Quels enjeux pour l'agroécologie ?

Débat

Cette table-ronde propose d'aborder la manière dont se construit l'agroécologie et d'interroger les liens entre sciences et sociétés.


Cette table-ronde propose de discuter des manières dont se construit et se met en place l’agroécologie. Le dialogue différents regards de chercheurs sur le sujet permettra d’aborder plusieurs questions :
Qui construit l’agroécologie, et comment ?
Quels modes de production et quels modèles économiques sont proposés, et quels sont leurs potentiels ?
Quels sont les services apportés par la biodiversité pour l’agriculture et l’ensemble de la société ?
Des exemples concrets en France et ailleurs seront présentés pour faire ressortir les points de convergence et les spécificités.

Avec :
Julien Blanc, anthropologue de l'environnement, Muséum
Denis Couvet, écologue, Muséum
Emmanuelle Porcher, écologue, Muséum
Modératrice : Margaux Alarcon, doctorante Muséum

Lundi 19 novembre - 18h
Auditorium de la Grande Galerie de l'Évolution - accueil du public dès 17h30 - durée 1h30


Participants

Margaux Alarcon, modératrice, est doctorante en géographie au centre d’écologie et des sciences de la conservation. Sa thèse porte sur les réseaux d’acteurs et les dimensions spatiales de la prise en compte des enjeux environnementaux dans les paysages agricoles. Elle s’intéresse notamment aux trajectoires individuelles de développement de l’attention à la conservation de la biodiversité et au rôle que peut jouer la participation à des démarches d’observation de la biodiversité dans l’évolution des pratiques des agriculteurs.

Julien Blanc est Enseignant-chercheur au laboratoire d’Eco-anthropologie et ethnobiologie, docteur en anthropologie de l’environnement. Il s’intéresse aux transformations contemporaines des relations à la « nature » à partir, notamment, de l’étude des alternatives agro-écologiques qui émergent et se renforcent aujourd’hui. Dans ce cadre, ses travaux – qu’il mène au Brésil et en France – se penchent en particulier sur les changements des modalités de production et de circulation des connaissances sur la nature et les agro-écosystèmes. En travaillant sur la manière dont dialoguent des savoirs « empiriques » et « situées » et des savoirs scientifiques, génériques, ou dont s’articulent différents registres de rationalités, il cherche à comprendre comment des façons parfois très spécifiques « d’être au monde » peuvent générer de l’innovation dont la pertinence va bien au-delà de leurs cadres de références. Au-delà, il s’intéresse aux luttes de sens et d’idéaux autour des grands mots d’ordre et référentiels incarnant les tentatives de transitions vers un développement plus durable, dont l’agroécologie fait partie.

Denis Couvet s'intéresse à l'étude et la conception des politiques de gestion de la biodiversité, intégrant mécanismes biophysiques et sociales, élaborant des cadres d'analyse combinant intérêts et représentations, individuels et collectifs, intégrant les notions d'institution et de choix social. Ses travaux portent plus précisément sur la base informationnelle de ces choix : observatoires indicateurs et scénarios de biodiversité, leur mécanique, rôle des sciences et des processus participatifs, à travers la mobilisation des notions de biodiversité ordinaire, services écosystémiques, ou compensation écologique. Il dirige l'équipe de recherche "Socio-Ecosystèmes" (SES) qui a pour objectif de s'appuyer sur des recherches de haut niveau en écologie et d'intégrer progressivement d'autres approches pour bien comprendre le fonctionnement des socio-écosystèmes. Cet engagement se traduit via les outils impliquant différents acteurs socio-économiques pour construire un futur durable à nos sociétés, qui réconcilie conservation de la nature et bien-être humain.

Emmanuelle Porcher étudie les effets des activités humaines sur la biodiversité, avec un intérêt particulier pour les espaces agricoles, ainsi que pour les interactions entre les plantes et leurs pollinisateurs. Ses travaux s'appuient en grande partie sur les connaissances apportées par des approches de sciences participatives, dont l'Observatoire Agricole de la Biodiversité qui permet aux agriculteurs et aux chercheurs de mieux connaître la biodiversité des espaces agricoles.