Océan : la biodiversité à l’épreuve du climat

Conférence

Accessible aux visiteurs sourds et malentendants

Cycles de conférences thématiques, cours publics, débats autour d’un livre ou d’une exposition, découverte de métiers hors du commun… Le Muséum propose de nombreux rendez-vous gratuits et ouverts à tous.


Par Gilles Boeuf,
Président du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris,
Professeur invité au Collège de France sur la chaire "Développement durable, énergie, environnement et société", durant l’année 2013-2014, Paris,
Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, Laboratoire Arago, Banyuls-sur-mer.

Conférence organisée dans le cadre de la Journée mondiale des océans.

La biodiversité naît dans l’océan il y a quelques 3,9 milliards d’années, et a depuis évolué dans un monde constamment changeant. La vie sort de l’océan, en plusieurs endroits, sous différentes formes, à divers moments, vers 460 millions d’années et part à la conquête des continents. On peut facilement imaginer qu’elle a eu à faire face à de très nombreuses difficultés sur des temps aussi longs.

En effet, les géologues et paléontologues ont pu mettre en évidence une soixantaine de crises d’extinction depuis les derniers 600 millions d’années. Cinq d’entre elles ont été majeures et à chaque fois, les causes sont très multifactorielles : volcanisme intense avec de gigantesques épanchements de poussières et de laves, énormes émissions de gaz, températures changeantes, variations de l’acidité de l’océan, des contenus en oxygène de l’eau et de l’air, de leurs compositions, mouvements de continents sur leurs plaques, impacts de météorites géantes… Certains ont même proposé de parler pour la situation de la biodiversité aujourd’hui de "6ème crise d’extinction", la genèse en étant cette fois-ci liée à l’anthropocène et à l’influence de l’humain.

Cette biodiversité est très affectée par la destruction et la pollution des milieux naturels, la surexploitation des stocks (forêt et pêches par exemple), la dissémination anarchique d’espèces partout et enfin le dérèglement climatique, dans lequel l’humain a bien sa part. Nous insisterons sur ce dernier point. La vraie question aujourd’hui a trait à l’accélération très forte des changements des milieux sur la planète et à notre capacité à réagir, en analysant l’état de de nos écosystèmes, marins et continentaux, quant à leurs possibilités de résistance et de résilience.