Au cours du XXe siècle, le Muséum national d'Histoire naturelle, désireux d'enrichir ses activités de recherche liées à la mer, se dote d'une façade maritime en implantant deux stations marines, l'une à Dinard (1935 puis 2008 sur un nouveau site), l'autre à la suite du Collège de France à Concarneau (1996). Centres de recherche sur la biologie des organismes marins et l’écologie des biocénoses marines, ces stations constituent des plateformes d’observation, d’expérimentation in situ et en milieu contrôlé, d’analyse et de suivi des écosystèmes marins.


Une activité de recherche de pointe
Au sein de ces deux stations, les chercheurs travaillent en synergie à l’acquisition de connaissance sur l’évolution de la diversité biologique et des habitats marins dans des eaux de la Manche et de l’Atlantique Nord-Est. Ces travaux de recherche s’appuient sur la capacité simultanée d’observation (navires de recherche et plongée scientifique), d’expérimentation en milieu contrôlé (plateaux techniques d’élevages et de mésocosmes marins dont le plus grand canal hydrodynamique dédié à l’étude du transport larvaire d’Europe) comme en milieu naturel (cloches benthiques, télémétrie) et d’analyse (biologie moléculaire et sclérochronologie en particulier). Ces moyens permettent une activité scientifique originale fondée sur des approches complémentaires allant du milieu naturel aux expérimentations en milieu contrôlé.

Le service des stations marines du Muséum
Au moment où notre environnement, tant terrestre que marin, subit le contrecoup de deux siècles de développement industriel, ces deux stations marines offrent un potentiel scientifique, technologique et culturel qu’il convient de développer au plan national comme international. Pour ce faire, le Muséum national d’Histoire naturelle a créé le Service des stations marines regroupant ses deux stations. Dans ces deux stations, des partenariats avec l’Ifremer ont été mis en place, avec une implantation physique au sein des stations, ainsi qu’un renforcement des collaborations régionales.

La coordination scientifique
L’unité mixte de recherche BOREA (Biologie des Organismes et Ecosystèmes Aquatiques) et le département scientifique du Muséum "Milieux et peuplements aquatiques", dont elle dépend, sont actuellement les deux coordinateurs scientifiques de ces stations. Cette coordination pourra être élargie dans le futur aux autres unités du Muséum dans le contexte d’un service transversal. L’UMR BOREA comporte 4 tutelles : le Muséum national d’Histoire naturelle, le CNRS, l’IRD et l’Université Pierre et Marie Curie. L’exploration de la biodiversité, l’écologie des organismes marins ainsi que l’écologie des peuplements des milieux côtiers sont principalement étudiées par les chercheurs localisés en stations.

Un partenariat fort avec l’Ifremer
Ces deux stations, suivant les vœux du Muséum et de l’Ifremer, souhaitent développer leurs collaborations au sein d’activités de recherche et d’expertise comme :

  • un programme spécifique sur chaque station fondé sur les compétences des chercheurs et axés sur les spécificités des milieux et habitats locaux ;
  • un programme liant les deux stations portant, d’une part, sur le couplage entre habitats benthiques et pélagiques et, d’autre part, sur le couplage entre habitats côtiers et littoraux, notamment à travers l’écologie d’espèces à forte mobilité comme les poissons du plateau continental, en particulier dans les zones côtières.

Les stations marines