1898-2018 : La Galerie de Paléontologie du Muséum d'histoire naturelle a 120 ans ! Elle s'est enrichie, depuis son inauguration, de nombreux spécimens de dinosaures récoltés à travers le monde !


Inaugurée en 1898, la Galerie de Paléontologie est l’un des fleurons du Muséum national d’Histoire naturelle et du Jardin des Plantes. Depuis 120 ans, elle met en scène l’évolution du Vivant et s’enrichie au fil du temps. Les collections de paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle, parmi les plus riches au monde, comptent aujourd’hui plus de 6 millions de fossiles. À mesure des découvertes, de nouveaux fossiles sont présentés au public. L’histoire de la Galerie est ainsi jalonnée par l’arrivée de nombreux squelettes emblématiques, toujours visibles aujourd’hui.

Un voyage de 540 millions d’années !

La Paléontologie est l’étude de la vie passée au travers des êtres et organismes fossilisés ayant existé au cours des temps géologiques.

La Galerie de Paléontologie représente plus de 540 millions d’années d’évolution de la Vie ! Elle présente l’évolution des faunes à travers les temps géologiques (Paléozoïque – Mésozoïque – Cénozoïque), de manière chronologique et thématique. Nous traversons progressivement les grandes ères :

 

  • L’ère Paléozoïque (-540 à -250 Ma) avec les premiers poissons avec ou sans mâchoires, les invertébrés, les premiers vertébrés terrestres et les plantes caractéristiques de cette ère.
  • L’ère Mésozoïque (-250 à -66 Ma) avec l’avènement des dinosaures. Le public fait face aux dinosaures saurischiens (dont le bassin ressemble à celui des lézards) incluant les carnivores bipèdes (théropodes) et leurs proies herbivores quadrupèdes (sauropodes). Il découvre aussi les dinosaures ornithischiens (dont le bassin ressemble à celui des oiseaux), tels les stégosaures... C’est aussi l’ère des reptiles marins (mosasaures, ichtyosaures et plésiosaures), des reptiles volants (ptérosaures) et des crocodiles.
  • L’ère Cénozoïque (-66 Ma à aujourd’hui) est l’âge de la diversification des mammifères. Avec la disparition des dinosaures non-oiseaux, les mammifères ont bénéficié d’une opportunité extraordinaire. Certaines lignées s’arrêteront, d’autres évolueront de façon buissonnante. Les squelettes sont réunis par familles : félins, rhinocéros, éléphants (160 espèces fossiles recensées sur 56 Ma) dont l’incroyable mammouth de Durfort, placé en majesté, et les géants de la dernière période (mastodontes, cerfs Megaloceros, paresseux géant Megatherium), disparus à la fin de l’ère glaciaire.

Le monde des invertébrés est aussi présenté avec un inventaire des innombrables fossiles qui ont peuplés la planète depuis 3,5 milliards d’années : trilobites, ammonites, bivalves, coraux... Et une sélection des spécimens illustre les grands groupes végétaux apparus au cours du temps et détaille les principaux caractères qu’ils ont pu acquérir.

 

Un peu d'histoire...

La Galerie a vu le jour grâce aux efforts des professeurs Albert Gaudry, Georges Pouchet et Ernest-Théodore Hamy occupant respectivement les chaires de paléontologie, d’anatomie comparée et d’anthropologie et préhistoire.

Les collections d’anatomie comparée étaient auparavant en partie présentées dans un bâtiment dit “de la baleine”, le long de la rue Cuvier. Gaudry obtint l’autorisation d’occuper provisoirement deux salles dans ce bâtiment pour y regrouper les spécimens fossiles qui, jusqu’alors étaient dispersés dans divers laboratoires, l’étude des fossiles n’étant pas dissociée de celle des organismes actuels.

À l’approche de l’Exposition Universelle de Paris de 1900, les professeurs du Muséum se saisirent de l’événement pour repenser la présentation des spécimens anatomiques, paléontologiques et anthropologiques dans un ambitieux projet architectural et muséographique. Ce grand projet était de regrouper toutes ces collections dans un même lieu, l’actuelle Galerie d’Anatomie comparée et de Paléontologie.

Cette galerie est l’une des premières au monde à ne plus présenter l’intégralité des collections, mais à opérer une sélection agencée selon une trame narrative, comme cela s’est ensuite fait dans la plupart des musées. Gaudry fut novateur en concevant une exposition thématique qui mettait en scène le concept d’évolution à l’aide de spécimens choisis. En effet, il voulait offrir aux visiteurs la possibilité de découvrir "les enchaînements du monde animal" en se promenant à travers “le troupeau de l’évolution“, dans une grande nef sans rupture architecturale.

Ferdinand Dutert fut sélectionné pour être l’architecte en chef de ce projet. Très inspiré par Gustave Eiffel et Auguste Bartholdi, Dutert proposa un bâtiment « ouvert » avec poutres de fer apparentes, escalier monumental, balcons avec ferronneries ornementales inspirées de la nature, plafonds hauts et transparences, dans un esprit Art nouveau. En réalité, le bâtiment ne fut jamais achevé. De 320 mètres de longueur initialement prévus, l’édifice n’en fait finalement que 80 !

Si la Galerie d’Anatomie Comparée a peu changé, celle de Paléontologie a subi au fil des années des réorganisations du fait de l’augmentation des collections et de l’arrivée de nouveaux spécimens, notamment celle du diplodocus en 1908. Les spécimens appartenant aux collections d’anthropologie et de préhistoire, initialement exposés sur le balcon situé au 3e niveau, furent transférés en 1937 au Musée d’Ethnographie du Trocadéro, devenu peu après le Musée de l’Homme, partie intégrante du Muséum. L’espace ainsi libéré présente actuellement les spécimens d’invertébrés fossiles.

Autres spécimens de la collection