Mélange intime de la terre et de mer, de l’eau douce et de l’eau salée, la Baie de Somme est le paradis des oiseaux sauvages.


Une réserve naturelle

La baie de Somme - Le tour de France de la biodiversité 2015

Située au nord-ouest de la baie de Somme, la réserve naturelle s’ouvre sur la Manche entre la pointe de Saint-Quentin-en-Tourmont au nord et celle du Hourdel au sud. Elle est essentiellement composée d’une zone maritime qui se divise en deux grands habitats.

D’abord, la vasière constitue une réserve d’invertébrés en abondance nourrissant de nombreuses espèces d’oiseaux. En marée basse, les Phoques veaux marins aiment se reposer sur l’estran et ses bancs de sable. La réserve abrite la plus importante des 3 colonies françaises de ce phoque, avec une centaine d’individus.

Puis, les prés salés prennent place où se succèdent des espèces végétales halophiles (tolérantes au sel) depuis les salicornes fréquemment submergées aux prairies de Lilas de mer plus en retrait en passant par des espèces protégées telle que l’Obione pédonculée, l’Elyme des sables et le Saule rampant. Cette végétation originale joue un rôle d’abri ou de nourriture essentiel pour les myriades d’insectes et l’avifaune migratrice. Elle a également un pouvoir filtrant non négligeable épurant ainsi l’estuaire.

La partie terrestre comprend le Parc Ornithologique du Marquenterre et constitue une mosaïque de milieux à la fois secs et humides, doux et saumâtres (mélange d’eau douce et d’eau salée), prairiaux et buissonnants et elle est colonisée par une multitude d’oiseaux alternant entre l’un ou l’autre de ces milieux en fonction de leurs besoins. Site de nidification pour la spatule blanche ou l’Aigrette garzette, halte migratoire remarquable pour l’Oie cendrée ou le Bécasseau maubèche, zone d’hivernage pour la barge à queue noire ou le Tadorne de Belon, la réserve est un haut lieu de l’ornithologie française et internationale qui accueille 65 % de l’avifaune européenne.

Ce site d’exception est à découvrir tout au long de l’année à travers des sentiers balisés, des expositions, des ateliers, des conférences, des postes d’observations… Une équipe d’animateurs nature sensibilise le grand public à la fragilité du site et à la nécessité de le préserver.


Des terrasses aux falaises

Il y a une centaine de millions d’années toute la région était baignée par une mer dans laquelle vivaient de très nombreux organismes microscopiques, qui composent le plancton. Ces organismes, à la base de la chaîne alimentaire, servaient de nourriture à d’autres, mais leur squelette était relâché dans leurs rejets fécaux. Cette accumulation a fini par constituer un lisier sous-marin très épais de plus de 100 mètres, dans lequel on ne retrouve, encore une fois, que la matière minérale : la craie. On connaît aujourd’hui de tels dépôts en train de se former dans de nombreux bassins marins (par exemple le Bassin de Santa Barbara au large de la Californie), où les pelotes fécales représentent plus de 90% de la sédimentation.