Harmas Jean-Henri Fabre

Le rêve de tout naturaliste ? Vivre dans un laboratoire à ciel ouvert, au plus près de son objet d’étude : la faune et la flore. Jean-Henri Fabre l’exauça en 1879, en faisant l’acquisition de l’Harmas qui porte aujourd’hui son nom. Voulez-vous visiter ?

Terrain d’observation
Ce domaine d’un hectare est situé dans le village de Sérignan du Comtat, à 30 km d’Avignon. Il comprend toujours un mas et une terre en friche : "l’harmas", en provençal. Au milieu des aubépines, groseilliers sauvages, romarins et lavandes, adonnez-vous sans compter à ce qui fut l’activité préférée du célèbre entomologiste : l’observation. Retrouvez cette parcelle aux herbes folles où il déposait des dispositifs nés de son imagination pour étudier ou capturer la petite faune…

Au bout de l’allée
Ceinturée par un mur de plus de 2 m de haut, la propriété est organisée comme au XIXe siècle. Vous entrerez par le portail dit "du facteur" utilisé quotidiennement par Jean-Henri Fabre pour aller herboriser dans la campagne environnante. Après la visite de la maison, poursuivez votre chemin jusqu’au jardin. Là fleurissent quelque 500 espèces, variétés d’arbustes et plantes méditerranéennes choisies par Fabre et ses successeurs. Y trône également un bassin, agrémenté de deux fontaines, remis en état par le naturaliste pour attirer la faune aquatique, libellules et crapauds accoucheurs ! Tout autour, admirez le grand rosier de Banks, les forsythias et photinias, les œillets d’Inde et les lis, ainsi qu’une collection de végétaux typiquement méditerranéens comme les asphodèles et les santolines. Plus loin, l’ambiance devient exotique devant un massif de bambous.

Petits carrés et grands troncs
Le verger-potager, fidèle reconstitution d’un jardin vivrier provençal d’autrefois, mérite également votre visite. Y sont conservés des carrés de plantes aromatiques et médicinales, ainsi que des légumes anciens. Faites aussi le détour par l’arboretum, ses chênes verts et kermès, ses pins d’Alep, pistachiers, figuiers, arbres à perruque et lauriers sauce. Des arbres venus de loin s’invitent aussi, dont le cèdre de l’Atlas et l’arbre à crayon, connu pour son bois dense et à l’odeur caractéristique.

Fabre chez lui
Dans la demeure du naturaliste, simple et de belle facture, toute la vie du savant est évoquée. Voyez la salle-à-manger, où chaque objet est encore là : table des repas partagés avec femme et enfants, bibliothèque vitrée, piano et harmonium sur lequel Fabre composait la musique de ses poésies provençales, photos et bibelots de famille. Isolé des pièces à vivre, le cabinet de travail est tout aussi émouvant. Le scientifique s’y livrait à ses travaux de recherche et d’écriture. Comment ne pas l’imaginer assis à ce bureau, rédigeant les milliers de pages de son œuvre, dont les Souvenirs entomologiques publiés dans le monde entier ?

Les spécimens en héritage
Avant de quitter les lieux, penchez-vous sur les 1 300 pièces de collections rassemblées ici. Ne manquez pas deux lettres de Darwin à Fabre, ni l’herbier que l’entomologiste commença à constituer dès 18 ans ! L’inventaire et la saisie informatique de ses 82 liasses, regroupant 14 000 spécimens, ont été réalisés par le Muséum. L’établissement, qui assure la rénovation de l’Harmas de Fabre depuis 2000, a aussi restauré les 600 aquarelles de champignons peintes par l’ancien propriétaire des lieux. Naturaliste en herbe, venez partagez la passion d’un maître !