Le marais de Sougéal est un lieu d’importance pour les oiseaux en lien avec la Baie du Mont-Saint-Michel.


Une zone de reproduction

Réserve naturelle régionale du marais de Sougéal - Le tour de France de la biodiversité 2015

Pro­priété com­mu­nale de­puis le XVIIIe siècle, le ma­rais de Sou­géal consti­tue un vaste en­semble prai­rial sup­port d’une ac­ti­vité agro­pas­to­rale tra­di­tion­nelle re­mon­tant au moins à l’époque mé­dié­vale. Ce ma­rais a tou­jours sus­cité l’in­té­rêt des po­pu­la­tions lo­cales qui y trouvent, en­core au­jour­d’hui, une herbe grasse et abon­dante pour nour­rir leurs trou­peaux et des pay­sages pré­ser­vés pour se res­sour­cer.

Le site est situé le long du Coues­non à une dou­zaine de ki­lo­mètres au sud du Mont-Saint-Mi­chel. Le ma­rais s’as­si­mile à une vaste prai­rie rase, inon­dable, drai­née par de nom­breux rués (ca­naux) per­met­tant la ges­tion des ni­veaux d’eau. Le tout est bordé de quelques haies bo­ca­gères re­la­ti­ve­ment clair­se­mées et de ri­deaux de peu­pliers. La par­tie prai­riale d’ap­pa­rence ho­mo­gène, ré­vèle ce­pen­dant une zo­na­tion spa­tiale par­ti­cu­lière selon le ca­rac­tère plus ou moins hu­mides des ha­bi­tats. En com­pa­rai­son de l’in­té­rêt du site pour les oi­seaux et la faune pis­ci­cole, la flore ap­pa­raît un peu comme le pa­rent pauvre de ce ma­rais. Néan­moins, quelques es­pèces in­té­res­santes sont pré­sentes sur le site : flû­teau na­geant, pu­li­caire com­mune, pesse d’eau, utri­cu­laire com­mune…

Le ma­rais est lar­ge­ment ex­ploité par les oi­seaux d’eau. Cette va­leur or­ni­tho­lo­gique est étroi­te­ment liée à la proxi­mité de la baie du Mont Saint-Mi­chel dont la va­leur pour l’ac­cueil des oi­seaux d’eau est re­con­nue in­ter­na­tio­na­le­ment. Le site fi­gure au­jour­d’hui au 1er rang des ma­rais ex­ploi­tés à l’échelle de la baie, par les ca­nards de sur­face pour le ga­gnage noc­turne (ca­nards col­vert, sif­fleur, pilet, sou­chet, sar­celle d’hi­ver). Au prin­temps, le ma­rais est re­cou­vert d’eau, ce qui at­tire des mil­liers d’oi­seaux en étape mi­gra­toire. Sou­géal de­vient alors, pour cer­taines es­pèces, le prin­ci­pal site de sta­tion­ne­ment à l’échelle de la baie (ca­nard pilet et sar­celle d’été). Les li­mi­coles sont éga­le­ment bien pré­sents en pé­riode mi­gra­toire avec des ef­fec­tifs qui peuvent at­teindre plu­sieurs cen­taines d’in­di­vi­dus lors des vagues de froid.

En tout, ce sont près de 60 es­pèces d’oi­seaux d’eau qui fré­quentent le ma­rais de Sou­géal du­rant le prin­temps. À noter que la ci­gogne blanche niche de nou­veau à proxi­mité et uti­lise ce site comme zone d’ali­men­ta­tion. Les sites fa­vo­rables pour la re­pro­duc­tion de cette es­pèce res­tent rares à l’échelle ré­gio­nale.
Le site est aussi consi­déré comme une des trois prin­ci­pales zones hu­mides de Bre­tagne pour la re­pro­duc­tion na­tu­relle du bro­chet. Quelques es­pèces com­munes de ba­tra­ciens sont éga­le­ment pré­sentes comme la gre­nouille verte, la gre­nouille agile et le tri­ton palmé. Une quin­zaine d’es­pèces d’odo­nates a été re­cen­sée sur le ma­rais, parmi les­quelles trois pré­sentent un in­té­rêt au ni­veau ré­gio­nal.


Du bassin Parisien au massif Armoricain

Nous sommes au coeur d’une ancienne chaîne de montagnes que nous avons déjà pénétré dans les étapes précédentes : les Ardennes. Dans la racine de cette ancienne chaîne de montagnes sont remontés des magmas qui n'ont pas atteint la surface et ont cristallisé en profondeur donnant des roches dures constituées uniquement de cristaux agrégés : les granites (de même qu'un sirop qui refroidit lentement cristallise en cristaux de sucre). Ces roches de gneiss et granites ont entre 540 et 440 millions d’années.