Au revoir Guenièvre

La doyenne de notre groupe de girafes, Guenièvre, est morte jeudi 17 octobre 2019 à l’âge très respectable de 30 ans et 2 mois.


Il y a 30 ans…

La naissance de Guenièvre, dans l’ancien et historique bâtiment des girafes, remonte à l’année 1989.

Trois éléments un peu exceptionnels sont liés à sa naissance : le premier est que son père est le mâle Lamy, qui a engendré plus de 35 girafons pendant sa longue carrière au Parc Zoologique de Paris. Il y est entré en 1972, à l’âge d’un an, directement du Tchad.

Guenièvre, tout comme Aurore et quelques autres, était donc l’une de ces générations de girafes dont au moins l’un des parents était un « fondateur », animal venu du milieu sauvage, à une époque où les transferts, les enjeux et la conservation étaient bien différents.

La seconde particularité est que ce 24 juillet 1989, ce sont deux girafes qui sont nées : Guenièvre et un mâle. Comme souvent lors de ces rares cas de gémellité chez les girafes, le jeune mâle ne vécut pas plus de quelques heures. Leur mère, Gouda, alors âgé de 20 ans, éleva Guenièvre sans aucun souci.


Une anomalie rare

Alors que Guenièvre grandissait et arrivait à l’âge de maturité sexuelle, c’est une troisième particularité qui s’est confirmée aux yeux de l’équipe animalière : sa grande taille – hors normes pour une femelle – ainsi que son absence de cycles œstraux (et donc de gestation) semblaient confirmer un free-martinisme.

Cette rare anomalie est liée à l’apparition de dérèglements hormonaux durant une gestation gémellaire avec des jumeaux de sexes différents.

Connu chez les bovins domestiques, il en résulte généralement une baisse de fertilité (cas des mâles), voire une stérilité des animaux (très souvent pour les femelles) s’ils arrivent à l’âge adulte. 

À l’occasion des examens post mortem, et d’analyses génétiques à suivre, nous essaierons de valider cette forte hypothèse de free-martinisme, ce qui en ferait un cas unique jamais décrit.

Un rôle particulier dans le troupeau

Guenièvre a donc traversé trente années en surplombant toutes les autres femelles de ses plus de 4,9 mètres (pour plus de 850 kg), sans jamais élever de jeunes. Elle a néanmoins participé à l’éducation d’innombrables girafons, détectant l’arrivée des chaleurs de ses congénères pour aiguiller les soigneurs, et tenant souvent tête aux mâles aussi célèbres que Lancelot, Valère ou Benny.

Son rôle très particulier dans le troupeau restera gravé dans la mémoire de tous les soigneurs passés comme actuels.

Elle n’aura pas eu de descendants, mais de très nombreux frères, sœurs et une myriade de nièces et neveuxdont le petit dernier, Odja – qui contribuent à la centaine de girafes d’Afrique de l’Ouest (Giraffa camelopardalis antiquorum) du plan d’élevage européen.

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Les 15 girafes du Parc Zoologique de Paris constituent l'un des deux plus grands troupeaux de girafes en Europe. Vous pouvez les parrainer et ainsi soutenir les actions du zoo ! Les fonds collectés grâce au parrainage sont reversés à des projets de préservation de la biodiversité.


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