Roches et minéraux, animaux et végétaux naturalisés, fossiles ou vivants, objets préhistoriques, anthropologiques ou encore ethnologiques composent les collections naturalistes du Muséum national d’Histoire naturelle. Au total, 68 millions de spécimens sont conservés et assemblés en collections. Accompagnées des collections documentaires, archivistiques et artistiques, ces collections représentent près de 400 années de connaissances d’histoire naturelle.


Les collections de l’Herbier national du Muséum

Les collections de botanique du Muséum national d’Histoire naturelle constituent l’Herbier national, véritable banque de données sur la diversité végétale. Avec 8 millions de spécimens, elles figurent parmi les plus remarquables au monde, tant par leur volume que par leur valeur scientifique et historique.

Les collections qualifiées d’“historiques” sont conservées séparément. Un herbier historique conserve son classement d’origine, traduisant l’état des connaissances d’une époque donnée. Il correspond au “système” de classification publié par leur “constituteur”. Ainsi, l’herbier de Joseph Pitton de Tournefort, dès 1793, deviendra statutairement le premier herbier “historique”. Les principales collections considérées comme historiques ont été formées par d’illustres botanistes : la famille de Jussieu (collection sur près de 150 ans), Michel Adanson, Jean-Baptiste de Monet de Lamarck, André Michaux (Amérique du Nord), René Louiche Desfontaines (Afrique du Nord), Alexandre de Humboldt et Aimé Bonpland (Amérique du Sud), Albrecht von Haller, Camille Montagne (cryptogames), Gustave Thuret et Edouard Bornet (cryptogames, comprenant la collection de Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent)… L’herbier le plus ancien conservé au Muséum est celui de Jehan Girault (1558).

En tant que collection, l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle débute en 1650. En 1683, Joseph Pitton de Tournefort est nommé botaniste au Jardin du Roi. Il forme alors un herbier de plus de 9 000 plantes récoltées en France mais aussi lors de son voyage au Levant, ou encore reçues d’autres naturalistes. Cet herbier, légué au Roi par testament en 1708, constituera, avec celui réalisé entre 1690 et 1722 par Sébastien Vaillant, son élève et botaniste du Jardin du Roi, l’essentiel des collections conservées dans le Cabinet du Roi. À la création du Muséum en 1793, il est décidé de créer un herbier général, rassemblant les diverses collections rapportées lors des grandes explorations.


Les collections des bibliothèques du Muséum

Les collections des bibliothèques du Muséum documentent toutes les étapes du cycle de la recherche naturaliste, depuis les premières notes et observations de terrain jusqu’à la diffusion des résultats scientifiques. Embrassant tous les domaines des sciences naturelles, elles rassemblent des documents de toute nature : manuscrits et notes de recherche, archives institutionnelles et scientifiques, dessins, estampes, photographies, cartes, livres, revues scientifiques et bases de données, instruments scientifiques, œuvres d’art et objets.

À l’époque du Jardin du roi, un Cabinet renfermait déjà des livres et des manuscrits déposés par des savants et artistes, accessibles au personnel du Jardin ainsi qu’au public. À la Révolution, le décret fondateur du Muséum (1793) établit une bibliothèque publique qui réunit aux collections présentes, des doubles de la Bibliothèque royale et des livres d’histoire naturelle issus des saisies révolutionnaires. Le rayonnement du Muséum attire depuis les dons de nombreux fonds personnels, légués à la Bibliothèque par d’anciens professeurs ou chercheurs associés, qui déposent leurs travaux, leurs notes de recherche, leur bibliothèque, des documents rapportés d’expéditions, des manuscrits d’ouvrages scientifiques... Dans le même temps, le développement des échanges de publications scientifiques entre grands établissements naturalistes a permis de constituer une collection de revues scientifiques de premier plan.

Conçues dès l’origine comme un appui aux activités scientifiques du Muséum, ces collections sont également objets de recherche, notamment pour l’histoire des sciences. La richesse et la diversité de ces quelques deux millions de documents placent les bibliothèques du Muséum parmi les plus grandes bibliothèques de sciences naturelles dans le monde.