Autrefois symbole d’une ère industrielle révolue et d’une misère racontée par Zola, les terrils du bassin du minier sont aujourd’hui considérés comme un patrimoine à conserver y compris pour la faune et la flore qu’ils abritent.


Réservoirs de biodiversité

Les terrils du bassin minier - Le tour de France de la biodiversité 2015

Ces montagnes artificielles constituées de schistes inexploitables et remontés à la surface en même temps que le charbon sont aussi devenues de véritables réservoirs de biodiversité pour une flore et une faune tout à fait remarquable. Cette biodiversité remarquable est favorisée par des facteurs physiques (pentes, expositions, substrat...) mais également par la lente combustion qui se déroule dans certains secteurs.

Ceci en fait de véritables îlots de chaleur au sein d’une plaine froide et humide. Parmi les espèces remarquables qui de développent sur ces milieux pionniers, figurent des insectes tels que la Cicindèle champêtre, le Criquet ailes bleues ou le Papillon machaon, des batraciens comme le Crapaud calamite, des reptiles comme le Lézard des murailles ou encore des oiseaux comme le Petit gravelot et l’Alouette lulu.

La flore n’est pas en reste et on y trouve un cortège très large d’espèce dont certaines se trouvent ici en limite nord de leur aire de répartition comme par exemple le Cerisier de Sainte-Lucie. Cette colonisation représente un espoir qui montre que la biodiversité peut reprendre ses droits partout où on lui laisse l’occasion de le faire. Espérons que le récent classement au patrimoine mondial de l’humanité du bassin minier et donc des terrils qui en sont un des principaux symboles contribueront à les protéger à long terme.


Les zones hautes du plat pays

Le Nord réputé un plat pays présente toutefois un relief avec les Ardennes, de très anciennes montagnes. L’étape d’aujourd’hui semble s’être attachée à rester sur les parties les moins basses. En effet l’arc ardennais se prolonge vers l’ouest en passant par Cambrai, puis en remontant légèrement vers l’Ouest, vers les collines d’Artois. Sur cette ride topographique, qui va des Ardennes au Boulonnais le point le plus bas est au niveau de Cambrai. Les points hauts étant préférentiellement couverts de forêts, la région de Cambrai est celle qui avait le moins de forêts sur cette barrière forestière, donc moins d’abris pour les brigands. Raison pour laquelle les Romains y avaient fait passer leur « route de l’étain » qui menait de l’Écosse vers Rome. D’autant plus que cette zone basse est percée du lit de l’Escaut.

Le paysage varie de la forêt ardennaise, au bocage de l’Avesnois puis aux paysages de grandes cultures du Cambrésis car on passe d'un sous-sol fait de roches très dures, de nature siliceuse (que les géologues nomment quartzo-phyllades), qui ne fournissent pas de sol riche en se décomposant. Dans l'avesnois, le sous-sol est riche en calcaire et schistes qui donnent en se décomposant des roches argileuses imperméables propices à l'herbage.
Dans le Cambrésis, les vents des périodes glaciaires y ont déposé un limon riche, fertile, utilisé en agriculture de champs "ouverts".  Le sous-sol n’est pas le même et on passe d'une architecture de maisons construites en pierre à des maisons construites en brique parce qu'il y a plus de terre argileuse.