La FIAC et le Muséum national d’Histoire naturelle ont organisé, à l'occasion de la FIAC Hors les murs 2014 au Jardin des Plantes, deux tables rondes autour du thème "L’Homme est un animal parmi les autres" en collaboration avec COAL (Coalition pour l'Art et le Développement durable).


Chaque table ronde propose un dialogue entre un artiste, un scientifique du Muséum et un penseur autour des interactions entre l’art, la science et l’engagement. En 2014, les artistes Michel Blazy et Barthélémy Toguo ont souhaité s’engager dans ces rencontres

Chaque grand changement d’époque a été caractérisé par un changement de la hiérarchie de nos représentations. Après la révolution  copernicienne qui révéla que le soleil était au centre de l’univers et non la Terre, puis l’évolution des sciences permettant de découvrir que le soleil n’était pas le centre de l’univers mais d’une frange de la Voie lactée, aujourd’hui nous découvrons que l’humanité n’est pas le centre et la finalité de l’évolution, mais un élément dans un tout, autrement plus complexe.

L’Homme est un animal parmi les autres, et l’écologie, par son analyse systémique, nous montre via les interrelations entre les espèces que l’Homme n’a pas une place privilégiée et particulière en dehors des chaînes trophiques. L’humanité n’est pas un empire dans un empire, quand bien même notre espèce est devenue une force géologique, l’espèce à l’impact le plus important de l’histoire du vivant.

Ainsi l’humanité est intégralement partie prenante avec l’ensemble des flux géophysiques de la nature et l’ensemble de la chaîne trophique quand bien même elle détourne un maximum de sa productivité à son seul bénéfice. Ainsi l’Homme est un animal parmi les autres. Cette simple assertion révolutionne la représentation du vivant et nécessite de réviser la façon dont nous nous projetons dans la nature. Elle s’appuie sur les récentes recherches scientifiques des écologues et a de nombreuses implications d’un point de vue éthique. D’ailleurs il est presque ironique de remarquer que par ces analyses les plus contemporaines, cette représentation renoue avec les traditions anciennes, des cultures sur lesquelles nous pouvons prendre appui pour renouveler notre perception du monde. Enfin il sera question du travail des artistes de pouvoir intégrer les conséquences de cette assertion sur nos représentations et proposer une nouvelle vision du vivant, où l’Homme a une place certes prépondérante en quantité d’interactions et d’impacts, mais pas différente en nature.


L'Homme, un animal qui ne plaît pas beaucoup aux autres (FIAC Hors les murs 2014)

Il n’y a guère que les espèces commensales (mouches domestiques, cafards, pigeons) qui se sont prise d’affection pour l’humanité. Les autres perçoivent les humains comme des animaux encore infantiles avec un pelage inégal, un nez étrangement proéminent par rapport à la bouche, une odeur désagréable et surtout, surtout, un comportement déconcertant… est-ce que pour autant les humains ne sont pas de la grande famille des animaux ?

Invités :

  • Michel Blazy, artiste,
  • Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe,
  • Marie-Claude Bomsel, docteur vétérinaire et professeure au Muséum national d'Histoire naturelle.

Vers la reintroduction de l’Homme dans la Nature (FIAC Hors les murs) [Réal. © MNHN / DICAP / Pôle Multimédia, 2014]

Le grand défi de notre temps est de reboucler les cycles biogéochimiques planétaires avant que l’écosystème global n’atteigne le collapsus, entrainant la biodiversité entière (Homme inclut) dans sa chute. Phosphore, CO2, Azote, etc. sont les flux qui maintiennent le vivant dans sa dynamique depuis plus de 3 milliards d’année. Une des clés pour que ces flux redeviennent circulaires est de réintégrer le système humain dans le système naturel global, et refaire de l’Homme un animal parmi les autres.

Invités :

  • Barthélémy Toguo, artiste, Pierre-Henri Gouyon, biologiste,
  • Catitu Tayassu, chercheur en Histoire Culturelle, CHR-EHESS.