Le jeune Soleil était hyperactif

Découverte

23.03.2017

Des chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris, du CNRS, du Muséum national d’Histoire naturelle et de l’Université de Paris Diderot ont étudié l’activité solaire dans les premiers millions d’années de vie de notre étoile.


Dans un article publié dans Nature Astronomy ce lundi 20 mars, ils démontrent, à travers des analyses chimiques de météorites, que le jeune soleil a connu des périodes d’éruptions solaires extrêmement violentes, bien plus intenses que ce que l’on connaît de nos jours.

Les inclusions riches en calcium et aluminium, ou inclusions réfractaires, contenues dans les météorites primitives ont été les premiers solides à se former dans le système solaire il y a 4,567 milliards d’années. Ces inclusions réfractaires, formées très près du soleil, renferment donc des indices majeurs sur les processus s’étant déroulés aux origines du système solaire. C’est pourquoi les chercheurs ont étudié des isotopes* rares contenus dans ces inclusions. Les abondances du beryllium-10 et du vanadium-50 mesurées dans les inclusions réfractaires sont beaucoup plus importantes que dans les autres composants de météorites, formés plus loin du Soleil. Seules des réactions nucléaires induites par des éruptions solaires des centaines de milliers de fois plus intenses qu’à l’heure actuelle ont pu produire ces abondances. Les chercheurs ont pu montrer que les inclusions réfractaires avaient passé près de 1 000 ans dans la fournaise près du soleil, probablement à des températures qu’aucun autre type de matière ne pourrait endurer. Ces résultats sont les premiers permettant de retracer l’intense activité du jeune Soleil lors des premiers millions d’années de sa vie.

Référence

P. A. Sossi, F. Moynier, M. Chaussidon, J. Villeneuve, C. Kato, M. Gounelle. Early Solar System irradiation quantified by linked vanadium and beryllium isotope variations in meteorites. Nature Astronomy 1, 0055 (2017). DOI: 10.1038/s41550-017-0055


Note

* Les isotopes sont des formes distinctes d’un même élément présentant une légère différence de masse due à une différence du nombre de neutrons.


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