Jardin botanique exotique de Menton

À Menton, les vraies stars sont les plantes… Dans la chaleur de la célèbre station de la Côte d’Azur s’épanouit, entre science et plaisir des sens, un jardin botanique exotique à l’âme préservée et au charme grisant.

Accessible aux visiteurs à mobilité réduite

Luxe, calme et volupté
Poussez la grille du Val Rahmeh et respirez… Là, dans les allées ombrées et les feuillages touffus, dans la fraîcheur des fontaines et bassins, s’offre à vous un havre de paix d’1,5 hectare, qui doit son aménagement original à sa constitution progressive. Par petites touches, de nouvelles espèces et variétés ont été introduites, jusqu’à atteindre 1 700 taxons, tout en maintenant l’ordre nécessaire à un jardin botanique, où les plantes sont rigoureusement identifiées. Une gracieuse confusion organisée que n’auraient pas reniée les propriétaires successifs du parc et qui confère un supplément d’âme à ce lieu.

L’été avant l’heure
Grèce, Afrique, Canaries, Chine, Mexique, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande… les plantes du Val Rahmeh sont venues de pays tropicaux et subtropicaux. Autant dire que ces grandes frileuses apprécient le microclimat unique — entre la montagne et la mer — dont bénéficie le jardin ! Elles sont cependant loin d’avoir les mêmes besoins et sont, pour cette raison, réparties au sein de plusieurs espaces. À l’entrée, le milieu tropical — sec (agaves, cactus…) comme humide (bambous, fougères arborescentes…) — est à l’honneur. Plus loin, vous pouvez apercevoir les plantes de climat méditerranéen, avec, en vedette, les oliviers. Enfin, à l’extrémité du jardin, lotus et nénuphars géants s’épanouissent dans un bassin, non loin de végétaux australiens.

Des végétaux et des hommes
Les plantes nous sont indispensables. Vous en serez convaincu après votre visite du Jardin botanique exotique de Menton. La raison ? Les nombreuses espèces alimentaires, médicinales ou même… magiques qui peuplent les allées du domaine. Avocatiers, papayers, goyaviers, bananiers, palmiers, passiflores, agrumes et un potager dévoilent leurs délicieux trésors. Et, dans deux zones dédiées, des plantes américaines alimentaires d’une part, et une sélection d’épices, condiments et aromates d’autre part, se laissent découvrir. De quoi avoir l’eau à la bouche…

Histoire naturelle
Difficile d’évoquer les lieux sans parler de leurs propriétaires successifs. Sir Percy Radcliffe s’installe ici à partir de 1905 avec sa femme, Rahmeh (« tranquillité » en arabo-persan), dont le domaine porte le nom. Il ajoute des bâtiments à la maison initiale, rachète des terrains agricoles attenants et dote l’entrée d’une superbe allée de palmiers. En 1957, Miss Maybud Campbell, une riche excentrique anglaise, acquiert la propriété. Elle augmente la superficie du jardin par l'ajout du terrain inférieur, où se trouve désormais le bassin qui accueille lotus et nénuphars géants. Passionnée de fleurs, elle apporte au jardin de superbes plantes ornementales. En 1966, la gestion du domaine est confiée au Muséum national d’Histoire naturelle qui en fait un jardin botanique et crée un centre de recherche. Aujourd’hui, le Val Rahmeh joue un rôle important dans l’acclimatation des plantes exotiques, mais aussi dans la conservation d’espèces menacées, comme le Sophora toromiro, un arbre disparu de l’île de Pâques. Alors, envie de voyager ?