Paléontologie.

Cette galerie est l’une des premières au monde à ne plus présenter l’intégralité des collections, mais à opérer une sélection agencée selon une trame narrative, comme cela s’est ensuite fait dans la plupart des musées. Gaudry fut novateur en concevant une exposition thématique qui mettait en scène le concept d’évolution à l’aide de spécimens choisis. En effet, il voulait offrir aux visiteurs la possibilité de découvrir "les enchaînements du monde animal" en se promenant à travers “le troupeau de l’évolution“, dans une grande nef sans rupture architecturale.

Ferdinand Dutert fut sélectionné pour être l’architecte en chef de ce projet. Très inspiré par Gustave Eiffel et Auguste Bartholdi, Dutert proposa un bâtiment « ouvert » avec poutres de fer apparentes, escalier monumental, balcons avec ferronneries ornementales inspirées de la nature, plafonds hauts et transparences, dans un esprit Art nouveau. En réalité, le bâtiment ne fut jamais achevé. De 320 mètres de longueur initialement prévus, l’édifice n’en fait finalement que 80 !

Si la Galerie d’Anatomie Comparée a peu changé, celle de Paléontologie a subi au fil des années des réorganisations du fait de l’augmentation des collections et de l’arrivée de nouveaux spécimens, notamment celle du diplodocus en 1908. Les spécimens appartenant aux collections d’anthropologie et de préhistoire, initialement exposés sur le balcon situé au 3e niveau, furent transférés en 1937 au Musée d’Ethnographie du Trocadéro, devenu peu après le Musée de l’Homme, partie intégrante du Muséum. L’espace ainsi libéré présente actuellement les spécimens d’invertébrés fossiles.

Dossier rédigé en novembre 2019

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