Jardin alpin La Jaÿsinia

Au royaume du froid, la nature réserve de belles surprises... En Haute-Savoie, le jardin botanique alpin "La Jaÿsinia" offre un écrin à quelque 2 500 espèces de fleurs de montagne. Bienvenue au paradis des gentianes, edelweiss et autres androsaces.

Accessible aux visiteurs à mobilité réduite

Contrées lointaines
Envie d’un avant-goût de la végétation du Caucase ? De celle des paysages sublimes et tourmentés de l’Himalaya ? À la Jaÿsinia, dans le charmant village de Samoëns, s’invitent des plantes et fleurs de zones froides et montagneuses du monde entier. Les coquettes de ce jardin unique en son genre se découvrent en grimpant les 80 mètres de dénivelé du domaine et en foulant ses 3,7 hectares !

Dépaysement garanti !
Avancez sur le sentier qui serpente dans la montagne… Différentes régions vous dévoilent leurs trésors dans autant de secteurs : les Alpes et le chardon bleu, la Méditerranée et le cèdre du Liban, les Balkans et le crocus. Toujours dans l’hémisphère nord, mais plus loin de nous, l’Amérique est représentée par un hôte de taille, le séquoia géant, ou encore la sanguinaire, une fleur blanche… mais une sève rouge ! Direction : l’Asie, avec la Chine et la pivoine du révérend père Delavay, ainsi que le Japon et le lys des crapauds. Le Sud, quant à lui, se fait plus rare, avec la Nouvelle-Zélande et la véronique arbustive.

Milieux et extrêmes
Bien qu’ils survivent aux frimas, tous les végétaux de La Jaÿsinia ne poussent pas sur le même terrain ! Aux zones géographiques s’ajoutent donc des secteurs écologiques, comme la tourbière, qui accueille l’andromède ou la sarracénie, une plante carnivore. Dans le marais, vous pouvez admirer le cyprès chauve — surtout en hiver ! — ou les primevères. Au bord des eaux se déploie la saxifrage aquatique, aux fleurs blanches, tandis que le secteur granitique donne à voir de jolies gentianes ou du bois-gentil.

Site spectaculaire
Vous l’aurez probablement deviné : il y a une source dans ce jardin. Ou, plus exactement, une dérivation de celle-ci. Des canalisations creusées — à la main... — dans la montagne alimentent fontaines et cascades, étangs et marais. En hiver, les chutes peuvent d’ailleurs offrir le spectacle fascinant de stalactites géantes ! Mais le site offre bien d’autres attractions : la chapelle de La Jaÿsinia, une vue imprenable sur le ravissant village de Samoëns et la vallée du Giffre, ou encore, au sommet, les ruines du château de la Tornalta, dans un écrin de végétation. Des œuvres de l’Homme et de la nature naissent parfois des paysages extraordinaires...

Souvenir d’enfance
La Jaÿsinia possède une histoire peu commune. C’est ici que la petite septimontaine Marie-Louise Jaÿ, née en 1838, a gardé son troupeau de chèvres jusqu’à ses 15 ans. Envoyée dans sa famille à Paris, elle y rencontre son époux Ernest Cognacq. Travailleurs infatigables et économes, ils fonderont ensemble la Samaritaine, grand magasin parisien dont le succès sera immédiat ! À la tête d’une immense fortune et sans enfant, Marie-Louise et Ernest consacrèrent la fin de leur vie aux bonnes œuvres et n’oublièrent jamais le village natal de Madame. En 1906, elle achète le terrain pour y créer un jardin botanique, dessiné par le paysagiste Jules Allemand. En 1936, la direction scientifique de La Jaÿsinia est confiée au Muséum qui y fonde un laboratoire de recherche doté d’un herbier. Véritable œuvre de l’art paysager, le site est aujourd'hui labellisé jardin remarquable pour sa qualité et sa beauté. Venez l'admirer !