Jonquille

Qu’avons-nous en commun avec la jonquille ?

Rien de surprenant à ce qu’un homme partage beaucoup de ses gènes avec des plantes, animaux et végétaux ont beaucoup de mécanismes cellulaires en commun. L’Homme n’est finalement qu’une forme de l’évolution parmi des milliers d’autres.

Nous avons en commun 35 % de gènes !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous partageons plus d’un tiers de nos gènes codants avec cette fleur. Etonnant mais logique, puisque nous possédons des points communs avec la jonquille : des cellules toutes composées d’une membrane, d’un noyau, ou encore de mitochondries, un organite cellulaire qui produit de l’énergie. D’autres espèces sont même encore plus proches de nous… L’homme a 70% de ses gènes codants en commun avec l’oursin, 98 % avec les chimpanzés.

Comment cela s'explique-t-il ? Par le fait que tous les êtres vivants ont un ancêtre commun, et qu'ils ont tous des ressemblances génétiques. Plus l'ancêtre commun entre deux espèces est proche dans le temps, et plus les ressemblances seront importantes dans le génome des deux espèces. Les ancêtres communs entre l'humain et la jonquille sont donc plus éloignés dans le temps que les ancêtres communs entre l'humain et le chimpanzé.

Des résultats à relativiser

Jonquille

Jonquille

© A. Brun - Unsplash

« Les gènes ne sont que des impulsions » tempère Guillaume Lecointre, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle et directeur du Département de systématique et évolution. « Les gènes lancent des expressions de protéines, mais les protéines seront ensuite impliquées dans une cascade de réactions influencées par notre environnement, que nous sommes encore loin de déchiffrer. Comme les gènes ne disent pas tout des ressemblances anatomiques, l’étude de l’anatomie et l’étude des gènes se complètent bien ». Qui plus est, nos gènes « codants » ne représentent que 2 à 4 % de notre ADN. Le reste de notre ADN, dit ADN non-codant a un rôle beaucoup plus complexe. Il régule l’activité de nos gènes et aurait un rôle dans l’apparition de certaines pathologies.

Ce chiffre de 35 % reste néanmoins important puisqu’il replace l’Homme dans son contexte biologique. Homo sapiens n’est pas une espèce à part. Il n’est pas le fruit d’une évolution supérieure : toutes les espèces vivantes partagent des traits communs, car elles sont issues de lignages qui ont le même temps d’évolution depuis les origines de la vie. L’Homme est une branche du Vivant parmi des millions d’autres.

Article rédigé en 2015. Evelyne Heyer, Professeure au Muséum d’histoire naturelle (UMR 7206, Éco-anthropologie)

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