Les Vautours jouissent parfois d’une mauvaise réputation alors que leur rôle « d’éboueurs » naturels est précieux. Heureusement, il est maintenant intégralement protégé et des réserves ont été créées pour sauvegarder ses sites de reproduction.


Réserve naturelle de la vallée d'Ossau - Le tour de France de la biodiversité 2015

En 1974, suite à la diminution des populations de vautour fauve, la réserve naturelle de la vallée d’Ossau est créée à l’initiative d’associations locales de protection de la nature et grâce à l’appui des communes propriétaires. Sa gestion est confiée au Parc national des Pyrénées. Elle ne compte plus alors qu’une dizaine de couples nicheurs. Près de 40 ans plus tard, la population atteint plus de 120 couples nicheurs.

Le vautour fauve est un des plus grands rapaces français : envergure jusqu’à 2,80 m et poids moyen de 7-8 kg. C’est un charognard qui se nourrit exclusivement des animaux morts qu’il trouve sur les estives. Son vol majestueux est familier du ciel pyrénéen, dernier refuge de l’espèce en France avant qu’elle ne soit réintroduite avec succès dans plusieurs régions méridionales françaises. Animal au comportement grégaire, le vautour fauve vit en colonies. La réserve naturelle d’Ossau abrite la plus importante colonie française de vautours fauves. L’oeuf pondu par chaque couple, en janvier-février, donne naissance, environ deux mois après, à un jeune que ses parents élèvent en lui régurgitant de la nourriture au nid. Son premier vol aura lieu en juillet-août. L’automne venu, commence alors pour lui un erratisme de trois ou quatre ans qui le mènera soit en Afrique (Sénégal, Maroc) soit en Espagne ou encore à vagabonder dans le massif pyrénéen avant d’atteindre à son tour l’âge de la reproduction. Certains d’entre eux rejoindront même les nouvelles colonies méridionales des gorges du tarn, du massif des Baronnies dans la Drôme et des gorges du Verdon. D’autres s’installeront simplement dans leur colonie ossaloise d’origine.

La colonie de vautours d’Ossau, suivie scientifiquement depuis plus de trente ans par l’observation permanente, s’est dotée depuis 1993 d’un programme ambitieux de baguage de jeunes et d’adultes. Ce programme a déjà fourni d’intéressants résultats sur la croissance des jeunes, leur départ d’un nid (envols à partir de juillet) et leur comportement migratoire (départs d’octobre à novembre). C’est grâce à ces baguages qu’ont pu être confirmés les déplacements des jeunes vers le sud de l’Espagne et l’Afrique du Nord. De plus, depuis 1993, la détermination du sexe des jeunes oiseaux au nid se fait à partir des prélèvements de plumes. Le Parc national des Pyrénées contribue ainsi à l’amélioration des connaissances sur l’espèce et perfectionne ses méthodes de gestion.


Un carrière de talc

Cette région est connue pour son talc avec notamment à Luzenac la plus grande carrière au monde. Pourquoi du talc à cet endroit ? Il est le résultat de la tectonique : en effet on est là à la limite de la chaîne de montagne, appelé Front Nord Pyrénéen, et une grande fracture, une
faille, met en contact deux types de roches très différents : des gneiss (se dit g-neiss) et des calcaires magnésiens (décrits initialement dans les dolomites, d’où leur nom dolomie, et tout cela en l'honneur d'un géologue grenoblois Dolomieu bien connu). Comme il s’agit d’une faille profonde, des fluides ont circulé, mélangeant des composées chimiques de ces 2 roches , donnant naissance au talc. Le talc sert certes comme adoucissant, mais aussi comme épaississant de peintures, dans les fils électriques (cette petite couche blanche qui séparent les fils de la gaine), dans les chewing gum, notamment cette célèbre marque évoquant le cinéma : si la gomme ne colle pas au papier c’est parce qu’elle est enrobée d’une très fine couche de talc !